‹ Recherches historiques sur le College des Quatre-Nations d'apres des documents entierement ineditsChapitre 32 sur 62 · Mercier, Tableau de Paru, t. V, p · texte numérisé non relu

Mercier, Tableau de Paru, t. V, p

se sont succédé sur ce trône tranquille. Voici leurs noms :

P. Jean le Chapelier de Moron,

1688— décembre 1721.

Jean-Antojne Pastel,

janvier 173Î — juin 173J.

Jacques Robbb,

juin 1724 — juin 1713.

LOUIS-CU AMES DE Bit AILLES.

juin 1742 ~ décembre 1754.

André Salmon,

janvier 1755 — juillet 17B5.

A.MBUOISE RlBALLIER,

août 1705 — aoûi 1785.

Ehhahubl-Cléhent-Chrétien Bkiîget,

aoûl 1785 — .... 1791.

Riballier est le seul dont le nom ait échappé à l'oubli, et il le doit presque exclusivement aux attaques du parti encyclopédiste et aux plaisanteries de Voltaire. Riballier, comme syndic de la faculté de théologie , avait présidé les assemblées de Sorbonne où le Sélisaire de Marmontcl avait été censuré. II lui en coûta cher. Dans les trois

Empereurs en Sorbonne, Voltaire l'affuble tlu nom de Ribaudier, et le traite ainsi :

Ils entrent dans l'éttble "il les docteurs fourrés Ruminaient saint Thomas et prenaient leurs degrés. Au séjour de ÏErgo, Ribaudier en personne Estropiait alors un discours en latin.

Ceci n'était rien. Mais le mail leureux syndic s'avisa de répondre; en 1758, il publia la Lettre d'un docteur à un de ses amis au sujet de Bélhaire '. Comme presque toutes les discussions thcologiques de cette époque, la querelle ne portait d'ailleurs que sur des futilités; il s'agissait de savoir si les grands hommes de l'antiquité, ceux-là mêmes qui avaient au suprême degré pratiqué la justice et les bonnes œuvres, étaient damnes; elRiballier soutenait bravement que tous étaient en enfer, puisqu'ils n'avaient pu connaître ni la science du salut, ni la sainte religion catholique. C'était si naïf, que Marmontel dédaigna de se fâcher. Quant à Voltaire, qui ne lâchait pas prise aussi facilement, il continua à maltraiter le pauvre syndic.

A brûler les païens Riballier se morfond,

dit-il encore dans VEpilre au roi de la Chine. Au reste, Riballier prouva qu'on peut être tout

1. On a réuni sous le titre J'itivs relatives à V examen de Brlisaire : 1" Réponse à l'apologie de Marmontel; 2" Lettre de Tollntre; 3' Oi/icir;' (.W-x^nî du XV chapitre de Bèlisaire-, Paris, 176B. in-12.

à la fois un absurde théologien et un excellent administrateur, car le collège lui dut de trèsprécieuses innovations. En mourant, il légua cinq cenls livres en faveur de pauvres écoliers *.

Immédiatement au-dessous du grand-maître, venait le bibliothécaire. Le procureur avait longtemps protesté, il prétendait aussi à la seconde place; mais, en 1767, cette grave question hiérarchique fut définitivement vidée à l'avantage du bibliothécaire '. Celui-ci devait, comme le grandmaître, être Docteur de Sorbonne, et son titre indique suffisamment en quoi consistaient ses fonctions. II nommait le sous-bibliothécaire et les deux serviteurs de la bibliothèque *. Avant d'entrer en charge, il signait l'inventaire des livres dont la garde lui était confiée; à sa mort, un récolement très-minutieux était fait, et plus d'une fois on a pris sur la succession du bibliothécaire la somme nécessaire pour remplacer quelques ouvrages qui, pendant son administration, avaient été détruits ou égarés.

1. Registre pour servir aux diii'-nnii;.:!; cl ,;rri'/< ; s de MM. ies inipteteure si grand-maître dit collège iffliwwi. Archives de l'Empire. MM, 461.

2. Compte que rend mr.i'iri E'mrr.iimd-Clcment-Ghrctien Brugsl, etc. Archives de l'Empire. H, 2B3i>. — Aux termes Je l'ariiola M dea Ltttres patentes de 1688, le bibliothé- >:nir<; ï.';t\:i:: in pri's.-iincc s ! .ir h: procureur que quand celui-ci était moins ancien.

3. Lettres patentes de 1688, article S3. — Recueil de la fondation du collège Mnaartni, p. 8.

Lapoterie qui, du vivant de Mazarin, avait rempli les fonctions de bibliothécaire, donna sa démission en 1688, et une pension de douze cenls livres lui fut accordée. Il eut pour successeurs :

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