‹ Recherches physiologiques sur la vie et la mort (volume 2)Chapitre 25 sur 63 · A DIVISION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

A DIVISION GÉNÉRALE

pose de deux ordres de fonctions qui se succ^dent et

s’enchaînent dans un sens inverse.

Dans la vie animale, le premier ordre s'établit de l’extérieur du corps vers le cerveau, et le second de cet organe vers ceux de la locomotion et de la voix. L’impression des objets affecte successivement les sens, les nerfs et le cerveau. Les premiers reçoivent, les seconds transmettent, le dernier perçoit cette impression, qui, étant ainsi reçue, transmise et perçue, constitue nos sensations.

L’animal est presque passif dans ce premier ordre de fonctions ; il devient actif dans le second, qui résulte des actions successives du cerveau, où naît la volition à la suite des sensations, des nerfs qui transmettent cette volition, des organes locomoteurs et vocaux, agents de son exécution. Les corps extérieurs agissent sur l’animal par le premier ordre de fonctions; il réagit sur eux par le second.

Une proportion rigoureuse existe, en général, entre .ces deux ordres : où l’un est très-marqué, l’autre se développe avec énergie. Dans la série des animaux, celui qui sent le plus se meut aussi davantage. L’ftge des sensations vives est celui de la vivacité des mouvements; dans le sommeil, où le premier ordre est suspendu, le second cesse ou ne s’exerce que par secousses irrégulières. L’aveugle, qui ne vit qu’àmotié pour ce qui l’entoure, enchaîne scs mouvements avec une lenteur qu’il perdrait bientôt si ses communications extérieures s’agrandissaient.

Un double mouvement s’exerce aussi dans la vie organique ; l’un compose sans cesse, l’autre décompose l’animal. Telle est, en effet, comme l’ont observé les anciens et d’après eux plusieurs modernes, sa manière d’exister, que ce qu’il était à une époque, il cesse de l’être à une autre : son organisation reste toujours la même, mais ses éléments varient à chaque instant. Les molécules nutritives, tour à tour absorbées et rejetées, passent de l’animal à la plante, de celle-ci au corps brut, reviennent à l’animal et en ressortent ensuite.

DEJ.A VIE. 3

La vie organique est accominoilée îi cette circulation continuelle de la matière. Un ordre de fonctions assimile à l’animal les substances qui doivent le nourrir, un auti-e lui enlève ces substances devenues hétérogènes à son organisation, après en avoir fait quelque temps partie.

Le premier, qui est l’ordre d’assimilation , résulte de la digestion, de la circulation, de la respiration et de la nutrition. Toute molécule étrangère au corps reçoit, avant d’en devenir l’élément, l’influence de ces quatre tonctions.

Quand elle a ensuite concouru quelque temps à former nos organes, l’absorption la leur enlève, la transmet dans le torrent circulatoire, où elle est charriée de nouveau, et d’où elle sort par l’exhalation pulmonaire ou cutanée et par les diverses sécrétions dont les fluides sont tous rejetés au dehors.

L’absorption, la circulation, l’exhalation, la sécrétion, forment donc le second ordre des fonctions de la vie organique, ou l’ordre de désassimilation. . i .

Il suit de là que le système sanguin est un système moyen, centre de la vie organique, comme le cerveau est celui de la vie animale, où circulent confondues les molécules qui doivent être assimilées, et celles qui , ayant déjà servi à l’assimilation, sont destinées à être rejetées ; en sorte que le sang est composé de deux parties, l’une récrémentitielle , qui vient surtout des aliments , et où la nutrition puise ses nuitériaux; l’autre excrémentitiellc, qui est comme le débris, le résidu de tous les organes, et qui fournit aux sécrétions et aux exhalations extérieures. Cependant ces dernières fonctions servent aussi quelqueois à transmettre au dehors les produits digestifs , sans que ces produits aient concouru à nourrir les parties. C’est ce qu’on voit dans l’urine et la sueur à la suite des boissons copieuses. La peau et le rein sont alors organes excréteurs, non de la nutrition, mais bien de la digestion,. C’est ce qu’on observe encore dans la production du lait,, fluide provenant manifestement de la portion du sang

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