HISTORIQUE. — GÉNÉRALITÉS
Nous ne nous arrêterons pas ici sur les premières phases de l’histoire des Lombriciens.
Linné les confondait avec tout ce qui était mou dans sa grande classe des Vers. Cuvier, les réunissant aux sangsues, en faisait l’ordre des Abranches de sa classe des Annélides; dans cet ordre, les Lombrics étaient néanmoins séparés des sangsues à cause de la présence de soies locomotrices sur leurs téguments. IIS formaient pour la première fois une /amille naturelle, celle des Annélides abranches sétigères.
Telle était encore, en 1830, la manière de voir de Cuvier relativement aux Lombriciens.
C'était un progrès sur Lamarck qui, tout en plaçant dans un ordre particulier les Sangsues et les Lombrics, unissait à ces derniers un certain nombre d'animaux appartenant à un tout autre groupe. Dans la classification de Lamarck, les Lombriciens vrais ne forment qu'un seul genre de la famille des Annélides apodes échiurées.
En 1820. dans son système des Annélides. Savigny réunit aussi dans un même ordre les Lombrices et les Échiures, qui sont maintenant des Géphyriens; mais il forme pour les Sangsues un ordre particulier. celui des Hirudinées. D'ailleurs, dans son ordre des Lombriciens. Savigny fait deux familles : une pour les Lombriciens vrais, l’autre pour les Échiures et les animaux analogues, qu'à l'exemple de Lamarck, il rapproche des Lombrics. Savigny est le premier qui ait indiqué quelques divisions dans le genre Lombric. II sépara, sous le
nom d’AHypogéons, des Lombrics qui avaient une rangée de soies dor-
sales, de même qu’il créa le genre Clitellio pour des vers qui se rapprochent de nos Naïs.
De Blainville, en 1828, donna dans le Dictionnaire des Sciences naturelles une classification des Vers dans laquelle les Lombrics, considérés comme famille distincte, concourent, avec la plupart des Annélides errantes, à former l’ordre des Entomozoaires Chétopodes homocriciens.
En 1838, M. Milne Edwards réunissait encore aux Lombriciens, pour former la famille des Annélides mésobranches terricoles, les Thalassémiens qui sont, comme nous l'avons dit plus haut, des Géphyriens, et les Clyméniens qui sont de véritables Annélides. Plus tard. en 4841, il adopte purement et simplement, en changeant un peu les
noms. le groupement de Savigny.
Ce n’est qu’en 1845, dans une publication de Johnston ‘, que les
Lombriciens apparaissent formant un ordre spécial. Grube a adopté cette manière de voir dans son ouvrage intitulé die Familien der Anneliden: il fait avec les Lombriciens l’ordre des Annélides oligochètes et divise cet ordre en deux familles : Lumbricina, Naïdea. Ce nom d’Annélides oligochètes a été adopté par Claparède dans les nombreux travaux qu'il a publiés sur ce sujet. Au contraire, d'Udekem a conservé le nom de Lombriciens, qu'avait créé Savigny et que nous n'avons aucune raison de rejeter.
Nous arrivons à l'opinion de l’auteur français qui s’est le plus occupé des Annélides, M. de Quatrefages.
M. de Quatrefages limite tout autrement que ses devanciers la classe des Annélides ; il réserve ce nom aux Vers dioiques, à corps composé d'anneaux portant des pieds en forme de mamelon el armés de soies eæsertiles et rétractiles.
Dans ce système, les Géphyriens, les Lombriciens et les Hirudi-