ARTICLE IV
DIFFÉRENCES GÉNÉRALES DANS LES DEUX VIES, PAR RAPPORT A LA DURÉE DE LEUR ACTION.
Je viens d'indiquer un des grands caractères qui distinguent les phénomènes de la vie animale d'avec ceux delà vie organique. Celui que je vais examiner n'est pas, je crois, d'une moindre importance; il consiste dans l'intermittence périodique des fonctions externes et la continuité non interrompue des fonctions internes.
§ I. Continuité d'action dans la TÎe organique.
La cause qui suspend la respiration et la circulation suspend et même anéantit la vie, pour peu qu'elle soit prolongée. Toutes les sécrétions s'opèrent sans interruption : et si quelques périodes de rémittence s'y observent, comme dans la bile, hors le temps de la digestion ; dans^ la salive, hors celui de la mastication, etc., ces périodes ne portent que sur l'intensité et non sur l'entier exercice de la fonction. L'exhalation et l'absorption se succèdent sans cesse ; jamais la nutrition ne reste inactive ; le double mouvement d'assimilation et de désassimilation dont elle résulte n'a de terme que celui de la vie.
Dans cet enchaînement continu des phénomènes organiques, chaque fonction est dans une dépendance immédiate de celles qui la précèdent. Centre de toutes, la circulation est toujours immédiatement liée à leur exercice ; si elle est troublée, les autres languissent ; elles cessent quand le sang est immobile : tels, dans leurs mouvements successifs, les nombreux rouages de l'horloge s'arrêtentils dès que le pendule qui les met tous enjeu est lui-même arrêté. Non-seulement l'action générale de la vie organique est liée à Faction particulière du cœur, mais encore