‹ Recherches, observations et expériences sur le développement naturel et artificiel des maladies turberculeusesChapitre 33 sur 34 · PAR LE TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

PAR LE TRADUCTEUR

La crainte de géner la marche déjà embarrassée de l’ouvrage dont nous offrons la traduction nous a déterminés à rejeter à la fin, sous le titre d’ Additions , les notes que nous nous proposions d’ajouter dans les endroits où elles auraient pu trouver leur place. Ces notes se composent d’extraits de plusieurs dissertations récemment publiées sur les tubercules; d’une observation ayant rapport au même sujet, par le professeur Chaussier; de plusieurs cas d’hydatides et de tubercules rencontrés chez le fœtus. M.Genprin, dans ses Recherches sur les maladies du cerveau et de la moëlle épinière, dit que ces corps, presque toujours uniques, rarement multiples, sont constamment enkystés ; que la matière contenue dans ces kystes est semi-transparente, pultacée ou grumeleuse, d’une couleur jaunatre, ne présentant aucune trace d’organisation. Selon lui, jamais des tubercules n’existent aux dépens des organes, tandis que le squirrhe en intéresse toujours la substance; que, quel quesoit le degré de consistance des tubercules, ils n’ont jamais la consistance des substances lar- dacées, qui crient sous le scalpel, et forment les squirrhes. Souvent, ajoute-t-il, quand la dégénération cancéreuse s'opère, on remarque qu’une portion de tissu s’amollit,

devient d’un blanc grisdtre, assez semblable au tubercule; mais que jamais cette portion ramollie n’est enveloppée d’un kyste comme celui qu’on observe constamment dans les tubercules cérébraux, et toujours aussi à une certaine période de leur développement dans les tubercules des autres organes.

M. Léverrré (neveu), dans ses Recherches sur les tubercules, dit qu’ils sont plus nombreux, plus petits chez les enfans que chez les adultes; qu’il sont quelquefois ronds, réguliers ; d’autres fois aplatis, etc.; enfin, dit-il, quelquefois ils sont si bizarres par leur forme, que l’on dirait que plusieurs se sont réunis pour ne former qu'une seule masse : ils présentent de grandes différences dans leurs périodes. |

Dans la première , sf l’on en juge par ceux des autres organes, les tubercules sont petits, granulés, ovoides, transparens, comme vésiculeux , ou opaques.

Dans la seconde période, leur volume augmente; ils sont blancs, jaunes ou verdatres.

Lorsqu’on a enlevé la membrane externe d’un tubercule ancien, sa surface est mise à nu; elle est luisante , lisse, bosselée, inégale, offre des enfoncemens, des sinuosités qui le divisent en plusieurs lobes. |

Suivant les périodes de la matière tuberculeuse, le kyste éprouve des changemens: dans la premiere on ne peut le distinguer ; dans la seconde, il est étroitement uni au tissu nouveau qu’il contient, dont on peut cependant le séparer; enfin dans la troisiéme, c’est un véritable kyste, qui isole la matière purulente, et qui est composé de deux feuillets. Ce kyste se forme en méme temps que le tubercule dont il fait partie. (Page 11.)

La membrane propre du tubercule prend aussi quel-

quefois une apparence cartilagineuse ; enfin en rencontre

dans l’intérieur de ce tissu des concrétions qui paraissent

osseuses, et différentes substances qui ressemblent à de l'huile , à de la graisse , à de la gélatine. La structure des

tubercules est à-peu-près la même dans tous les autres

organes.

Il est difficile , dit M. Léveillé, d’expliquer la cause des tubercules ; cependant, ajoute-t-il, l’enfance est plus exposée à ces maladies que tout autre age : l’auteur les a vues sur des enfans de dix-huit mois, de trois, de cing ét de douze ans.

M. Léveillé ne pense pas que les tubercules soient le résultat d’une inflammation chronique , puisqu’on voit un grand nombre de ces affections dans les autres viscéres, qui ne sont point suivies ni de tubercules ni de dégénérescences, et il ajoute que ces cas sont trés-nombreux 5 cependant, dit-il, inflammation coexiste souvent avec des tubercules. :

Il regarde les tubercules comme des productions de tissus accidentels. I] rejette de fort loin la doctrine de Baron; il Vassimile à celle d'Adam, qui n’est point du tout la même, puisque le premier, auteur anglais, n’emploie le mot hydatides que dans le sens de son étymologie, et qu’il paraît par-tout faire abstraction de Panimalité de ‘ces corps. Cependant , M. Léveillé se rapproche bientôt de notre auteur anglais , et semble même aller plus loin que lui lorsqu'il dit qu’on ne peut s’empécher de reconnaître un certain rapport entre les vers vésiculaires et les tubercules , celui de se développer dans tous nos organes , même lorsqu'ils sont sains. Leur origine, dit-il , nous est cachée ; on ne conçoït pas comment Vinflammation du cerveau peut donner naissance à des

hydatides; comment les canaux biliaires des boeufs et des moutons se remplissent de douves à certaines époques -de l’année; comment les ascarides, les ténias, naissent dans le tube digestif de l’homme et des animaux ; comment les filiaires naissent dans le tissu cellulaire du cheval, du lièvre, du faucon et des insectes : tous ces produits dépendent d’une cause qui nous échappe:

L'auteur regarde commé cause prédisposante la constitution du sujet: les tempéramens lymphatiques y sont, ditil, plus exposés que les tempéraméns bilieux ou sanguins ; les alimens peu nourrissans , l’habitation dans les lieux bas et humides, la misère, facilitent leur développement.

Il dit-encore qu’il arrive quelquefois que les tubercules croissent sans apporter aucun changement dans les fonctions du cerveau; il rapporte plusieurs cas de l’existence de tubercules du cerveau , qui, pendant la vie, n’avaient offert aucun symptôme de leur présence.

1°. Chez un enfant de dix ans, les poumons, le foie et larateétaient parsemés d’une foule de tubercules miliaires; il yen avait deux dans le cerveau.

20. Un sujet âgé de vingt-deux ans portait une tumeur blanche au genou, Après l’application sans succès de plusieurs moyens, on fit l’amputation de la cuisse ( à l'hôpital de la Charité), le malade succomba : on trouva deux tuberculescrus, du volume d’un œuf de pigeon; dans Vhémisphére droit du cerveau. La surface environnante était saine, lefoie, la rate contenaient de semblables corps.

3°. Courtois, âgé de huit ans, mort d’une phthisie pulmonaire, dans le cerveau duquel on a trouvé trois tubercules, deux petits, et un du volume d’une forte châtaigne, bosselé, inégal, et verdâtre au centre.

4°. Courtois, âgé de quatre ans, présente, à la dissec-

tion du cerveau, un tubercule gros comme une noisette, contenant un liquide gélatiniforme, |

5°. Chez une petite fille, morte d’une affection tuberculeuse de presque tous les organes, on trouva dans le cerveau trois tubercules, mous, enkystés, de plusieurs lignes de diamètre : on n’avait jamais remarqué d'affection du cerveau.

L’auteur rapporte un grand nombre d’autres cas de tubercules du cerveau qui ont donné lieu à l’amaurose, à la surdité, aux paralysies partielles ou totales. Il dit avoir trouvé chez de très-jeunes sujets, morts d’hydrocéphalie aiguë, des tubercules très-volumineux.

M. Cameournac, qui a traité des granulations des membranes séreuses , pense qu’elles sont le résultat de la propriété exhalante de la membrane sur laquelle elles se développent , propriété qui serait modifiée ou plutôt pervertie par une inflammation ou par quelque autre maladie. Selon lui, ces espèces de granulations ne se forment pas derrière , mais sur la membrane. Quand l’inflammation de la membrane vient se joindre à cet état, on , voit souvent et très-distinctement que ces granulations sont derrière, et non sur la membrane; nous avons enlevé plusieurs fois des portions de membrane d’une assez grande, étendue, pour être persuadés que la proposition de l’auteur est susceptible de quelques restrictions.

M. Cambournac distingue trois variétés de ces granulations , qu’il n’a’ jamais rencontrées qu’à l’état solide, Les distinctions qu’il établit sont fondées sur la couleur et la forme de ces petits corps, qui, dit-il, n’ont rien d’identique avec les tubercules.

M. Lesronp, dans sa Dissertation, qui a pour objet

ane espèce de phthisie pulmonaire particulière aux en-

fans, et qu’il a désignée sous le nom de phthisie bronchique, dit que les tubercules qu’il a trouvés dans les ganglions des bronches sont foujours enkystés. Dans les neuf cas de tubercules bronchiques rapportés par cet auteur, il a rencontré de semblables tumeurs dans quelques - uns des autres organes chez le même sujet.

Aussi assigne-t-il à la phthisie des ganglions bronchiques la même cause qu’à celle des affections tuberculeuses des autres organes, c’est-à-dire l’inflammation. Il place au premier rang des causes prédisposantes l’enfance, dont le tempérament est caractérisé par la prédominance du système lymphatique : c’est, dit-il, dans les organes qui constituent ce système que se manifeste l'affection tuberculeuse.

M. Leblond dit que si les tubercules, chez les enfans , n'étaient point causés par um principe inflammatoire , les cas de maladies tuberculeuses devraient être très - communs chez le fœtus, tandis, que l’on n’en connaît que deux observations, dont l’une, communiquée par M. Chaussier. ;

Nous ignorons quelle est l'observation dont veut parler M. Leblond ; mais nous savons qu’indépendamment de celle que nous allons rapporter, et quia été communiquée à M. Chaussier dans le courant de mai 1820, ce savant médecin dit positivement qu’il a rencontré chez des foetus des tumeurs plus ou moins volumineuses , les unes enkystées , stéatomateuses , lardacées , les autres purulentes. Dans le même compte rendu, il ajoute que dans un enfant mort pendant le travail de l’accouchement, il a trouvé les poumons parsemés d’une multitude de tuber-

cules miliaires , et dans un autre également mort en

naissant, un abcès enkysté, ou vomique, dans le tissu du poumou gauche (1). ;

Voici l’observation dont nous avons parlé plus haut, et que nous avons recueillie sur un enfant né naturellement et près du terme de neuf mois, lequel n’a vécu que deux heures.

La mère, d’une assez bonne constitution , s’est trèsbien portée dans le cours de sa grossesse , elle n’avait pas même éprouvé les petits malaises qui avaient accompagné ses deux grossesses précédentes.

Le développement de abdomen, chez cet enfant, avait présenté quelque difficulté à expulsion totale du tronc, lors de sa sortie, et indiquait une affection particulière ou un déplacement des viscères abdominaux. Les parties pénitales offraient un vice de conformation; le scrotum, vide, était adhérent de toutes parts au périnée; le pénis, d’un pouce de longueur, était du volume d’un tuyau de plume ordinaire. Un stylet, introduit dans le canal de l’urètre, ne pénétrait pas au-delà du bord inférieur des pubis, et ne parvenait point dans la vessie.

Dissection. — Thorax. Les bords libres des poumons étaient d’un rouge vif; le reste de l’organe était d’un tissu compacte et noirâtre ; le cœur et les principaux vaisseaux

étaient remplis d’un sang noir.

Abdomen. Epanchement d’une cuillerée environ d’un fluide séreux et incolore. Le foie paraissait d’un volume extraordinaire; mais en soulevant cet organe , on décou-

vrit derrière son grand lobe une tumeur qui occupait tout

oo oo à

(1) Procès-verbal de la distribution des prix aux élèves sagesfemmes de la Maternité, année 1812, p. 62.

le côté droit de l’abdomen et une partie de la cavité du thorax, dont il tenait écarté le contour cartilagineux. L’estomac était du volume et affectait la forme d’une fève de marais ; la rate était isolée et suspendue par un pédicule très-court à la grande courbure de l'estomac; les intestins gréles, d’un blanc légérement rosé, étaient petits et absolument vides ; le colon et le rectum étaient remplis de méconium.

Derrière les pubis, s’élevaient trois tumeurs, chacune du volume d’un œuf de poule. Adhérentes entre elles, deux de ces tumeurs communiquaient de l’une à l’autre ; celle du milieu, dont la surface extérieure était plus colorée , les parois plus épaisses, paraissait être formée par la vessie, les deux autres par la dilatation des uretères. Ces tumeurs étaient, toutes trois, remplies d’un fluide séreux transparent, et adhérentes à l’arc du colon, au rectum et à la face interne des parois abdominales,

Le rein gauche, de la grosseur d’un œuf de pigeon, était parsemé , à sa surface , de nombreuses vésicules transparentes , du volume d’un petit pois; l’uretère , long d’un pouce , conduisait à l’un des kystes latéraux dont nous avons parlé. |

Le rein droit, du volume des deux poings d’un adulte, était composé d’une masse de vésicules élastiques, transparentes , de différentes grosseurs. Nous enlevames cette masse avec précaution, ainsi que la vessie, à laquelle elle communiquait par la tumeur suspubienne droite , les pubis et les parties génitales, pour étre adressées au professeur Chaussier avec l’observation.

L’extrait de l’observation suivante du professeur Chaussier s’accorde très-bien avec l’opinion de Baron sur l’o-

rigine des tubercules du cerveau et de la moëlle épinière.

Ce cas intéressant, dont nous regrettons de ne pouvoir donner tous les détails, nous semble très-propre aussi à faire disparaître la distinction établie par M. Gendrin entre les tubercules et le squirrhe, puisque des hydatides ont déterminé par leur action la perforation d’une substance osseuse.

« Le 12 mai 1807, on transporta à la Maternité une brodeuse âgée de vingt-deux ans, quiétait au commencement du neuvième mois de sa deuxième grossesse, et qui, depuis guelques semaines , était attaquée d’insensibilité et de paralysie des membresinférieurs. Jusque-là sa santé avait été parfaite. Elle n’avait éprouvé qu’une douleur sourde à la région supérieure du dos, un peu à droite, qui devenait plus vive par la toux, le rire et l’éternument, et qui parfois était accompagnée d’oppression et d’une grande difficulté de respirer; mais elle était gaie , elle mangeait avec plaisir et dormait bien.

» Le 4 juin, à trois heures du matin , l’accouchement s’opéra tout-a-coup, et avec si peu de douleur, que la

‘femme ne s’en aperçut que par la déplétion de l’abdomen et les cris de l’enfant, qui était vigoureux et pesait près de dix livres.

» Tout se passa bien jusqu’au troisième jour, qu’il survint de la fiévre, des selles involontaires, des taches gangréneuses au sacrum et aux fesses.

» Les jours suivans , tous les accidens s’aggravent par intervalles : sentiment d’oppression , d’étouffement avec une toux fréquente; les nuits sont rarement tranquilles, les taches gangréneuses s'étendent, les forces s’épuisent , et la malade succombe dix jours après l’accouchement.

» Dissection.—Le crane : légère infiltration à toute la

surface du cerveau ; les vaisseaux des méninges étaient un

JO

* peu engorgés ; il y avait un peu de sérosité dans les ven-

tricules.

» Dans l'abdomen, tous les viscéres étaient sains.

‘» Dans le thorax, sut-tout du côté droit, on trouva quelques cuillerées de sérosité jaunâtre mêlée de quelques flocons albumineux. Le cœur était sain; la plèvre ne présentait aucun vestige d’inflammation. Cependant les poumons étaient tuméfiés, leur surface était rougeatre , leur consistance molle, leurs vésicules remplies d’une grande quantité de mucosites écumeuses.

» Le poumon droit était fortement adhérent à la partie postérieure et supérieure du thorax, qui avait été le siége de ce point douloureux que la malade avait commencé à sentir au troisième mois de sa grossesse : en détachant /es adhérences contre nature, on vit que le poumon était compacteencet endroit , et qu’il faisait partie d'un kyste ovoide situé sur le côté droit des premières vertèbres du dos, qui, du bord inférieur de la deuxième côte, s’étendait à la quatrième, et avait à-peu-près neuf centimetres de long sur sept. de large.

» Ce kyste contenait un grand nombre de vers vesiculaires, diaphanes , ovoïdes , et de différentes grosseurs ;, quelques-uns avaient un volume de deux a quatre centimètres, d’autres n'étaient pas plus gros qu'un pois ordinaire; il y en avait même de plus petits. En examinant son fond et ses parois, on reconnut, 1°. différens points d’érosion ou d’ usure superficielle sur le corps de la troisième et quatrième vertèbre du dos. L’extrémité des côtes qui s’y articulent présentait aussi le même mode d’altération ; 2°. entre la troisième et la quatrième côte, on vit une excavation large et profonde, qui gagnait la base de Papo-

physe épineuse et s’étendait dans l'épaisseur des muscles ;

it

3°. au lieu d’être fermée par une membrane et du tissu graisseux comme dans Pétat ordinaire, Ja quatrième vertèbre, qui donne passage à un des nerfs dorsaux, étaïtenfièrement ouverte, et son diamètre assez agrandi pour admettre l'extrémité du doigt et pénétrer dans le canal rachidien. Il nous parut donc que quelques-uns des vers vésiculaires contenus dans le kyste du thorax. avaient pu pénétrer par cette ouverture jusque dans le canal rachidien. Pour ne laisser aucuñ doute sur ce point, nous ouvrimes le rachis dans une grande étendue, et nous y rencontrimes une douzaine de vers vésiculaires de différentes Srosseurs, qui, de l'ouverture intervertébrale ; remtontaient jusqu'à la première vertèbre du dos: la, ils étaient entassés, attachés a la face interne de la méninge, et ’embrassaient circulairement comme un anneau : dans cet endroit, la méninge était épaissie, compacte, sa couleur était rougeätre, ses vaisseaux capillaires engorgés, et elle formait une sorte de collet qui comprimait le prolongement rachidien de l’encéphale ( moélle épinière). La consistance de ce prolongement ne nous présenta, dans toute son étendue, aucune différence appréciable aux sens; mais nous remarquames d’une manière bien certaine que les nerfs qui sortaient ‘du rachis, au-dessous de l’étranglement formé par l’adhésion des vers vésiculaires, étaient proportionnellement plus fermes et plus petits que ceux qui naissent au-dessus; nous vimes aussi que la portion longitudinale du nerf trisplanchnique , qui, au côté droit, se trouvait compris dans les parois du kyste vermineux , était d’un volume plus petit et d’un tissu plus compacte

que celle qui se trouvait au côté gauche des vertèbres (1).

(1) Nous avons assisté à la dissection du sujet de cette observa-

‘On a dû remarquer dans cette observation que le kyste vermineux faisait partie du poumon; qu’il y était intimement adhérent, et que cependant la respiration ne s’en faisait pas moins librement et avec facilité ; que les accidens ne se sont manifestés qu’après la perforation des vertèbres, que lorsque les hydatides ont pénétré dans le canal rachidien ; que, sans cette dernière circonstance, les hydatides auraient pu rester dans les poumons, et y subir lune ou plusieurs des transformations décrites par Baron. C’est encore ce qui pouvait avoir lieu du côté de la moélle épinière, sans les circonstances qui sont venues ajouter à cet état fâcheux. Ce cas nous paraît encore très-propre à répandre un jour favorable sur l’origine des tumeurs blanches des articulations, accompagnées de perforation de la

substance osseuse.

Les hydatides et les tubercules sont des maladies, chez le foetus, plus communes peut-étre que l’on ne pense; l’origine de l’hydrocéphalie congéniale , du spina bifida , reste encore a expliquer. à

M. Léveillé neveu a observé chez de très-jeunes enfans un grand nombre d’hydrocéphalies aiguës, accompagnées de tubercules. Nous avons vu nous-mêmes des fœtus hy- . drocéphales chez lesquels il ne restait pas la moindre trace du cerveau ; une grande quantité de fluide séreux en occupait la place; une pellicule mince, luisante, transparente, tapissant les méninges, était tout ce qui restait de l’encéphale. Le professeur Chaussier a également rencontré un

certain nombre de cas semblables. Il est à présumer que

tion. La pièce pathologique a été fidèlement représentée par un dessin, que M. Chaussier possède encore dans son porte-feuille,

le kyste où se trouve renfermée cette collection d’eau n’a échappé à l’investigation des observateurs qu’à cause de la finesse, de la délicatesse du tissu de ses parois.

Quoi qu’il en soit, il ne répugne pas plus d’admettre l'existence d’hydatides dans le cerveau que dans les autres viscères du fœtus où l’on en a rencontré; et si une hydatide solitaire peut se développer chez l’embryon, au point d’envahir toute la cavité du crane, d’en tenir écartées toutes les pièces osseuses, et de donner à la tête ce volume énorme qu’elle présente dans certains cas d’hydrocéphalie congéniale, à plus forte raison le fœtus pourra-t-il naitre avec des tubercules /atens ou miliaires, soit dans le cerveau, dans la colonne épinière ou ailleurs; et l’on sait trés-bien que l’hydrocéphalie et le spina bifida ne génent en rien le développement des autres organes du foetus.

De nouvelles recherches sur la pathologie foetale pourront amener a des résultats plus heureux encore que ceux obtenus par le savant observateur Chaussier. Personne n’ignore que les annexes du foetus ne sont point étransères aux maladies dont il est ici question. Qui n’a pas rencontré de ces placentas avec des kystes séreux a leur surface fœtale, des tumeurs stéatomateuses, lardacées, squirrheuses, des concrétions crétacées dans l'épaisseur de leur parenchyme? Qui n’a point vu de ces vésicules, ou acéphalocystes, quelquefois étouffant, ensevelissant sous leur nombre l’embryon, dont le plus souvent il ne reste pas le moindre vestige? À quoi d’ailleurs attribuer l’hydropisie de la matrice, si ce n’est à la présence, au développement d’une hydatide solitaire? Bien certainement que si dans ce dernier cas l’eau n’était pas contenue dans un kyste particulier, à mesure que la sécrétion s’en ferait,

elles’écoulerait par l’ouverture inférieure que lui présente

la matrice : encore faudrait-il admettre un appareil sécréteur qui n’existe point dans cet organe. |

On trouve dans les auteurs une foule d'exemples de maladies de cette nature dans les annexes du fœtus. Morgagni (1), Varner (2)-en font mention dans leurs écrits ; Ruysch (3), Roederer (4) ont vu des hydatides, des tumeurs squirrheuses dans le placenta et dans le cordon ombilical. Dans un cas d’hydropisie de l’amnios, après la sortie d’une grande quantité de fluide et l’expulsion d’un fœtus septimestre, nous avons rencontré une hydatide du volume des deux poings, dont nous fimes l'extraction entière avec un lambeau de placenta auquel elle était adhérente. Burdach (5) fait mention de la présence d’hydatides dans les membranes du fœtus, comme cause d’avortement. Ainsi l’existence des hydatides, des tubercules chez le fœtus humain, dans le placenta, dans les membranes

et jusque dans le cordon ombilical, se trouve constatée

par les autorités les plus recommandables. Ce.qui se passe |

chez le fœtus humain a également lieu chez les petits des animaux, comme l’a remarqué Dupuy, qui a rencontré des hydatides chez des fœtus de brebis.

Les altérations de tissu chez le foetus et dans ses annexes, nous donnent yne idée de l’activité avec laquelle

peuvent se développer quelquefois ces sortes de maladies

(1) Duplex hydatidum in placenta reperiendarum genus est, etc. § 17 et 22.

(2) Mola prægnans, p.22 et 24.

(3) Thes. VI, Tab. V, Observ. XXXIN , hydatis funiculi magnitudire.

(4) De foetu perfecto , $ 15.

(5) De læsione partium foetus. SCuLEGEL, t. II, p. 211.

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chez l’adulte, puisque moins de neuf mois suffisent pour déterminer tous les caractéres qu’elles présentent dans Venfant nouveau-né.

Mais quelle est la cause de ces maladies du produit de la conception? Il serait sans doute trés-difficile d’en donner maintenant une explication satisfaisante. De nouvelles observations convenablement dirigées pourront conduire à la solution de ce problème : nous ne nous permettrons que quelques réflexions, quisont le résultat des faits que nous avons observés, on voudra bien nous les pardonner en faveur de leur brièveté.

Il n’est pas d’anatomiste qui n’ait remarqué dans les dissections sur des cadavres de femmes de tel age que ce soit, des vésicules plus ou moins nombreuses à la surface des annexes de l’utérus. Dans les plicatures du péritoine qui leur sert d’enveloppe, à Pextérieur et à l’intérieur de l'ovaire, sur et dans la trompe, à la face interne de son pavillon, sur ses bords frangés, nous avons rencontré de ces corps, depuis le volume d’une tête d’épingle jusqu’à celui du plus gros melon, soit à l’état séreux, puriforme, mélicéreux, squirrheux, fibreux, pileux et crétacé, et cela chez de jeunes filles, chez de trèsjeunes femmes; nous avons vu chez plusieurs femmes mortes enceintes, et chez d’autres récemment accouchées, l’un ou les deux ovaires remplis de petites hydatides; chez

une autre, les deux ovaires étaient squirrheux; chez une autre , l'ovaire gauche, du volume des deux poings, était rempli de matière purulente et d’une masse de longs poils confondus avec une substance adipocireuse. Tous ces faits, que nous aurions pu rapporter en détail, si nous n’eussions craint d’augmenter le volume de cet ouvrage , prouve-

raient qu’ils ne sont point étrangers à l’origine de la plu-

part des maladies du fœtus et de ses annexes, et à la prédisposition aux affections de ce genre chezun grand nombre d’enfans.

L’affection naissante des ovaires ne se fait remarquer par aucun signe extérieur ; les jeunes sujets chez lesquels nous avons rencontré cette disposition après la mort avaient succombé à des maladies violentes; mais auparavant ces jeunes femmes avaient dela fraîcheur, de la force, seulement la menstruation était irrégulière; chez les unes, l’écoulement menstruel se faisait attendre quelque-

~ fois deux ou trois mois, tandis que chez d’autres, au contraire, la menstruation était trop abondante et ses époques très-rapprochées; mais il est à remarquer que ces femmes étaient d’un tempérament trés-lymphatique , et que toutes avaient la sclérotique d’un bleu plus ou moins foncé.

il nous est démontré par tous ces faits , que nous ne faisons qu’indiquer, que les maladies naïssantes des deux ovaires n’excluent pas la possibilité de la conception.

Si les hydatides, comme le dit Baron, sont, dans le principe,de petites vésicules ouampoules imperceptiblesa l'œil nu; s’il en est de même des corps que M. Léveillé désigne sous le nom de #bercules, ne peut-on pas supposer qu’une de ces vésicules imperceptibles puisse se fixer à la surface ou à l’intérieur d’un des ovules encore susceptible d’être fécondé par une copulation productive? Si l’ovule malade est avivé, emporté par la trompe , et déposé dans la cavité de l’utérus, on conçoit alors qu’une fois accolé à la face interne de cet organe il s’y développe simultanément avec la maladie dont il est frappé, avec cette diffé-

rence que si c’est dans les annexes de l’embryon que ré-

side la maladie, le plus souvent l’avortement aura lieu à si, au contraire, lacirculation, les sécrétions s’opèrent librement dans les annexes du foetus; si c’est dans un des organes du fœtus que l'affection ait son siége, elle marchera avec plus ou moins de lenteur ou de rapidité; mais le plus souvent, dans ce dernier cas, le foetus complétera sa vie utérine , apportant en naissant des tubercules /a« tens , selon l'expression de Baron, à l’état mliaire, comme l’a remarqué le professeur Chaussier, ou à l’état hydatideux squirrheux, etc., comme nous en avons rapporté des exemples.

Cette opinion, que nous venons d’émettre sur l’une des causes des tubercules chez le foetus, quoique fondée sur Vobservation des cas pathologiques des ovaires, mérite l'attention des observateurs, à l’examen desquels nous la soumettons. C’estencore, comme l’ont remarqué Baron et quelques autres, aux affections hydatideuses des ovaires que l’on doit attribuer l’origine de l’hydropisie de cet organe. Cette maladie n’a rien de commun avec les sécrétions qui résultent de l’inflammation des membranes séreuses. Dans l’hydropisie de l’ovaire, le fluide n’est que le produit de la sécrétion de la membrane d’un kyste ou de plusieurs, réunis et confondus dans un kyste plus grand; et l’on remarquera que ce n’est jamais sur l’ovaire que ces grandes collections de fluide ont lieu; que ce n’est pas dans les vésicules qui se développent à sa surface, mais toujours à l'intérieur même de cet organe. Les kystes de la face externe de l’ovaire se rompent le plus souvent lorsqu’ils ont acquis un certain volume; on voit quelquefois la portion lacérée du kyste, dont les parois ont une certaine consistance, se présenter ouverte comme la corolle

d’un liseron; d’autres fois ses parois sont rétractées, re+

venues sur elles-mêmes, se présentant sous la forme d’une petite tumeur dure, ridée à sa surface, mais dont on reconnaît l’origine et la nature en la faisant macérer.

Quelles que soient les différences d’opinions sur l’origine, la nature et les caractères des tumeurs , il est généralement reconnu que la cause prédisposante à ces sortes d’affections réside dans la prédominance du système lymphatique; qu’elles sont fort communes chez les enfans, et que les femmes y sont plus sujettes que les hommes.

Si nous ajoutions ici le résultat de nos observations, on verrait que sur trois cent soixante-douze femmes affectées de tubercules, de tumeurs fibreuses, squirrheuses ou cancéreuses, quel qu’ait été le siége de la maladie, deux cent soixante - quinze de ces femmes étaient blondes , soixante-sept avaient des cheveux bruns ou chatains , et que, comme les blondes, elles avaient les yeux bleus ou gris bleu; que nous n’en avons rencontré que trente seulement qui eussent les yeux bruns ou noirs, et que quels que fussent leur age, la coloration de la peau , des cheveux et des yeux, chez ces trois cent soixante-douze femmes, la sclérotique était d’un bleu turquoise plus où moins foncé (1).

Cette couleur bleuâtre de la sclérotique n’est pas, comme on pourrait le croire , l'effet d’une grande perte de sang; elle se fait remarquer chez les sujets qui n’ont point eu à supporter d’abondantes évacuations ; on la retrouve encore chez les phthisiques tuberculeux, chez les

enfans affectés du scrophule , et même chez des personnes

SANS ER RE eee

(1) Il serait intéressant de savoir si les animaux blancs, dont la chair est molle, sont plus sujets aux affections tuberculeuses que les animaux noirs. On a déjà remarqué que les cochons et les mouions, rarement noirs, y sont fort sujets.

qui ne se plaignent d’aucune maladie de ce genre, mais qui, bien certainement , en sont menacées , comme Vexperience nous Va prouvé depuis que nous avons fait cette remarque.

Ne serait-ce pas que chezcesindividusle système artériel manquant de l’énergie nécessaire pour lancer le sang en quantité suffisante dans les capillaires rouges, ceux de la sclérotique seraient moins injectés que si les artères jouissaient de toute la plénitude de leur propriété contractile ¢ Dans les cas de syncope, aux approches de la mort, les capillaires des yeux, des lèvres, de la peau, semblent privés de sang, quoiqu’il n’y ait point eu d’hémorrhagie.

Les douleurs de tête, que quelques-uns considèrent comme le symptôme prédominant de Vaffection cancéreuse, précédent et accompagnent assez souvent cette maladie funeste ; mais il.s’en faut de près de moitié que ce symptôme soit constant.

Chez les femmes qui vivent sous l’empire de la diathèse cancéreuse, les cheveux blanchissent de bonne heure, généralement la peau est d’un jaune paillé, les gencives sont saines et les dents bien conservées.

La plupart de celles que nous avons interrogées ignoraient la nature de la maladie à laquelle avaient succombé leurs parens. Cependant, d’après les récits d’un certain nombre, affection cancéreuse paraissait héréditaire ou consécutive à des maladies de l’enfance,

Les causes qui semblaient avoir eu le plus d'influence sur le développement des maladies que nous avons observées étaient toutes de nature débilitante. Les passions violentes et contrariées , les affections tristes et mélancoliques, la vie retirée et sédentaire ; l'habitation

dans des lieux humides et privés de la lumière naturelle,

comme sont les logemens de beaucoup de rues de Paris, et en particulier les boutiques, les loges de portiers et les cuisines ; la mauvaise nourriture, les veilles fréquentes et prolongées par le travail ou dans les plaisirs; les jouissances solitaires ; la privation forcée ou volontaire de vétemens de corps, de chaussures appropriées aux saisons froides et humides ; l’abus’des bains généraux et locaux, les fatigues excessives, le chauffage, en hiver, au moyen de chaufferettes ou couvets.

Nous avons encore remarqué que les affections de matrice se montraient souvent chez des femmes qui avaient fait un usage fréquent de bains froids, d’injections astringentes ou styptiques, dans le but de supprimer les sécrétions abondantes, rouges ou blanches de l’utérus ou du vagin. |

Les avortemens fréquens, un virus vénérien ou dartreux , sont de nouvelles causes de maladies de l’utérus ; mais les caractères sont différens de ceux que présente te squirrhe ou le cancer de cet organe.

Chez les femmes d’un tempérament lymphatique , qui ont succombé à une affection tuberculeuse ou cancéreuse, nous avons constamment trouvé le cœur mou, d’un tissu fiche; le système veineux généralement plus développé.

Il est rare, chez les femmes qui périssent d’un cancer utérin, que l’on ne rencontre pas en même temps une affection de cette nature dans les ovaires ou dans les trompes : ces organes sont presque toujours adhérens à la face externe de l’utérus.

Souvent, l’ulcération du col de la matrice commence à l’intérieur ; ce n’est qu’aprés avoir fait déjà de grands ravages qu’elle se montre à l’orifice externe : aussi J’a-

blation du museau de tanche ; amputation totale de fa

Sont tite ai

at

matrice, comme l’a proposée récemment Sauter, d'après Osiander, Zang et de Siébold, ne sauraient promettre un succès assuré si l’on n’enlève qu’une seine ” la matrice. :

Il est également rare que le cancer de Putérus ne soit point accompagné de tubercules dans quelques- uns FE autres organes.

Le squirrhe ou le cancer des mamelles est souvent accompagné du squirrhe de l’utérus. Nous avons vu trois femmes auxquelles on avait fait extraction de tumeurs cancéreuses d’une des mamelles, qui ont succombé à üneaffection semblable de la matrice ; une autre, qui avait été opérée d’un cancer de l’œil, et qui, trois ans après, est morte d’une phthisie tuberculeuse. La femme sur laquelle Sauter, cité plus haut , fit l’amputation de la matrice, mourut, six mois après, d’une affection du poumon.

Ayant eu de fréquentes occasions d’examiner des tumeurs squirrheuses et cancéreuses à divers états, et provenant de différens organes, nous avons cru reconnaître une grande analogie entre elles sous le rapport de leur caractère physique. Dans le cancer de l'œil, des mamelles, de l’estomac, du foie, du pancréas, des reins; dans celui de l'utérus , des ovaires, du rectum, des muscles de diverses parties du corps ; dans une tumeur blanche du genou , qui avait obligé de faire l’amputation du membre, nous avons par-tout distingué des corps globulairés, des kystes de différens volumes, contenant des substances de consistances diverses ; et souvent de forme, de couleur et de tissu différens dans la même masse.

Nôs recherches n’avaient d’autre but que celui de nous éclairer sur la nature des maladies de l’utérus. Les com-

paraisons que nous avions été à même d'établir nous

avaient amenés à un résultat à-peu-près semblable à celui de Baron, sur l’origine des tumeurs squirrheuses ou cancéreuses ; c’est-à-dire de la réunion de plusieurs kystes passés à l'état d’induration. Cette opinion se trouve exprimée dans plusieurs observations qui font partie de notre Mémoire sur la structure de l’utérus, présenté à l’Académie royale de médecine, en octobre 1821, et dont nous nous proposions de donner ici un extrait.

On, aurait vu, par la date. de quelques-unes de ces observations, que l’ouvrage de Baron n’avait pu avoir aucune influence sur nous, puisque notre opinion sur lorigine des tumeurs de l’utérus et de ses annexes était arrêtée depuis long-temps.. | | /

On y trouverait plusieurs rémarques assez détaillées à ce, sujet , quoique nous n’en fissions mention alors qu’en passant. . eosiis or | |

La note n°. 1 contient l’observation d’une femme morte exsanguine (en mars 1819); ayant un squirrhe de la lèvre antérieure du col de l’utérus du volume du poing d’un adulte : la tumeur présentait ,-sous l’incision , une substance blanche , lardacée, parsemée de nombreux points granulés, solides, que l’on pouvait considérer comme autant de petits kystes endurcis.

Le sujet de la Auitième observation, femme morte, le onzième jour, d’une péripneumonie ( décembre 1819) , avait des adhérences de la plévre, lefoie rempli de tuberculesddivers états; l’utérus présentait, à lui seul, toutes les variétés de tubercules; les deux ovaires, de la grosseur du poing, remplis d’une matière puriforme ; en devant et en arrière de l’utérus , un kyste , de la grosseur d’une noix , transparent, contenant un fluide séreux; le museau de

tanche, convert de granulations mäliaires solides ; le

tissu du col, squirrheux; les parois du corps de Vorgane, rouges, molles , amincies; dans sa cavité propre, un corps, de la grosseur d’une moyenne orange, bosselé à sa surface, paraissant composé de petits kystes endurcis, intimement rapprochés les uns des autres, d’un tissu blanchätre , mais dont les divisions étaient légèrement rosées : cette tumeur n’était adhérente à la cavité de la matrice que par un tissu lamineux très-délié.

La Auitième observation contient l’histoire d’une femme de vingt-sept ans, morte le huitième jour de son avortement, au terme de quatre mois et demi, occasionné par l’exercice prolongé de la danse au bal de l’Opéra, du 12 février 1821. pr

La plèvre était adhérente de toutes parts ; le grand lobe du poumon droit contenait un kyste du volume du poing , rempli de matière puriforme; le lobe gauche était comme lardé de tubercules plus ou moins volumineux, quelques-uns en suppuration, les autres, durs ou compactes.

Les trompes et les ovaires, repliés en arrière, étaient adhérens à la face rectale de l’utérus ; sur lune des trompes s'élevait un kyste séreux du volume d’une noisette.

La paroi postérieure du col avait un pouce d’épaisseur; son tissu, blanc, compacte, était lardacé.

La neuviéme observation présente le cas d’une femme morte d’une ascite et d’une infiltration générale. Elle n’avait point eu d’hémorrhagie utérine, et n’était alitée que depuis un mois.

Le poumon gauche était en putrilage; le poumon droit, petit, Compacte; l’abdomen contenait un seau de douze pintes de fluide séreux jaunatre; le foie d’un jaune foncé,

très-dur, d’un tissu granulé, présentait le double de son volume; l'utérus, qui avait six pouces de longueur, renfermait dans sa cavité deux tumeurs, une de chaque côté du fond : elles étaient de même tissu et présentaient la même disposition que celle de observation n°. 8. Indépendamment de ces deux tumeurs, la face interne de l’utérus, celle deson col, présentaient un grand nombre de tubercules du volume d’un pois, très-durs et pédiculés.

Au clitoris et aux petites lèvres appendait une masse blanchâtre, mollasse, de la grosseur du poing, formant des circonvolutions comme celles des intestins grêles.

Dans la dixième observation, on y trouve un cas de tumeur enkystée dela matrice chez une femme de vingt-cinq ans, morte d’une méningite dans le huitième mois de sa grossesse. Ce kyste, situé dans l'épaisseur de la paroi postérieure du fond de l’utérus, était du volume d’un œuf de poule, aplati surses deux faces: n’étant adhérent que par un tissu trés-fin, trés-lache, on l’enleva avec la plus grande facilité. Ce kyste était d’autant plus remarquable, que la moitié des substances qu’il contenait était solide, et l’autre, liquide, semblable à du cerveau de foetus délayé.

Les expériences faites à la fin du siècle dernier, notamment à l'École de médecine de Paris , en 1799 , autorisent à penser que plusieurs médicamens doivent avoir et ont réellement une action spéciale sur les maladies tuberculeuses. La limonade , l’acide nitrique , l’acide muriatique , le chlorate de potasse et les mercuriaux parurent, a l’époque dont nous parlons, les meilleurs remèdes

contre les maladies tuberculeuses.

Depuis que les expériences médicales du docteur Corxper ont appelé l'attention des praticiens sur les vertus de l’hydriodate de potasse , sir Joun Baron a essayé ce sel éminemment actif dans plusieurs cas de maladies tuberculeuses : les effets que ce médecin a obtenus donnent l'espoir que l’hydriodate de potasse habilement manié, secondé d’un régime restaurant, plutôt végétal qu’animal, et de circonstances locales favorables , diminuerait promptement la mortalité causée par les maladies tuberculeuses.

Nous pourrions ajouter un grand nombre de remarques

semblables, que nous avons faites depuis dans le service de M. le professeur Duméril, médecin en chef de la Maison royale de santé. Mais nous ne terminerons pas sans faire mention de Vheureux essai qu’il a fait de l’hydriodate de potasse dans plusieurs cas de tumeurs de diverses parties du corps , et notamment dans un cas toutà-fait désespéré de phthisie tuberculeuse , chez une jeune fille de dix-huit ans.

IL n'appartient qu’à ce savant médecin de rendre compte de ses succès; mais nous ne laisserons pas échapper cette occasion de lui exprimer notre attachement sincère et la haute considération que nous inspirent ses connaissances profondes dans les sciences naturelles, ses éminentes qualités sociales, le noble et généreux dévoue-

ment qu'il apporte dans l’exercice de la médecine.

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