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« Julius Saturninus aux Phénésiens, habitant une des roércs-bourgades du Tracbon, salut : si quelqu’un , militaire ou même civil , étranger parmi vous, se conduisait avec violence, faites-le-moi savoir, vous obtiendrez justice ; car vous ne devez aucune fourniture aux étrangers ,
Octobre i8za. p. 616.
APPENDICE
et de plus , ayant un hôtel public , vous ne pouvez être forcés de les recevoir dans vos maisons. Exposez ma lettre dans un lieu bien évident de votre mère-bourgade , afin que personne n’en prétexte cause d’ignorance. »
Il est clair que cette inscription contient une lettre d'avis adresse'e par le stratège ou commandant de la province ; c’est pour se conformer à son ordre que les Phénésiens ont fait graver l’édit des deux côtés de la porte du temple; ils ne pouvaient trouver de lieu plus évident. C’est ainsi que les stratèges de la grande Oasis ont fait pour deux décrets du gouverneur d’Egypte , que j’ai expliqués dans le Journal des Savans.
Je hasarde le mot mère-bourgade , pour rendre pugTpoxwpua. C’était une espèce de chef-lieu de canton , de l’administration duquel ressortissaient plusieurs bourgades environnantes, aussi trouve-l-on : tà in ri ttiv pnjfpoxiupitav jfMpix ***• Il es* ü remarquer qne peTpoxupiia est ici une apposition du pluriel «taivnariatî : aux Phénésiens , mère - bourgade. Cette syllepse n’est pas sans exemple, ainsi : êv (ywpocv) oi ptiv Aova-iTavoàt «Iiy os ® , et surtout ce passage d’Héliodore : foi '/sep paje inwTscrov è xcùp n yivot , piov àti rèv knçiizv mirompervoc. ®
Sans ignorer que l’infinitif , en des phrases analogues , tient quelquefois la place du futur, je ne balance point k lire ixdtui- OiiataOi au lieu de txdixqGiQateOzt , qui ne serait pas tolérable, à cause de imziàx-jxit pot qui précède immédiatement. Il faut voir ici une faute du graveur, causée par la ressemblance de prononciation entre Al et E.
Au lieu de oûrr yàp avvitafopà» , on pourrait lire oûti y àp oJv i itryopsrv ; je préfère la première leçon ; la conjonction ouv ne ferait pas un bon sens à cet endrbit ; et je ne sais d'ailleurs si l’alliance des deux conjonctions y àp o'j-j peut appartenir au style de celte lettre d’avis. J'entends par erjvjijyopi les fournitures collectives auxquelles chaque habitant devait contribuer pour sa part , afin de subvenir à l'entretien des étrangers.
(li dp. DuCangc , in Lexic. mcd. Gr., p. 930.— ® Strab. III, p. zâ.ï , B. add. Iü , p. 128, A, x5ï , C. — Zosim. I, 18, 5; V, 26, 1. —
Æthiop. VI , p. 3'tO , init. Coray.
APPENDICE
Il résulte de celle phrase et de la suivante ( xai {ivùvz i/utt«{ x.r.à. ), que le £«vùv ou Çt-toSoyitov espèce de caravansérrii , était entretenu aux frais du gouvernement, en sorte que non seulement les habilans étaient dispensés de loger les étrangers, mais encore ils ne devaient aueune contribution pour leur entretien. Il est à remarquer que c’est là précisément ce que prescrit Julien l'Apostat dans une de ses lettres : Îîvoooycïz xx8’ txi^ax rriàrv mifitstv jrvxvà, îv' àîroXavwan» ot Çsvoi rüc rrap’ àuüv fi\xvOpuittxç I.a lettre de Julius Saturuinus , dont la date est inconnue , parait tellement en harmonie avec cet ordre de Julien , qu’on est assez disposé à croire quelle a suivi de près les dispositions prises par cet empereur, et qu’elle a pour objet d’annoncer aux babitans de Phœna la jouissance des avantages résultant de cette disposition.
ûexeoeAt tai oikuic, on peut lire SiysaOxi raïf oixiaiç ou nxp oixcat; : j’avais adopté la première leçon , parce que fiysxGxt est suivi ordinairement du datif, sans préposition ; aiusi çiyri di- ■ycaOxi dans un des deux décrets de l’Oasis ® : çcyn (sic /eg. pro çiyr, ) ûiroiidsyOraxi dans Hésycbius. Mais ou m’a fait observer que l’article n’est peut-être point correct en cet endroit.
(l) Julian, epist. XL1X , p. 43o, B , ed. Spanh. — * Journal des Savons,, novembre 1821, p. 672, lig. 25, 2Ü.
TABLE