XVII. Le procureur fera les recettes el dépenses ordinaires
XVIII. Il ne pourra faire les extraordinaires que par l'ordre par écrit du grand-mai stre et des quatre inspecteurs; pourra neantmoins, sur le simple ordre par écrit du grand-maistre, employer jusques à la somme de cent livres.
XIX. Le procureur rendra ses comptes tous les ans pardevant les quatre inspecteurs, en présence du grand-maistre.
XX. Il aura sous luy un homme pour solliciter les affaires el agir sous ses ordres, dont le choix et la destitution luy appartiendra.
XXI. Le bibliothécaire sera nommé par la Maison et Société de Sorbonne, et choisi autant qu'il se pourra, du nombre des docteurs de la Maison.
XXII. Il y aura la nomination d'an sous-bibliothecaire et de deux serviteurs qui n'auront d'autre soin que cetuy de la Bibliothèque; lesquels il pourra destituer, lors qu'il le jugera à propos.
XXIII. Le bibliothequaire se chargera par inventaire des livres de la Bibliothèque, des manuscrits et des meubles qui y doivent estre destinez.
XXIV. La Bibliothèque sera ouverte au public deux jours de la semaine, le lundy et le jeudy, depuis huit heures du matin jusques à dix heures et demie, et depuis deux heures après midy jusques à quatre en hyver, et jusques à cinq en esté.
XXV. Le bibliothécaire, le sous-bibliothecaire fit les deux serviteurs seront tenus de se trouver
dans la Bibliothèque aux jours et heures ey-dessus marquez, pour donner les livres qui seront demandez, et pour veiller qu'ils ne soient gaslez ou emportez.
XXVI. Il sera fait aux Frais du Collège quatre exemplaires du catalogue de la Bibliothèque, dont un demeurera dans la Bibliothèque, le second sera donné à nos avocats et procureur gênerai du Parlement, le troisième sera mis dans la Bibliothèque de Sorbonne, et le quatrième demeurera entre les mains du grand-maistre du Collège.
XXVII. Le procureur du Collège donnera tous les ans mil livres au bibliothécaire pour augmenter la Bibliothèque, à la charge de rendre compte de l'employ pardevant le grand-maistre et les quatre inspecteurs du Collège, qui pourront, quand ils le jugeront à propos, visiter la Bibliothèque.
XXV III. Le grand-maistre, le procureur et le bibliothécaire seront perpétuels ; et leur nomination appartiendra à la Maison et Société de Surbonne.
XXIX. La Maison et Société de Sorbonne aura la direction générale de tout le Collège, à l'effet de quoy elle nommera quatre docteurs qui auront la qualité d'inspecteurs du Collège, et qui en feront pendant quatre ans seulement les fonctions, s'il n'esl jugé à propos de les continuer.
XXX. Le grand-maistre aura la supériorité et la préséance sur tous les officiers du Collège, et
après luy le procureur, si ce n'est que le bibliothécaire estant docteur, soit plus ancien que le procureur, auquel cas le bibliothécaire aura seulement la préséance.
XXXI. Les inspecteurs visiteront le plus souvent qu'ils pourront le Collège, y décideront avec le grand-maistre toutes les affaires qui regarderont la discipline, recevront les plaintes, entendront les comptes du procureur, et tiendront la main à l'exécution de la Fondation.
XXXII. Les quatre inspecteurs ne sortiront point ensemble de charge, mais il en demeurera toujours deux anciens avec les deux qui seront nouvellement éleùs.
XXXIII. Les reglemens qui seront jugez nécessaires dans la suite des temps seront faits par l'aisné de la Maison de Mazarini, avec l'avis de la Maison de Sorbonne ; mais ils ne pourront estre exécutez qu'ils ne soient confirmez par nos LeLlres patentes.
XXXIV. Enjoignons à nos avocats et procureur gênerai de visiter le plus souvent qu'ils pourront le Collège, soit séparément ou conjointement, et de tenir la main à l'exécution de la Fondation; à l'effet de quoy ils feront représenter les registres et comptes du procureur ; sans qu'ils puissent neantmoins commettre pour ladite visite personne en leur place.
XXXV. On pourra recevoir dans les classes du Collège d'autres écoliers que les pensionnaires,
sang qu'ils soient tenus de donner aucun salaire . aux maistres qui les enseigneront.
XXXVI. Et pour engager d'avantage ceux qui auront soin du Collège et qui y enseigneront, nous voulons qu'il soit donné sur les revenus dudit Collège, tous les ans, au grand-maislre, quinzecent livres : au sous-principal, six-cent livres : aux quatre sous-maistres, chacun quatre-cent livres : aux deux regeus de philosophie et deux de rhethorique, chacun mil livres : aux regens de seconde et troisiesme, chacun huit cens livres : aux trois autres regens chacun six-cent livres : au régent de mathématique, six-cent livres: au bibliothécaire, onze-cent livres : au sous-bibliotbcquaire, cinq cens livres : aux deux garçons servans à la bibliothèque, chacun cent-cinquante livres : au chapelain, trois cens livres : au procureur onzecens livres : à un agent sous luy, trois cens livres ; le tout outre le logement dans le Collège qui leur sera marqué, et la nourriture qui leur sera fournie convenablement en commun.
XXXVII. Sera aussi donné au sieur de la Poterie qui a eu soin des livres jusques à présent ia somme de huit cens livres par chacun an pendant sa vie, en considération des services qu'il a rendus au Collège.
XXXVIII. Voulons que le Collège porte le nom de Mazarini, et qu'il jouisse de tous les droits qui appartiennent aux Maisons de Fondation royale ; et en conséquence l'avons déchargé de tous les
droits qui nous auraient pu appartenir ou à nos fermiers, pour l'acquisition des pinces sur lesquelles il est basti, soit à titre de quint et de lots et vente, d'amortissement ou d'indemnité.
XXXIX. Dérogeons à tout ce qui pourrait estre contraire au présent règlement dans la Fondation, et nommément à l'establissemcnt d'une Académie pour apprendre les exercices militaires , nonobstant ce qui est porté par nos Lettres patentes du mois de juin 1663.
XL. Et pour les choses qui ne sont contenues dans nos lettres, ordonnons que ledit Collège sera gouverné par les statuts de l'Université de Paris, dont il fait partie, et que tous les officiers dudit Collège jouissent des droits et privilèges qui appartiennent aux principaux et regens de l'Université de Paris. Si donnons en mandement à nos amez et féaux les gens tenans nostre Cour de Parlement, Chambre des comptes et Cour des aydes à Paris, que ces présentes ils ayent à registrer et faire exécuter selon leur forme et teneur : cessant et faisant cesser tous troubles et empeschemens qui pourraient estre mis ou donnez au contraire. Car tel est notre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre nostre scel à cesdites présentes. Donné à Versailles au mois de Mars l'an de grâce M. DC. LXXXVHI. et de nostre règne le XLV. Signe, LOUIS; et plus bas : par le Roy, Pdelipeaux. Etàcoslé : visa, Boucherat ; et aitdessous : pour Lettres patentes por-
tanl règlement pour le Collège Mazarini. Etscellèes en lacs de soye du grand sceau de cire verte.
Registrées, ouy et ce requérant le procureur gênerai du Roy, pour estre exécutées selon leur forme et teneur, suivant l'arrest de ce jour. A Paris en Parlement le XXIII. Mars M. DC. LXXXVI1I.
Signé, Donglois.
Registrées en la Chambre des comptes, ouy et ce requérant le procureur gênerai du Roy, pour estre exécutées selon leur forme et teneur; à la charge que nul principal et régent ne pourra estre reçeu qu'il ne soit naturel François, ou qu'il n'ait obtenu Lettres de naluralité deûëment vérifiées par la Chambre. Le VIL jour d'Avril M. DC. LXXXVill. Signé, Richeh.
Registrées en la Cour des aydes, ouy ce requérant et consentant le procureur gênerai du Roy, pour estre exécutées selon leur forme et teneur; à la charge que nul principal et regent ne pourra estre receù qu'il ne soit naturel François, ou qu'il n'ait obtenu des Lettres de naturalité bien et et deûëment vérifiées. A Paris le VIII. Avril M. DC. LXXXVill. Signé, Du Molik.
On sonnera le lever à cinq heures et demie, et dans le grand froid à l'heure fixée par M. le Principal. Le domestique de chaque corridor éveillera les pensionnaires et leur donnera de la lumière, dans la saison qui l'exige.
Un quart d'heure après, au second coup de cloche , les pensionnaires se rendront habillés décemment à la salle d'étude , oh ils seront reçus par les sous-maîtres. La prière se fera toujours en présence du maître et non du domestique.
Depuis la prière jusqu'à sept heures et un quart, les élevés apprendront leurs leçons et les réciteront toutes à leurs maîtres, qui après cela leur feront expliquer littéralement l'auteur qui doit être expliqué en classe.
Depuis sept heures et un quart jusqu'aux trois
1. Noua osons trouvé Ce règlement bus Archives de l'Empire, il la fin du registre coté MM, 463, et qui porto en litre : Registre pour servir aux délibérations et arrestés de Mflj(ie«rs les Inspecteurs du collège Mazarin et Grand Maistri. Le règlement ne fait point partie du registre, où il a certainement été autrefois laissé par mégarde. 11 est écrit sur une feuille volante et avec trfcs-pcu do soin. On peutsuppoaer que chaque sous-maitre était tenu d'en posséder un exemplaire, qu'il devait copier lui-même.
quarts, les élevés s'habilleront et déjeuneront; aux trois quarts ils iront à la messe, puis en classe.
A dix heures et demie ils se rendront, sans s'amuser soit dans la cour soit dans les escaliers, àleurchambre commune, où ne manqueront point de se trouver MM. les sous. maîtres. Ceux-ci leur feront faire leur devoir sur cahier, et exigeront que la copie qui doit être poruie en classe leur soit remise avec le cahier qu'ils auront toujours soin de confronter.
A onze heures trois quarts, les élevés descendront sans tumulte au réfectoire, où doit toujours se trouver des premiers le maître de garde pour y dire le benedicite. Chaque maître doit, autant que faire se peut, assister aux repas pour servir la nourriture ù ceux qui composent son plat, et les contenir dans l'ordre.
Au commencement du repas, les pensionnaires feront chacun à leur tour une lecture pendant au moins dix minutes.
Après le dîner, la récréation durera jusqu'à une heure.
Pendant la récréation , les élevés seront gardés par un sous-maître toujours accompagné d'un domestique qui tiendra le poste indiqué par ie sous-maître.
11 sera défendu aux élevés, sous peine de punition, de sortir du lieu de la recréation, à moins qu'ils n'en aient obtenu la permission du sonsmaîlre de garde.
La récréation finie, les élevés remonteront dans leurs salles d'étude pour y apprendre et réciter leurs leçons, jusqu'à l'heure de la classe.
Après la classe, ils se rendront dans leurs salles d'étude, où ils seront en récréation seulement pendant un quart d'heure pour goûter. Après quoi, chaque sous-maître les mettra à l'étude pour travailler au devoir donné en classe. Lequel devoir sera, autant que faire se pourra, corrigé pour la fin de l'étude, et la copie faîte.
Le souper à sept heures ; en observant tout ce qui a été prescrit pour le dîner.
Après le souper, recréation jusqu'à huit heures trois quarts, en observant tout ce qui a été prescrit pour la recréation de midi.
Nota. En quelque lieu que se passent les recréations, les sous-maîtres doivent apporter l'attention la plus scrupuleuse pour que deux élevés n'en sortent point à la fois; si ce n'est quand ils sont demandés par leurs parens ou correspondans.
A huit heures trois quarts, la prière.
Après la prière , les élevés remonteront chacun à leur chambre en silence, et suivis du sous-maître de garde , qui s'assurera si les domestiques sont à leurs postes, si les chambres sont ouvertes et les chandelles allumées.
A neuf heures et un quart, toutes les chandelles doivent être éteintes. Le sous-maître de garde doit à cette heure faire sa ronde, et voir si tout est bien fermé.
Nota. Dans cette circonstance , c'est un grand inconvénient pour le maître et les enfans qu'un domestique qui a trop bu.