DE LA VIE
La vie organique est accommodée à cette cîrculatioa continuelle de la matière. Un ordre de fonctions assimile à ranimai les substances qui doivent le nourrir, un autre lui enlève ces substances devenues hétérogènes à son organisation, après en avoir fait quelque temps partie.
Le premier, qui est Tordre d'assimilation, résulte de ^ la digestion, de la circulation, delà respiration et de la j nutrition. Toute molécule étrangère au corps reçoit, avant f d'en devenir l'élément, Tinfluence de ces quatre fonctions.
Quand elle a ensuite concouru quelque temps à former nos organes, l'absorption la leur enlève, la transmet dans le torrent circulatoire, où elle est charriée de nouveau, et d'où elle sort par l'exhalation pulmonaire ou cutanée et par les diverses sécrétions dont les fluides sont tous rejetés au dehors.
L'absorption, la circulation, l'exhalation, la sécrétionÀ forment donc le second ordre des fonctions de la vie orga- 1 nique, ou Tordre de désassimilation.
Il suit de là que le système sanguin est un système moyen, centre de la vie organique, comme le cerveau est celui de* la vie animale, où circulent confondues les molécules qui doivent être assimilées, et celles qui , ayant déjà servi à l'assimilation, sont destinées à être rejetées ; en sorte que le sang est composé de deux parties, Tune récrémentitielle , qui vient surtout des aliments, et où la nutrition puise ses matériaux; l'autre excrémentitielle, qui est comme le débris, le résidu de tous les organes, et qui fournit aux sécrétions et aux exhalations extérieures. Cependant ces dernières fonctions servent aussi quelqueois à transmettre au dehors les produits digestifs ,^san5 que ces produits aient concouru à nourrir les parties. C'est ce qu'on voit dans Turine et la sueur à la suite des boissons copieuses. La peau et le rein sont alors organes ex« créteurs, non de la nutrition, mais bien de la digestion. C'est ce qu'on observe encore dans la production du lait, fluide provenant manifestement de la portion du sang
b DES FORMES EXTÉRIEURES
qui n'a point encore été assimilée par le travail nutritif.
II n'y a point entre les deux ordres des fonctions de la vie organique le même rapport qu'entre ceux de la vie animale; l'affaiblissement du premier n'entraîne pas la diminution du second : de là la maigreur, le marasme, états dans lesquels l'assimilation cesse en partie, la désassimilation s'exerçant au même degré.
Ces grandes différences placées entre les deux vies de ranimai , ces limites non moins marquées qui séparent les deux ordres des phénomènes dont chacune est l'assemblage, me paraissent offrir au physiologiste la seule division réelle qu'il puisse établir entre les fonctions*
Abandonnons aux autres sciences les méthodes artificielles; suivons l'enchaînement des phénomènes, pour enchaîner les idées que nous nous en formons, et alors nous verrons la plupart des divisions physiologiques n'offrir que des bases incertaines à celui qui voudrait y élever l'édifice de la science.
Je ne rappellerai point ici ces divisions ; la meilleure manière d'en démontrer le vide, c'est, je crois, de prouver la solidité de celle que j'adopte. Parcourons donc en détail les grandes différences qui isolent l'animal vivant au dehors de l'animal existant au dedans, et se consumant dans une alternative d'assimilation et d'excrétion [C].