‹ Recherches historiques sur les Girondins, Vergniaud (volume 2)Chapitre 9 sur 106 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

C'était donc d'abord, pour nous, une pièce à conviction contre les accusateurs de la Gironde.

Nous voyions en outre dans ces manuscrits des reliques précieuses, les dernières pensées d'un grand homme, les dernières paroles d'un parti expirant.

Singulière destinée des Girondins ! ils furent les esprits les plus brillants de la Révolution par le talent de la parole et de la plume, presque tous avocats ou publicistes, voués par profession à la défense des hommes ou des idées, et personne n'a été moins entendu, moins défendu qu'ils ne l'ont été dans leur propre cause. (Voyez ci-dessous, vol. II, p. 426.)

M. de Lamartine commence son grand ouvrage en leur faveur, il leur prodigue les peintures éblouissantes de sa palette, mais il conclut contre eux, et Robespierre finit par être son héros ; il fait de leur ennemi mortel un ouvrier de 1 humanité !

M. Granier de Cassagnac ne trouve pas que les Girondins aient été assez maltraités : il compose un ouvrage ad hoc pour les représenter comme les complices du 2 Septembre !

MM. Bûchez et Roux, M. Louis Blanc, M. Ernest Hamel, se succèdent pour les accabler.

Nous ne parlons pas des écrivains royalistes qui ne voient en eux que des régicides, ni des historiens montagnards qui leur reprochent de ne pas l'avoir été assez.

Jusqu'à présent, à part la défense de Valazé trouvée dans une fente de sa prison, la triste plainte de Buzot est restée une vérité : a Nos amis morts sur l'échafaud n'ont rien pu publier en faveur de leur innocence ! Les bourreaux les ont égorgés sans qu'ils aient pu se faire enten-

INTRODUCTION. y

dre ! » (Appel aux amis de la vérité, édit. Guadet, p. 37) (1).

Grâce à la découverte inattendue des défenses des Girondins, on allait pouvoir les entendre eux-mêmes. Seulement ces notes, destinées à être animées par le discours, étaient encore bien incomplètes. Nous aurions voulu les entourer des documents propres à leur donner toute leur valeur, toute leur physionomie.

Nous avions commencé, mais les événements sont survenus ; les registres des Sections sont détruits ; les Archives nationales n'ont échappé que par miracle (2) ; le temps presse : mieux vaut rester imparfait que de s'exposer à périr. Nous publions en toute hâte les pièces que nous avions réunies sur Yergniaud :

L'acte de mariage de son père qui établit la véritable orthographe du nom que ne donnait pas son acte de baptême ;

Des notes marginales sur un livre de droit qui nous initient aux études de sa jeunesse ;

(1) Nous devons la connaissance de cette pièce rarissime à M. Léon de La Sieotière, qui en possède un exemplaire dans sa vaste bibliothèque. Le brouillon original a été retrouvé par M. Campardon dans le dossier de Carrier et joint par lui au dossier des Girondins le 23 février

Nous ne parlons ici que des défenses écrites par les Girondins euxmêmes, 6ans quoi nous n'aurions pas manqué de mentionner l'éloquent plaidoyer de M. J. Guadet. Il a été publié aussi à la suite des Mémoires de Bris.s-ot, un projet de défense devant le Tribunal Révolutionnaire, en réponse au rapport d'Amar. Mais nous ne saurions en garantir l'authenticité, tout au moins intégrale, en présence de la constatation que nous avons faite ci-dessous. (F. Bibliog., ouvrage apocryphe sur Yergniaud.)

Nous devons dire aussi que Fauchet et Carra ont fait imprimer, l'un une protestation, l'autre une justification restées ignorées, que Buzot n'a pas pu counaître et que nous ne connaissions pas nous-même au moment où cette introduction a été écrite. (F. ci-dessous, vol. II, p. 324.)

(2) Et aussi, disons-le, par le dévouement des employés des Archives qui n'ont pas abandonné leur précieux dépôt et l'ont défendu courageusement contre les incendiaires, sous la conduite de M. Maury, leur Directeur. On peut dire que tous ont bien mérité de la France et du monde entier intéressé à la conservation de tant de richesses.

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