‹ Recherches historiques sur les Girondins, Vergniaud (volume 2)Chapitre 62 sur 106 · LXVIII ICONOGRAPHIE DE VERGNIAUD · texte numérisé non relu

LXVIII ICONOGRAPHIE DE VERGNIAUD

1793 un des hommes le plus en évidence de son époque. Charles du Paty avait alors vingt-deux ans; il portait en lui une vocation que l'on pouvait dire héréditaire dans sa famille. La maison paternelle était un foyer d'admiration pour les beaux arts et les souvenirs de l'antiquité. Fidèle au sang et aux leçons qu'il avait reçus de son père(l), il a conquis un nom éminent parmi les sculpteurs de son pays. Nos musées et nos places publiques sont décorés de ses œuvres, il est mort membre de l'Institut (12 déc. 1825), toutefois une difficulté nous a arrêté. Lorsqu'on lit attentivement la biographie de Charles du Paty, on voit qu'il avait commencé par se livrer à l'étude de la peinture. En l'an IV il était encore dans l'atelier de Vincent. Ce ne fut que, postérieurement à cette époque, que par les conseils de Lemot, il s'adonna à la statuaire. Comment donc aurait-il pu, dès 1793, modeler la tète de Vergniaud? Charles du Paty a\ait épousé sa cousine, issue de germaine, la fille du célèbre Cabanis, beaucoup plus jeune que lui; elle lui a survécu. Nous nous sommes donc adressé à cette dame et nous lui avons soumis notre embarras. Elle y a répondu d'une manière très précise et très ferme dans les termes suivants :

« Je n'ai jamais vu le buste de Vergniaud chez M. du Paty.

« 11 m'a entretenue bien des fois des travaux de sa jeunesse, de ses débuts, des conseils qu'il avait reçus de David ; il ne m'a jamais dit un mot de ce buste, et cependant l'occasion s'en présentait souvent lorsque la conversation tombait sur les Girondins, ce qui arrivait assez fréquemment, cela se conçoit; quoiqu'on n'en parlât pas devant matante (2), ces souvenirs étaient trop cruels!

« Les ateliers de du Paty ont été longtemps au Luxembourg, dont il était Conservateur adjoint; un jour, il me rapporta qu'on enlevait de ce palais un certain nombre de statues pour les trans-

(1) On lit dans les Lettres sur l'Italie :

Je prendrais un moment Charles avec moi ; je le mènerois li-bas

devant ces statues de Brutus, de Caton, de Cicéron, et là, je tâcherois d'échauffer sa jeune âme en lui parlant avec ces marbres, de ces trois grands hommes. (Lettre datée de Rome.)

Rien d'étonnant que de semblables enseignements aient produit leurs fruits.

(2) Ma tante, r"est-à-dire la veuve de Coodorcet. (T\, sur cette parenté, la note de l'Appendice, p. lxxx, ci-dessous.)

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