‹ Recherches historiques sur les Girondins, Vergniaud (volume 2)Chapitre 30 sur 106 · INTRODUCTION. XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXI

mourut en 1791, Vergniaud, encore endetté lui-même (V. p. 165, infrà, n° 144), n'hésita pas à accepter la succession pour en acquitter les charges. Voilà de la probité antique et nous dirons active. (F. ci-dessous, p. 5.)

Mais cette pureté n'implique chez lui ni austérité, ni rudesse. Il était gai, souriant, poète à ses heures, nullement ennemi des glaces (1), ni du vin de Saint-Emilion (2), ami des belles compagnies et des réunions littéraires. Il avait fréquenté les salons de Thomas à Paris et de du Paty à Bordeaux, avant la Révolution; depuis, il était devenu le commensal de la maison Sauvan, un cercle politique (V. vol. II, p. 373), l'hôte assidu de Talma, chez qui les hommes les plus distingués de la législature se réunissaient aux esprits les plus brillans et aux artistes les plus remarquables de l'époque, Chamfort et Ducos, David et Condorcet, Guadet et Dumouriez. L'arbitre de ces conversations élégantes ou savantes était la première femme de Talma, cette étonnante Julie, de simple coryphée de la danse devenue un profond et gracieux philosophe, que tous, même ses adversaires, ont surnommée l'Aspasie de la Gironde. (Souvenirs dun sexagénaire, d'Arnault, et cidessous note K, p. xl vi.)

Les goûts de Vergniaud pour le théâtre sont connus : Racine et Molière étaient ses dieux, et la musique n'exerçait pas moins d'empire sur lui que la littérature. Aussi, le voyait-on se partager entre l'Opéra et la Comédie-Française dont on pouvait le considérer comme l'habitué. Dans les derniers jours de mai 1793, au moment où les clubs retentissaient de cris de mort contre lui, il se montrait encore au théâtre de la République, répondant à quelqu'un qui s'en

(I et 2) F. ci-dessous Lettres 159, 160, 105, 113.

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