‹ Recherches pour servir à l'histoire des lombriciens terrestresChapitre 52 sur 90 · PI. 1v, fig · texte numérisé non relu

PI. 1v, fig

Aux trois individus, de l'Ile de France, de M. Desjardins. nous joignons un individu récolté à Manille par M. Barrot en 1852.

PERICHÆTA ASPERGHLEUME,. Edm. Perr.

L'animal dont nous allons nous occuper est le grand individu, sans désignation d'origine, dont il a été question à propos du Perichæta robusta et dont voici les dimensions :

Longueur, 370 millim.

Largeur moyenne, 10 millim.

Distance de l'extrémité céphalique au bord antérieur de la ceinture, 35 millim.

Longueur de la ceinture, 9 millim.

Nombre des soies comptées sur l’un des anneaux antérieurs à la ceinture, environ 60.

Le corps est un peu plus large en avant qu’en arrière de la ceinture. Celle-ci est située après le treizième anneau (douzième sétigère) ; elle est composée de trois anneaux et porte sur le milieu de la face ventrale de son premier anneau un petit orifice (orifice femelle ?).

Les orifices mâles sont situés de chaque côté de la face ventrale du dix-huitième anneau.

Ils sont constitués d’une manière tout à fait exceptionnelle jusqu'ici.

De chaque côté du dix-huitième anneau on voit deux fortes papilles saillantes, au centre de chacune desquelles je m'attendais à voir à la loupe un orifice; mais il n’en est rien. Le pourtour de ces papilles est criblé, en avant et en arrière, de petits orifices formant deux lignes irrégulières, lune en avant du cerele de soies, l’autre en arrière; ce cercle est interrompu par les papilles en question.

Sur la papille de gauche j'ai compté onze orifices, dont cinq sur

la ligne supérieure; sur la ligne inférieure, quatre de ces orifices for-

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maient une double ligne et ils étaient placés deux à deux l’un devant l’autre.

Sur la papille de droite, il y a en tout quatre orifices en bas, cinq en haut; de plus, chaque papille présentait en outre vers l'extérieur la trace d’un petit orifice entre les deux lignes en question, exactement sur le prolongement des orifices de soies.

Ayant reconnu cette singulière conformation des papilles mâles, j'ai cherché à voir comment se trouvaient constitués les orifices des poches copulatrices dont il m'avait semblé au premier abord que l’animal ne présentait que des traces sur les lignes de séparation des anneaux sept-huit et huit-neuf. Or voici ce que j'ai reconnu : de chaque côté, et sur leur bord postérieur, le septième et le huitième anneau portent une rangée de quatre petits orifices; juste en face de ces rangées se trouvent des rangées correspondantes de cinq orifices appartenant au bord antérieur des anneaux huit et neuf.

De plus, extérieurement et au fond de la ligne de séparation des anneaux qui portent ces orifices, se trouve encore un petit orifice.

La papille de gauche était évidemment monstrueuse; et c’est la papille de droite qu'il faut considérer comme le type de la disposition. Il résulte alors de notre description que les canaux déférents et les poches copulatrices paraissent s'ouvrir à l'extérieur chacun par dix orifices. Il semble donc que les orifices des poches copulatrices soient disposées en sens inverse de ceux des testicules, de sorte que l’accouplement ne pourrait avoir lieu que les animaux étant disposés tête bèche.

Il serait assez intéressant de voir ce fait déjà connu pour nos Lombrics, démontré ici par une disposition anatomique particulière.

Toutefois les séries d’orifices correspondant aux poches copulatrices présentent comme les mamelons mâles quelques irrégularités de nombre; mais le fait essentiel, celui de la conformation identique

des orifices mâles et de ceux des poches copulatrices, n'en parait pas

moins garder sa valeur démonstrative, au sujet des fonctions qu'ont à remplir ces dernières, — fonctions qui d’ailleurs ne sont plus discutées. Quant au rôle des petits orifices que je viens de décrire, l’anatomie de l'animal nous montrera ce qu'il faut en penser, et nous pourrons voir par là combien, en zoologie, il faut être prudent dans ses inductions, quelque séduisantes qu'elles paraissent.

Le premier pore dorsal est situé entre le dixième et le onzième anneau ; tous les autres intervalles annulaires en sont pourvus, y compris ceux qui limitent la ceinture. Je n'ai vu sur la ceinture que de faibles traces de ces pores ainsi que des ceintures de soies.

L'anatomie de l’animal est d’ailleurs exactement celle des autres Perichæta.

Le pharynx glandulaire est peu développé et l'æsophage se renfle en une sorte de poche avant de se réunir au gésier qui est situé en arrière de la cloison postérieure du huitième anneau. |

L'intestin présente deux cœcums en forme de cornes de bélier, bosselés et ridés, qui commencent au vingt-septième anneau et remontent jusqu’à la cloison postérieure du vingt et unième.

Dans le septième et le sixième anneau se trouvent les volumineuses touffes des glandes en tubes de l'œsophage que l’on voit bien nettement s’'aboucher à des diverticulums latéraux de celui-ci.

Le pharynx s'étend jusqu'au cinquième anneau.

A cause de la grande taille de léchantillon, Pappareil circulatoire apparait avec la plus grande netteté; il présente une teinte violacée.

Le vaisseau dorsal, qui se renfle un peu dans le dix-huitième anneau, conserve, à partir de là, un calibre plus grand jusqu’à son arrivée au gésier. I diminue assez brusquementalors de diamètre, mais demeure bien net jusqu'aux deux ou trois premiers anneaux; je n'ai pas poussé plus loin son étude.

Dans les anneaux dix, onze, douze et treize, il émet des anses

latérales volumineuses probablement contractiles. Les plus considé-

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rables sont, comme d'ordinaire, celles des anneaux douze et treize.

Dans les cinquième et sixième anneaux, des branches latérales presque aussi grosses que le tronc principal paraissent destinées au groupe des glandes en tube.

Les testicules formés de plusieurs lobes occupent les anneaux onze et douze.

La prostate présente ses caractères habituels; il en naît un tube d'aspect nacré qui, après être descendu en arrière, se recourbe sur lui-même en se renflant beaucoup et revient en avant s'enfoncer dans les téguments du dix-huitième anneau. Il n’y à là, comme on voit, rien qui diffère de ce qu'on rencontre d'habitude chez les autres Perichæta.

Mais tout autour du point d'insertion du tube pénien se voient de petites glandes, tout à fait analogues à celles que nous avons vu dépendre des papilles qui accompagnent si souvent les orifices mâles des autres Perichætla. Chacune de ces glandes s'ouvre à l'extérieur par l’un des orifices que nous avons mentionnés; ces orifices sont donc simplement les analogues des papilles que nous venons de rappeler.

Ainsi se trouve démontrée fausse l’idée qui ne peut manquer de naître, lorsqu'on observe seulement l'extérieur de lanimal, que les canaux déférents et les poches copulatrices s'ouvrent à l'extérieur par une sorte de trémie.

Quant à l'absence de l'orifice mâle proprement dit, il tient seulement à ce que l'appareil génital de l’individu qui nous occupe n'avait pas encore atteint son complet développement.

On trouve dans le treizième anneau des organes glandulaires ressemblant exactement à ceux du Pericheta robusta.

I n’y a que deux paires de poches copulatrices situées dans les huitième et neuvième anneaux. — Leur constitution ne diffère pas

non plus de celle de beaucoup d’autres Perichæta. Une grosse poche

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