LE PROCES DE BRISSOT
C'est le compte-rendu refait du procès des Girondins. Tous les historiens ont accepté cette pièce sans discussion ni critique, et sur la foi d'une relation manifestement inexacte et incomplète, ils ont accusé les Girondins de lâcheté, d'ineptie, de mensonges...
On verra plus bas comment les Montagnards en ont agi avec les procès-verbaux du 31 Mai et du 2 Juin; ils ont traité de même les comptes rendus du Tribunal révolutionnaire. Mais la falsification a été connue des contemporains; les Girondins survivants ont protesté énergiquement contre elle. Buzot d'abord.
Mémoires, édition Guadet, p. 171.
Le lendemain du jugement, la feuille du Tribunal révolutionnaire en parla : il paraît que, quoique aux gages de la faction, elle laissait encore trop percer la vérité. Chaumette s'en plaignit à la Commune ; on peut voir son discours dans le Moniteur du temps (1). Une commission fut chargée de la rédaction des débats du procès.
J'ai voulu me procurer cet ouvrage, j'avais quelque dessein d'y répondre. A peine ai-je pu supporter une lecture de cet atroce libelle; les scélérats ! Porter ainsi leur rage jusque sur la mémoire des morts ! Ne pas se contenter d'assassiner la vertu, mais vouloir la déshonorer en calomniant ses dernières paroles!...
(1) Voici un passage de ce discours, prononcé par Chaumette, le 11 brumaire (1er novembre 1793) à la Commune. « 11 est impossible que le peuple puisse asseoir son jugement sur les crimes des vingt-un Députés qui ont été exécutés hier; les journalistes attachés au Tribunal Révolutionnaire, soit par malveillance, soit par maladresse, induisent le peuple en erreur et le mettent hors d'état de confirmer les jugements qui s'y prononcent. Moi qui ai suivi leur procès avec exactitude, je n'ai pu m'empècher de reconnaître leur conduite criminelle, car ils avouaient le jour ce qu'il avaient nié la veille.