‹ Recherches historiques sur le Collége des Quatre-Nations: d'apres des documents entierement inedits (volume 2)Chapitre 4 sur 64 · V. Règlement intérieur du collège des Quatre-Na · texte numérisé non relu

V. Règlement intérieur du collège des Quatre-Na

tions 176

FONDATION

FONDATION

jR 6 février 1661, douze médecins se 5 réunissaient dans une des salles du palais ' Hazarin, et le célèbre Guénaud se chargeait d'annoncer au cardinal le résultat de la consultation ' ; c'était un arrêt de mort. Mazarin l'entendit avec calme. L'inquiétude des uns, la joie mal dissimulée des autres, tout lui avait fait comprendre déjà que le moment fatal approchait. Deux jours auparavant, une main restée inconnue avait

:. II, p. 114.

semé dans sa chambre des lettres de faire part préparées d'avance, et qui annonçaient son enterrement pour le 21 mars^ Enfin, deux coïncidences assez remarquables n'avaient certainement pu échapper au ministre dont Richelieu avait été le constant modèle : Richelieu était mort à cinquante* huit ans, Hazarin les avait atteints ; Richelieu avait gouverné la France pendant dix-huit ans, Mazarin entrait dans la dix-huitième année de son ministère. La Providence allait le forcer à continuer jusqu'au bout son rôle d'imitateur.

Hazarin manquait de cette foi chrétienne qui permet d'envisager la mort sans crainte et sans regret*. Une fortune très-réellement incalculable, un pouvoir presque sans limites, ce sont là des avantages terrestres dont il est difficile de se détacher. Le comte de Brienne nous a rapporté dans ses Mémoires^ une scène fort curieuse, et qui prouve quel désespoir Mazarin cachait sous son calme apparent. Il nous le montre, déjà brisé par la maladie, se traînant, seul, dans les vastes galeries du palais Hazarin, jetant un regard désespéré

1. G. Patin, Lettre du 4 février 1661, à Falconet, édit. Reveillé-Parise, t. III , p. 320.

2. Voyez Mad. de Motteviile, Mémoires^ t. X, p. 185. — Choisj, Mémoires, p. 315. — Duchesse de Mazarin, Mémoires^ édit.Saint-Réql, t. V, p. 8. — L. de Brienne, Mémoires^ t. II, p. 115. — Mad. de Lafayette, Histoire d'Henriette d Angleterre ^ p. 5.

Page 1