CONFISCATION MIS HEM DE VERGN1ALD
les cousins de Sanson, comme ils s'intitulent eux-mêmes dans la hideuse pétition d'hérédité qu'on va lire :
Au citoyen Fouquier, Accusateur Public près le Tribunal Révolutionnaire.
Citoyen,
Depuis la Révolution, les aides de Sanson, exécuteur des jugements criminels de votre Tribunal onts toujours retirez les habillements des justiciés. Ce mince objet par lui-même ne peut qu'ajouter à nos appointements un surcroît qui dans ce tems ycy n'est pas superflu par le genre de travail que nous fesons. Nos habits se trouvant détruits en très peu de tems, malgré les précautions prises pour au moins empêcher en partie le terrible effet que produit sur eux les exécutions. N'ayant qu'un traitement de mille livres, qui nous sonts encore augmentés de moitiés aux dépens de notre Cousin Sanson chez le quel nous sommes aides, il nous est encore impossible de résister aux dépenses que nous occasionne individuellement ce fort, pénible et sale travail répétiez chaques jours. Enfin, Citoyen, Chaumet cy devant agent national de la Commune avoit sur sa motion fait prendre un arretté qui nous retiroit les habits des justiciés, il nous restoient les accessoires. Un nouvel arretté nous a été signifiez hier soir 6 du courant, le quel nous fait défiance de ne rien retirer à l'avenir. Comme cet arrêté n'est pas loi et qu'il nous paroit avoir été mandié, nous vous prions, Citoyen, de vouloir bien nous faire rendre les dessous, mouchoirs, bottes et souliers, etc., notre service demandant beaucoup de dépense. Cette suppression nous mettroient dans l'impossibilité de le faire.
Signé : Desmorest l'aîné; Desmorest le jeune ; François le Gros1. Le vasseur a déclaré ne savoir signer. (Arch. nat., W, 120.)
Tels furent probablement les héritiers de l'habit ensanglanté de Yergniaud.
1 Celui-là même qui souffleta la tète de Charlotte de Corday.
DU