LES .NOMMÉS
Lehardy, Gaudin, Vergniaud, Yalazé, Forest, Hni^unnû, Gomer {vie), Michel,
Ont été mis eu état d'arrestation au Luxembourg, en vertu d'un décret rie la Convention
Nationale en date de ce jour, 26 juillet 1793, l'an IIe de la République française.
Le séjour des Girondins au Luxembourg ne fut pas long, soit que la surveillance, dans ce vaste édifice, fût trop difticile, soit qu'on trouvât contraire à l'égalité qu'ils eussent un palais pour prison ' ou par l'intluence
1 « La chambre où l'on mit nos méchants lits de sangle donnait sur le jardin du Luxembourg, et quoique la fenêtre fût garnie de barreaux, la vue eu était admirable et l'air qu'on y respirait très salutaire. »
(Lettre de la femme de Bitaubé, qui avait été incarcérée avec son mari au Luxembourg, pendant la Terreur; — V. Joseph, édit. de 1826, p. xxij ; — Bibliothèque nationale, Y2.)
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dos journaux Jacobins, qui demandaient pour leurs ennemis les plus noirs cachots (Bûchez et Roux, vol. XXIII, p. 41).
Ils ne tardèrent pas à être répartis dans les prisons ordinaires. Vergniaud et Valazé furent envoyés à La Force, Gaudin à l'Abbaye, etc. C'est ainsi que les auteurs du 2 juin, qui d'abord n'avaient osé porter la main sur des Représentants du Peuple, se familiarisaient peu à peu avec leur attentat et s'enhardissaient jusqu'à traiter comme des criminels vulgaires, des hommes qui étaient revêtus d'un caractère sacré et inviolable, préludant par là à l'attaque qu'ils méditaient contre leur vie.
Ce transfèrement eut lieu le 31 juillet, ainsi qu'on le voyait à la colonne du mouvement, où on lisait ce qui suit (nous parlons au passé, on sait que ces registres si précieux, qui contenaient tant de choses, notamment l'histoire des fameuses conspirations l des Prisons, n'existent plus; tout a péri dans l'incendie de 1871 !)