‹ Recherches historiques sur les Girondins, VergniaudChapitre 96 sur 135 · SAVOIR · texte numérisé non relu

SAVOIR

An II, 9 brumaire. — Les 21 députés, pour les bières. . 147 liv. — — pour les fossoyeurs 63

Vu, calculé et arrêté, par moi, Président du Tribunal Révolutionnaire, le mémoire ci-dessus, à la somme de six cent soixantedix livres, pour être payée à la Trésorerie nationale au citoyen Joly.

Fait à Paris, le 5 frimaire, l'an II de la République française.

Signé : Herma.nw.

Le plan du cimetière de la Madeleine, publié par Descloseaux, ne retrace pas l'endroit où furent inhumés les Girondins. Mais un autre plan manuscrit, provenant de la collection de Planliol, place leur fosse près du trou à Mirabeau; sans doute, le lieu où le corps de Mirabeau avait été déposé avant sa translation au Panthéon. Non loin do là reposaient Charlotte de Corday et madame Roland, Louis XVI et le duc d'Orléans. Ces rapprochements devaient inspirer l'imagination des écrivains et leur dicter quelque phrase grandiose dans le goût du temps : ils n'y ont pas manqué.

Le Young de la Révolution française a écrit :

« Là dorment d'un sommeil éternel les ossements de la vertu et de la puissance, des crimes et des talents ! Là s'embrassent dans la poussière du cercueil, les victimes et les bourreaux !

Vergniaud muet semble avoir pardonné Robespierre ! (/.c Cimetière de ta Madeleine, par J.-J. RegnauhVWarin. Paris an VIII (1800), tome Ier, p. 6.)

338 51 ITI.ir.K DBS «.IKOMMNS.

Par contre, Danton avait pardonné à Vergniaud, si ce que l'on raconte de sa dernière entrevue avec Uobespierre est \ rai.

— Me voilà, dit Danton, en entrant. Qu'as-tu à me re-

prochiT ?

— Je te reproche de prendre à tâche do contrarier toutes 1rs mesures adoptées par les Comités de Gouvernement?

— En quoi doue?

— Iji tout : quand les Girondins ont été envoyés à la mort, tu as tenu des propos.

— Non.

— Tu les as pleures ?

— Oui.

— Et tu en conviens.

— Sans doute; il y avait parmi eux des gens aimant la pairie, et puis était-il donc si nécessaire de faire mourir des cul'ants, Roger, Ducos, par exemple...

(Lombard de Langres, Mémoires d'un sot, p. 100, et notes données par Robespierre à Saint-Just pour son Rapport contre les Dantonistes. V. aussi Mémoires de Garât).

Une larme de Danton ? n'est-ce pas la meilleure oraison funèbre des Girondins ? Nous sommes heureux de la recueillir, surtout pour l'infortuné Ducos qui périt victime de son noble dévouement pour Yergniaud. Garât dit aussi que Danton lui avait fait espérer pour Vergniaud et Ducos {Mémoires, chap. xv, etc.)

J'allai chez Danton... il étoit malade... Je ne pourrai pas les sauver, furent les premiers mots qui sortirent de sa bouche, et en les prononçant... de grosses larmes tombaient le long de son visage... Il lui restoit pourtant encore quelque espérance pour Vergniaud et Ducos (Mémoires, chap. xv).

Page 1