LXXXVIII ICONOGRAPHIE DE A'ERGMAUD
turequi nous est personnelle. Vergniaud est représenté présidant la Convention nationale pendant le procès de Louis XVI. Le Roi comparaît à la barre. On lui présente la clé de l'armoire de fer. Quoique Vergniaud ne présidât pas en ce moment, c'est probablement lui qu'on a voulu représenter. Voici le titre de cette gravure : <. Louis XVI à la barre de la Convention, le 26 décembre 1792. » Dessin de Pellegrini, gravure de G. Vendramini, sous la direction de Scbiavonetti. Publiée en septembre 1796. Mais, comme le dit judicieusement Renouvier, ces artistes n'avaient pu voir leur sujet que de Londres, leur travail n'a donc aucun caractère historique.
Gravure exécutée d'après la statue deCartellier, hauteur 18c, largeur 9 c. Dessinée par Bourdon, gravée par Forster ; Vergniaud est vu en pied.
Très belle gravure d'un maître, d'après un autre maître. Mais le simple trait, genre adopté par Forster, et les dimensions de la tète, ne permettent pas de se rendre exactement compte des traits de Vergniaud, tels qu'ils ont été représentés par Cartellier. C'est pour cela que nous avons publié le buste seul, en lui donnant autant d'importance que les dimensions de notre format nous l'ont permis.
Dessin et lithographie de Maurin, publié par Delpech, dans l'Iconographie françoise, 1824-1828, 10 c. sur 10 c.
Cette lithographie est due au crayon habile de Maurin (Eustache-Nicolas), né en 1798, élève de Regnault, mort vers 1848.
Nous savons déjà que son modèle a été le buste suivi par Cartellier. Mais il y a une nuance entre les deux interprétations. Cartellier a représenté Vergniaud assombri par les préoccupations du travail ou de l'avenir ; Maurin ayant à traduire le regard qui n'existe pas dans le buste, a été dominé par la tradition de somnolence imputée à Vergniaud. Il l'a montré un peu endormi, comme madame Roland le peint, avec un regard voilé qui pourtant, dit Sainte-Beuve, devait se rallumer dans la magie de la parole. (Lettres de Mme Roland à Bancal des Issarts : Introduction, p. XL.)
Le dessin de Maurin est, du reste, d'une fidélité scrupuleuse. C'est un des meilleurs portraits de la belle collection Delpech.