‹ Recherches historiques sur Vaas et LavernatChapitre 13 sur 45 · PRIEURÉ DE NOTRE-DAME DE RAHARD · texte numérisé non relu

PRIEURÉ DE NOTRE-DAME DE RAHARD

Le prieuré de Rahard, assez important, était situé dans la paroisse de Luceau; il était composé de «deux logis et jardins pour les chapelains, » — car i 1 y en a eu plusieurs à la lois, — d'une métairie du même nom, d'un pré, dans la prairie d'Amont, et d'une chapelle dédiée à Sainte Marie suivant plusieurs manuscrits, et suivant quelques autres, « à Monsieur Saint-Luc. »

Ce prieuré était une dépendance de l'abbaye de Vaas, il était à la présentation du seigneur abbé et on l'estimait à 300 livres; au xvne siècle il devait tous les ans au roi « A livres 8 sols. » (Manusc. — Arch. de la prèf.) En 1510 les religieux de l'abbaye de Vaas, pour se soustraire à une épidémie qui faisait beaucoup de ravages, se retirèrent au prieuré de Rahard. Vers cette époque une maladrerie y lut construite et en fit partie. L'Hotel-Dieu du Chàteaudu-Loir l'ut fondé et doté par arrêts du conseil du 20 janvier, 6 juillet 1096 et 22 février 1697, des biens et revenus des malatlreries de Rahard, de Mayet , deTréhet, etc., etc.; mais par l'acte d'union de la maladrerie de Rahard à FHôtel-Dieu du Chàteau-du-Loir, cet établissement a du faire une pension de 300 livres au prieur pendant sa vie *.

1 Louis XIV, voulant extirper la mendicité , publia un ctlit au mois de juin 1662 par lequel il ordonna de créer des hôpitaux

Voici la liste des prieurs de Notre-Dame de Rahard depuis la fin du xvr siècle jusqu'en 1789.

12 septembre 1595, frère Fabian Le Jeune , prêtre, religieux profès de l'abbaye de Vaas;

28 août 1598, frère Julien de Lestang, religieux de l'abbaye de Vaas ; en prenant possession de ce

généraux et des manufactures dans toutes les villes et gros bourgs du royaume , pour renfermer les mendiants et les orphelins, les instruire et les faire travailler aux métiers dont ils sont capables. Louis de Tressan publia aussi une lettre pastorale à ce sujet, le 15 novembre 1676, et le conseil général de la ville du Mans enjoignit, le 25 mars 1678, « à tous les pauvres, forains , mandians, féneans, gueux, vagabonds, et gens sans aveu, de vider cette ville et faubourg dans les 24 heures , et la province dans les trois jours de la publication des présentes, à peine du fouet contre les contrevenants, et d'estre razés hommes et femmes, tant du poil de la teste que de la barbe, pour estrc ci-après

reconnus et fleurdelisez eu cas de récidive « Défendu aux

propriétaires de la ville de louer leurs maisons à des gueux, passans et vagabonds , à peine de 50 livres d'amende , payable par corps ; à tous pauvres de vaguer dans les églises , rues , places publiques et tous autres lieux et d'y mandier, à peine du fouet, et d'estre razés comme dessus. Défendu à toutes personnes de qualité de rien donner aux mandiants publiquement ou secrètement à peine de 4 livres d'amende, etc (signés), Jacques

Levayer, conseiller du roi, lieutenant-général, de Gennes, juge prévôt. »

Pour que ce projet d'extinction de la mendicité eût pu réussir, il aurait fallu que le gouvernement eût procuré aux administrations les moyens de doter ces nombreux hospices; il l'aurait peut-être pu , s'il avait voulu détruire les titres de certains bénéfices au profit de ces nouveaux établissements.

prieuré, il entra dans le jardin et cassa plusieurs brandies «le prunier pour faire acte de prise de possession. A cette époque Jean Lepingleux, curé de Luceau, était aussi prieur de Rahard.

15 janvier tr>99, maître Pierre Gauthier, clerc du diocèse d'Angers , succède à Julien de Lestang.

1T>99, Anlhoine Hodiueau ou Bodmeau , religieux de l'abbaye de Vaas.

10 novembre 1000 , frère Jacques Blancherotte , prêtre, religieux profès de Notre-Dame de Gàtines, ordre de St. -Augustin, diocèse de Tours, fait une pension à Fabian le Jeune, qui se démet en sa faveur du prieuré de Rahard; l'acte en est fait au prieuré de Montsoreau.

1 4 août 1 603 , maître Jehan Lespingleux , clerc de l'ordre de St. -Augustin.

20 juillet 1607, Mathurin-Laurent Simon, clerc du diocèse d'Angers, «prieur commendataire de Rahard , demeurant en la ville de Paris, paroisse St. -Germain. »

30 août 1605 , René Morel, prieur de Rahard. Le titre de l'acte où nous avons trouvé ce nom porte : « Prieuré ou Maladrerie de Luceau. »

3 janvier 1609, Claude Lavocat.

161 4 , maître Jehan de la Vigne , « subz diacre de la ville de Ste. Suzanne. »

22 décembre 1621, «frère René Guillandoux, prêtre , religieux proies en l'abbaye de Vaas ,

prieur de Rahard , dépendance de l'abbaye de Vaas. »

9 décembre 1622, François de la Vigne, clerc tonsuré.

12 août 1(323, « maître René Amyrault, clerc tonsuré du diocèse d'Angers , demeurant ville de la Flèche, au collège des RR. PP. jésuites, chapelain de la Sauvagère, en l'église de St. Germain de Rourgueil. »

45 juin 1625, Urbain Foucqué ou Foucqueré, vicaire de Vernay, diocèse d'Angers, « prend possession du prieuré de Rahard dépendant de l'abbaye de Vaas et situé en Luceau. »

\ 626 , maître Etienne Richard.

4641, maître Rodolphe Loison.

30 juillet 1650, frère Jean Ladmiral , religieux en l'abbaye de Pruillé, ordre des Cîteaux; dans l'acte de prise de possession du prieuré de Rahard, il est inscrit comme étant de l'ordre de St.-Benoist.

18 mars 1651, maître Jean Ronsard, prêtre du diocèse du Mans; les témoins de l'acte de prise de possession sont Louis Chenet et Mathurin Estourneau, sergents royaux demeurant à Luceau.

10 mai 1692, maître Léonard Armand, clerc tonsuré du diocèse d'Angers, « prieur de Notre-Dame de Rahard , ordre de Saint-Augustin , résigne ce prieuré en favear de maître Pierre Lefaucheux ,

sieui des Eteperr (?) prêtre du diocèse du Mans,

demeurant à Paris, paroisse St. Paul»; il prend possession du prieuré de Raliard le 31 août 1692.

9 mars 1706, « maître Armand-Charles Billard de Lorière , clerc du diocèse du Mans , chapelain de la chapelle de Saint-Thomas de Vaux», dévient titulaire du prieuré de Raliard par la démission que l'ait en sa faveur Pierre Le faucheux, sous la réserve, « d'une pension annuelle de 26 livres, exempte de décimes ordinaires , extraordinaires , don gratuit , subvention et autres charges généralement quelconques , imposées ou à imposer. »

\i décembre 1718, « Messire Bon-Eleonor Gilbert de Vaux de Levaré , élève tonsuré du diocèse du Mans , demeurant à Paris, collège et paroisse du cardinal le Moine, rue St. Victor. »

2 juillet 1720 , «'Messire Charles Lille du (îast, docteur en Sorbonne, demeurant à Paris, cloître Bernardin, paroisse St. Nicolas du Chardonnet. »

28 septembre 1 737, « Messire Louis-Emeriste du Baifleul, prêtre du diocèse du Mans, licencié en Sorbonne et vicaire-général de l'évêque de Limoges, est pourvu du prieuré de Rahard, par suite de la démission de Me Charles de Lille (ou de Lisle) du Gast, docteur en Sorbonne, chanoine de l'église de Chartre, abbé de l'abbaye de Barsellé. » Comme le sieur de Bailleul ne pouvait, pour motifs qu'on n'in-

diquepas, prendre immédiatement possession du dit prieuré, il en chargea, pour lui, le sieur Jean Gargnier, prêtre de Coulombiers. Ce dernier s'étant transporté chez Jean Durand , curé de Luceau , « le requit de lui livrer la clef de la chapelle où se dessert le prieuré , il refusa en disant qu'il l'avait remise à l'épouse de François Brault, fermier de la métairie du Grand -Rakard. Alors, dit l'acte qui constate ce refus, nous nous sommes transportés avec témoins à la métairie de Rahard ; nous avons trouvé l'épouse du sr Brault, qui nous a déclaré que son mari était absent, qu'elle n'avait pas la clef; qu'un particulier, étant couvreur de sa profession, s'est emparé de la dite clef; ce que le sieur Gargnier a pris pour un refus, lui déclarant qu'il allait cependant prendre possession de la dite chapelle, au nom du sieur du Bailleul; pourquoi il s'est transporté à la porte de la chapelle, revêtu de sa soutane ; il l'a trouvée fermée ; » il a fait les prières d'usage et a été installé , ainsi que le constate l'acte qui en a été dressé par le sr Charles Boullet , notaire royal apostolique du Mans. Le 30 mai suivant, le sieur du Bailleul résigne ce prieuré en faveur de frère Thomas Laisné, prêtre, chanoine régulier profès de l'ordre des Prémontrés, sous la réserve d'une pension de 120 livres par an; il n'en prend possession que le 30 mai 1741.

SUR VAAS. 101

17.., Adrien Toufflet, prêtre , chanoine régulier de l'ordre des Prémontrés.

25 août 1 780 , Augustin Gost, prêtre, chanoine régulier, curé de Saint-Georges de Vaas. (Div. manusc. )

PRESTIMONIE OU CHAPELLE DE TARTIFUME.

La prestimonie de Tartifume , qu'on nomme aussi chapelle de Tartifume, fut fondée en septembre 1483 par le frère Jean, les frères Du val, Guillaume Lecomte et frère Dabison , religieux , et fut dédiée à Sainte -Catherine; elle fut décrétée par l'abbé de Yaas le 14 septembre 1493. On devait y dire deux messes par semaine.

La chapelle de Tartifume dépendait de l'abbaye de Vaas , et était à la présentation de l'abbé ; pendant longtemps elle fut desservie dans l'église de la paroisse à l'autel Saint -Nicolas ou de la Vierge. Elle était estimée 10 livres.

Parmi les titulaires de cette chapelle nous remarrpions :

24 décembre 1070, «Vénérable Thomas du Vivier , prêtre , chanoine régulier , procureur du prieuré de Chàteau-en-1'Hermitage. »

3 mars 1071, frère Michel Mandroux, prêtre, chanoine de l'abbaye de Vaas.

12 mars 1754 , Pierre-René Pauloin, «clerc tonsuré , attaché au séminaire de la mission du Mans , est pourvu par le Reverendissime évèque du Mans, de la chapelle ou prestimonie de Ste Catherine de Tartifume, fondée et desservie en l'église paroissiale de Yaas... Elle est desservie présentement à l'autel de la Vierge. » Enfin le dernier titulaire est le « Révérend père frère Claude-François Moreau , prêtre , chanoine régulier de l'ordre des Prémontrés, prieur, curé de la ville de Vaas. » Il en fut pourvu , le 6 septembre 1 700 , par « Messire Paul Chauchon , prêtre , docteur en théologie , abbé commendataire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Vaas, ordre de St. Augustin, et en cette qualité nominateur et collateur des bénéfices simples delà dite abbaye. » (Ins. ecclés.)

On croit que la propriété qui formait autrefois le temporel de cette chapelle, et qui était située au lieu de Tartifume ', appartient actuellement à M. Robineau de Vaas.

Il ne reste plus aucun vestige des bâtiments de la prestimonie.

1 « Tartifume payait pour cens et rente à l'abbaye de Yaas 2 sols 6 deniers. » ( Manusc. du xvn* siècle.)

SUR VAAS. 103

Page 1