‹ Recherches historiques sur le général Belliard de Fontenay-le-comte (Vendée): prises en FranceChapitre 30 sur 32 · LE DERNIER MOT DE LA FIN · texte numérisé non relu

LE DERNIER MOT DE LA FIN

Quidquid élevât mentent, Ditat animant, Et nobilitat eam.

Tout ce qui élève l'esprit, Enrichit l'âme Et l'ennoblit.

Cette élévation , cette richesse, cette noblesse sont la résultante de l'application pratique de l'abnégation , du dévouement et du sacrifice ; c'est le sublime du feu du métier.

Avec ce feu sacré et avec le feu qui fait parler la poudre, avec ces deux feux croisés, on peut aller en avant.

Mais qu'on le sache bien, le sang du peuple est sacré ; les souverains n'ont la faculté d'y toucher que pour des raisons légitimes, très graves ; la guerre n'admet pas de légèreté de matière, parce que ce sang est celui de l'homme qui a été créé à l'image de Dieu, et qu'il appartient à Dieu avant d'appartenir à l'homme.

Monseigneur Affre, archevêque de Paris, mort en héros pour la Patrie et pour le peuple, disait sur la barricade en 1848 : Que mon sang soit le dernier versé. Ah ! qu'il en soit ainsi pour toujours ; que le mot de guerre disparaisse du code, des nations; que tous les

hommes s'unissent dans une même et solidaire confraternité. Ce doit être le vœu de tout homme qui comprend sa dignité, le vœu de tout Chrétien et de tout Français.

Nous avions fini ce travail et commencé à former les faisceaux, quand nous sommes obligés de les rompre pour saisir, au cours de nos recherches incessantes, les nobles, sacrés et héroïques lambeaux qui nous tombent sous la main à la dernière heure ; ce sont les lambeaux du drapeau que portait Jeanne d'Arc au siège d'Orléans.

Nous confierons, s'il y a lieu, un jour, l'honneur de lui faire escorte, à celui du 57 e dont nous avons parlé ; car leurs conditions d'existence ont un point de contact commun, un point d'historique identiquement semblable ; voici le fait :

L'étendard qui se trouve au musée d'Orléans n'est pas celui que l'héroïne avait au combat ; cet étendard avait été donné par François I er , bien plus tard , à cette ville. Or, bien qu'il soit une merveille d'art, exécuté sur les dessins de Léonard de Vincy , il n'est pas encore le digne écrin de ces quatre lambeaux, reliques précieuses du premier drapeau de Jeanne d'Arc, versés au second et recousus sur son étoffe.

Ah ! s'il nous faut jamais défendre une fois de plus le sol de la Patrie, ce drapeau sortira avec ses lambeaux, les tambours battant aux champs ; les clairons sonneront ; les officiers présenteront leurs épées, les soldats leurs armes. A son aspect, Tannée toute entière, la

France toute entière sentiront centupler leurs forces vives. La victoire est renfermée dans ses plis serrés.

Nota. — François I er , né en 1494, 63 ans après le siège d'Orléans ; Léonard de Vincy, né en 1452, 52 ans après ledit siège.

Fin.

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