ADMINISTRATION FINANCIERE
I S collège dea Quatre-Nations passait à ! juste titre pour le plus riche de Paris.
. Nous allons tâcher d'établir clairement quelle était sa situation financière.
Ses recettes se composaient ; 1" De la mense abbatiale ' de Saint-Michel-enl*Herm,
1. On appelait men(«al>6alial< la partie des revenus d'un monastère qui était spécialement affectée aux dépeuses de l'abbé.
2« D'uue rente sur les gabelles,
3^ D'une rente sur le trésor,
4* Du loyer des appartements situés sur la place du Collège et dans le pavillon des Arts ,
5** Du loyer des boutiques qui entouraient la façade ,
6"^ Du loyer de seize maisons sises rue Mazarine et rue Guénégaud.
La mense abbatiale de Saint-Michel-en-rHerm avait été léguée au collège par Mazarin. Son revenu, qui dépassa soixante mille livres, fut parfois aussi inférieur à vingt mille. On peut l'évaluer, année moyenne, à trente-cinq mille livres *.
La rente sur les gabelles était également due à la générosité du fondateur. Elle devait normalement rapporter quinze mille livres.
La rente sur le trésor produisait douze mille
1. L'abbaye était alors occupée par des Bénédictins. En 1664, quatre des exécuteurs testamentaires, voulant procéder à la réalisation des volontés de Mazarin, conclurent le 18 août, avec les religieux, une transaction par laquelle ils leur assignèrent des pensions de retraite, « moyennant quoy ceux cy, par le même acte, consentirent que leurs maisons, les lieux réguliers et autres batimens de l'abbaye, leur mense conventuelle, et tous les biens et droits en dépendant, fussent unis et incorporés au collège Mazarin, avec promesse de leur part de laisser le monastère et tous aes batimens libres dans les derniers jours de la même année; et les parties convinrent que, en attendant l'établissementdu collège, le tout seroit administré par M. Mariage, » Mémoire pour les Inspecteu/rSy Grand-Maitre et procureur du Collège Mazarin , contre les Prieur et religieux de Vabbaye de Saint-Michcl-en-l'Herm, in-folio, s. 1. n. d., p. 3.
livres. Le capital placé se composait de deux cent quarante mille livres.
Deux appartements, donnant sur la place du Collège, étaient loués à des particuliers.
Le premier s'étendait entre la porte d'entrée et la chapelle; c'est celui qu'occupe aujourd'hui M. S. de Sacy. Le lojcr, qui était de sept cents livres en 1699, fut porté à mille livres en 1732. A cette date, il appartenait à H. de Bréhan, conseiller au grand conseil'; celui-ci fut remplacé vers 1745 par la comtesse de Raymond, et le pris de location porté à treize cent cinquante livres '.
Le second de ces appartements était beaucoup plus vaste; il comprenait toute la façade située entre la chapelle et le pavillon des Arts. En 1674, il était loué douze cents livres à H. deVillesdoin '; en 1689, on l'augmenta de trois cents livres *; enfin, en 1789, le sieur Langlois, ancien administrateur des hôpitaux militaires, le payait seize cent vingt livres •.
> Bwihiltmy de la Fliutrit. . .
3. Compte que rend mnifra Barthélémy dt la FIntIrw.. • ArchiïeB de l'Empire. H, 3833.
S. Compte que rend Simon Mariage, oomeiiteT du Roy . . . ArchÎTeB de l'Empire. H, 3833.
4. Compte que rend W CharUi Tharel d' Allô. .. Archives de l'Empire. H, 3B3â.
5. Compte que rend menire André Rautin. . . Archives de l'Empire. U,38d3. '
Le revenu de deux logements établis dans Je pavillon des Arts varia entre quatre cents et neuf cents livres. Pendant fort longtemps l'un fut occupé par le peintre Jouvenet * ; l'autre par un sieur Roger^ <s secrétaire de messieurs les princes de Conty. »
Le prix de location des vingt-quatre boutiques qui bordaient la façade du collège fut plus que doublé dans l'espace de cent ans. Les sept premières étaient louées ensemble douze cents livres en 1698% douze cent quatre-vingt-dix livres en 1745', et deux mille sept cents livres en 1789*. Le revenu des vingt-quatre boutiques était, en 1696, de huit mille livres environ*. Ce chiffre comprend les sommes perçues pour le loyer de quelques échoppes adossées au collège, près de la rue de Seine, et pour plusieurs chambres et greniers situés dans l'établissement, et qui servaient de dépôt à différents commerçants ^
Nous n'avons encore mentionné qu'en passant