DE LA MORT DU COEIB
phénomèDes indiquent une stase du sang noir aux extrémités artérielles qu'il ne peut traverser, comaie ils dénotent le même effet dans les vaisseaux pulmonaires^ où l'engorgemeiit est bien plus manifeste, parce que, comme je l'ai dit, le système capillaire est concentré là dans un trèspetit espace, tandis qu'aux extrémités artérielles il est laN gement disséminé.
Tous les auteurs rapportent la couleur livide des asphyxiés au reflux du sang des veines vers les extrémités; cette cause est peu réelle. En effet, ce reflux, qui est trèssensible dans les troncs, va toujours en diminuant vers les ramifications, où les valvules le rendent nul et même presque impossible.
Voici d'ailleurs une expérience qui prouve manifestement que c'est à l'impulsion du sang noir, transmis par le ventricule aortique dans toutes les artères, qu'il faut attribuer cette coloration :
i^ Adaptez un tube à robinet à la trachée-artère mise à nu et coupée transversalement en haut; ^ ouvrez l'abdomen de manière à distinguer les intestins, Fépiploon, etc.; 30 fermez ensuite le robinet. Au bout de deux ou trois minutes, la teinte rougeâtre qui anime le fond blanc du péritoine, et que cette membrane emprunte des vaisseaux rampants au-dessous d'elle, se changera en un brun obscur, que vous ferez disparaître et reparaître à volonté en ouvrant le robinet et en le refermant.
On ne peut ici, comme si on faisait l'expérience sur d'autres parties, soupçonner un reflux se propageant du ventricule droit vers les extrémités veineuses, puisque les veines mésenlériques font, avec les autres branches de la veine porte, un système à part, indépendant du grand système à sang noir, et sans communication avec les cavités du cœur, qui correspond à ce système.
Je reviendrai ailleurs sur la coloration des parties par le sang noir; cette expérience suffit pour prouver qu'elle est un effet manifeste de l'impulsion artérielle, laquelle
PAR CELLE DU POUMON. 17i
s'exerce^ sur ce fluide étranger, aux artères dans Tétai ordinaire.
Il est facile» d'après tout ce que nous avons dit, d'expliquer comment le poumon est plus ou moins gorgé de sang, plus ou moins brun ; comment les taches livides répandues sur les différentes parties du corps sont plus ou moins marquées, suivant que Tasphyxie a été plus ou moins prolongée.
Il est évident que si, avant la mort, le sang hoir a fait dix ou douze fois le tour des deux systèmes, il engorgera bien davantage leurs extrémités que s*'û les a seulement parcourus deux ou trois fois, puisqu'à chacune il en reste, dans ces extrémités, une quantité plus ou moins grande par le défaut d'action des vaisseaux capillaires.
J'observe, en terminant cet article, que la rate est le seul organe de l'économie susceptible, comme le poumon, de prendre des volumes très-différents. A peine la trouve-ton deux fois dans le même état. Tantôt très-gorgée de sang, tantôt presque vide de ce fluide, elle se montre dans les divers sujets sous des formes très-variables.
On a faussement cru qu'il y avait un rapport entre la plénitude ou la vacuité de l'estomac et les inégalités de la rate. Les expériences m'ont appris le contraire, comme je Tai dit ailleurs : ces inégalités, étrangères à la vie, paraissent survenir seulement à l'instant de la mort.
Je crois qu'elles dépendent spécialement de l'état du foie, dont les vaisseaux capillaires sont l'aboutissant de tous les troncs de la veine porte, comme les capillaires du poumon sont celui du grand système veineux ; en sorte que quand les capillaires hépathiques sont affaiblis par une cause quelconque, nécessairement la rate doit s'engorger, et se remplir du sang qui ne peut traverser le foie. Il survient alors, si je puis m'exprimer ainsi, une asphyxie isolée dans l'appareil vasculaire abdominal.
Dans ce cas, le foie est à la rate ce que le poumon est aux cavités à sang noir dans l'asphyxie ordinaire : c'e^t