C. — COMMISSURES
Lorsqu’on a ouvert latéralement la boîte cartilagineuse dans laquelle est contenu l’organe nerveux central, en détruisant la paroi interne de l’orbite, on peut apercevoir et étudier facilement les commissures, après avoir renversé de bas en haut le ganglion optique détaché du globe oculaire (6).
Pour unir les deux masses qui constituent le collier nerveux, il n’existe que deux commissures : l’une, antérieure, étroite et mince ; l’autre, postérieure, épaisse et large. Elles sont séparées
(1) Fig. 2, n° 3, cl fig. 47, n° 12.
(2) Fig. 47 , n° 13.
(3) Fig. 2, n° 1, et fig. 47, 11“ 14.
(4) Fig. 2 et fig. 47.
(5) Fig. 47.
SYSTÈME N EîYYEUX DES CÉPHALOPODES. 15
pai‘ un espace assez étendu qui donne passage à une artère (1).
La commissure postérieure descend en arrière du bord latéral inférieur du cervelet, du bord analogue de la bande postérieure du cerveau et d’une portion de la bande moyenne. Mince sur ses limites antérieure et postérieure, elle est beaucoup plus épaisse en son milieu, où elle est renforcée par les fibres descendantes du nerf optique qui se portent à la masse sous-œsophagienne. Cette commissure s’unit à la masse inférieure du collier, un peu en arrière de sa partie moyenne.
La commissure antérieure, plus mince et plus étroite, est représentée par une lame blanche de substance nerveuse formée défibrés parallèles. Sa direction est légèrement oblique d’arrière en avant. Elle est fournie par la bande antérieure et par une portion de la bande moyenne du cerveau, qui semblent se prolonger dans le sens transversal et s'atténuer suivant la largeur. Elle se perd dans la partie postérieure du ganglion en patte d’oie, en arrière de l’origine du nerf destiné au bras supérieur.
11 existe donc de chaque côté deux commissures : l’une, postérieure, qui unit le cervelet et les deux premières bandes du cerveau à la portion postérieure et à la portion moyenne de la masse sous-œsophagienne ; l’autre, antérieure, étroite et mince, servant de moyen d’union entre les deux bandes antérieures du cerveau et lé ganglion en patte d’oie.
Je ferai remarquer que la bande moyenne se divise pour fournir un faisceau à chacune des commissures; la même disposition s’observe chez les autres Céphalopodes étudiés dans ce travail.
Nerfs auxquels le collier nerveux donne naissance.
Nous avons vu qu’un certain nombre de. paires nerveuses tirent leur origine des deux masses qui constituent le collier œsophagien; suivant l’ordre déjà adopté, je' décrirai d’abord les nerfs fournis d’arrière en avant par la masse supérieure, c’est-à-dire :
(1) Fig. Ul, a.
JULES COÉRON.
Le nerf optique (1).
Le nerf olfactif (2).
Les trois nerfs ophthalmiques supérieurs (3).
Les nerfs des lèvres (4).
Le nerf buccal (5).
Ensuite ceux qui naissent de la masse sous-tesophagienne :
Le nerf viscéral (6).
Le nerf postérieur de l’entonnoir (7 ) .
Le nerf palléal et son accessoire (8).
L’ophthalmique postérieur et supérieur (9).
Le nerf de la grande veine (10).
Le nerf auditif (11).
Le nerf antérieur de l'entonnoir (12).
T. es ophthalmiques inférieurs (13).
Les nerfs antérieurs de la tète, supérieur et inférieurs (14). Les nerfs des bras (15).
Les interbrachiaux (16).
NERFS FOURNIS PAR LA MASSE SUS-OESOPHAGIENNE
Nerf optique.
Au niveau du sillon grisâtre qui sépare le cervelet de la première bande transversale, immédiatement au-dessus de la com-
(1) Fig-. 1, n° 2, etfig. 47, n° 5.
(2) Fig. 1, n° 7.
(3) Fig. 1, n° 4, et fîg. 47, n° 6.
(4) Fig. 1 , n° 9.
(5) Fig. 1, ii° 8.
(6) Fig. 2, nos 9 et 16, etfig. 47, n° 9,
(7) Fig. 2, n09 7 et 8.
(8) Fig. 2, n09 5 et 6, et fig. 47, n° 8.
(9) Fig. 47, n° 7.
(10) Fig. 2, u° 22, etfig. 47, i,® 11.
(11) Fig. 2, n° 3, etfig. 47, n® 12.
(12) Fig. 2, n° 4, etfig. 47, n° 10.
(13) Fig. 47, n» 13.
(14) Fig. 47.
(15) Fig. 47, n° 14.
(16) Fig. 47.
missure postérieure et en son milieu, sort le nerf optique volumineux et court (1). Il se porte de dedans en dehors, enveloppé de la membrane qui recouvre le cerveau.
La section de ce nerf faite en ce point est elliptique.
Il traverse un trou percé dans le cartilage, qui le fait pénétrer dans l’orbite, où il se renfle aussitôt en un volumineux ganglion, le ganglion optique.
Ganglion optique. — Deux fois plus large qu épais, il estd une forme à peu près carrée (2) . Du côté du cerveau il est mamelonné en avant et en arrière.
Nous trouvons sur le ganglion optique, un peu en arrière du point où le nerf le pénètre, un petit ganglion hémisphérique (3). Plusieurs fois j’ai pu suivre le nerf olfactif jusque dans 1 intérieur de cet organe.
Suivant son bord externe, le ganglion optique fournit un grand nombre de filets nerveux qui pénètrent dans l’oeil sur deux rangées parallèles, représentant deux moitiés de cercle du globe oculaire disposées horizontalement.
Nerf olfactif.
De la base du petit ganglion placé sur le trajet du nerf optique, un peu en arrière de son axe , entre les deux mamelons que présente le ganglion de ce nerf, nous voyons naître le nerf olfactif (A).
Il est extrêmement ténu ; aussi est-il souvent difficile de l’apercevoir, si l’on n’a préalablement modifié son aspect par l’emploi d’un réactif tel que l’acide chromique, par exemple. Son diamètre est à peine d’un dixième de millimètre. Il longe la paroi interne de l’orbite, contre laquelle il est maintenu par une membrane fine et transparente. Il traverse ensuite le cartilage en arrière et en dedans. Après avoir rampé sur les masses rnuscu-
(1) Fig. 1, n° 2, etfig. 47, n° 5.
(2) Fig. i, n° 3.
(3) Fig. 1, n° 6.
(4) Fig. 1, n° 7.
18 JliLES ClIÉROW
laires de la tête, séparé de la peau par une membrane très-mince, il se charge de substance ganglionnaire à son extrémité (1). Les fibres qui en partent se divisent en un grand nombre de filets extrêmement fins (5), qui embrassent une poche membraneuse ouverte à l’extérieur, et qui a la forme d’une outre.
Cette poche est formée par la peau très-amincie et se trouve placée à l’angle que fait le manteau en se continuant avec la tète.
Nerfs ophthalmiques supérieurs.
Il existe chez l’Élédone trois petits nerfs qui naissent au-dessus et en avant du nerf optique, des bandes postérieure et moyenne du cerveau (3).
Le plus antérieur (h) se porte aux membranes de l’œil, audessus de l’organe d’aspect glandulaire qui entoure le ganglion optique. On peut suivre ses rameaux jusqu’à la paupière supérieure.
Les deux autres traversent aussi le cartilage et se perdent dans les muscles du globe oculaire ; il est fort difficile de les suivre.
Nerf des lèvres.
De chaque côté de la ligne médiane naissent du bord libre de la troisième bande les quatre petits nerfs destinés aux lèvres (5). En dehors et un peu au-dessous, un nerf d’un volume plus considérable se rend à la masse buccale, nerf buccal (6).
Le plus externe de ces filets nerveux destinés aux lèvres se porte en dehors et en bas en croisant le nerf buccal, au-dessus duquel il passe. 11 rampe, ainsi que les autres, sur la membrane transparente du sinus veineux, dans lequel se trouve contenue la masse du bec ; puis il se porte à la lèvre externe, en se divisant en trois
(1) Fig. f>, no 2.
(3) Fig. 47, no 6.
(4) Fig. \, n° 4.
(5) Fig. 1, n° 9
(6) Fig. 1, n° 8.
filets : un supérieur, un inférieur et un moyen ; ce dernier peut être considéré comme la branche terminale de ce nerf.
Les deux filets nerveux qui sont les plus rapprochés de la ligne médiane sont très-fins. Ils cheminent sur la membrane du sinus veineux, et se divisent bientôt en deux rameaux. Chacun de ceux-ci se subdivise, et ainsi de suite, de façon à former avec les ramuscules des autres filets un véritable plexus destiné à la lèvre postérieure.
Le troisième nerf, en partant de la ligne médiane, est un peu plus volumineux, et se comporte de la même manière que ceux dont je viens de parler.
Nerf buccal.
Le nerf buccal (1) naît de l’angle antéro-externe de la bande antérieure ou troisième bande du cerveau.
Plus volumineux que les nerfs des lèvres, il se divise en arrivant cà la partie postérieure de la masse du bec, en trois rameaux ; un inférieur, un supérieur ou récurrent, un moyen. 11 se porte à la face interne du sinus, et abandonne la membrane transparente aussitôt après avoir pénétré dans son intérieur.
Des trois rameaux, l’un se distribue à la face externe du bec, c’est le rameau moyen. Le rameau inférieur (2) se porte en bas et en dedans, pour se perdre dans les masses musculaires de la bouche, où il se divise en plusieurs filets. Le plus interne de ces derniers se dirige vers son congénère, au-dessous de l’orifice par lequel le conduit excréteur commun des glandes salivaires postérieures pénètre dans la bouche.
La troisième branche fournie par le nerf buccal, rameau supérieur ou récurrent, se perd dans le ganglion sous-œsophagien (3), dans lequel il pénètre obliquement de dehors en dedans, en contact avec l’artère buccale (h). Cette artère naît de l’aorte
(1) Fig-. 1, n° 8, et fig. 3, n° 1.
Fig. 3, n» 2.
(3) Fig. 3, n» 3
(4) Fig. 3, e.
20 JtLKN ('HÉRON.
au niveau de l'orifice postérieur du canal œsophagien, et donne trois rameaux qui se distribuent à la face externe et supérieure de la masse buccale, après avoir traversé le névrilème du ganglion et passé au-dessous de cette branche récurrente du nerf buccal. De ces trois rameaux artériels, deux seulement sont visibles sur le dessin . Les trois branches fournies parle nerf buccal ne se séparent point au même niveau. La branche récurrente naît la première, la moyenne semble continuer la direction première du nerf, et l’inférieure prend son origine un peu en avant de la branche supérieure. En somme, elles naissent si rapprochées les unes des autres, que Fou peut les considérer comme le résultat d’une véritable trifurcation.
NERFS FOURNIS PAR LA MASSE SOUS-OESOPHAGIENNE
Grand nerf viscéral.
Le grand nerf viscéral (1) naît de la portion postérieure oblique de la masse sous-œsophagienne, de chaque côté de la ligne médiane, en son point le plus abaissé. Il traverse la membrane fibreuse qui postérieurement ferme la boîte crânienne, et pénètre entre le péritoine et l’enveloppe musculaire du corps, longeant le tronc commun des veines de la tête, qu’il suit, ainsi que le rectum (2) et le conduit de la poche du noir (d), jusqu’au niveau des cavités urinaires.
Il décrit, à partir de ce point, une courbe à concavité antérieure qui le ramène sur le côté, en le faisant passer entre le conduit excréteur de la glande sexuelle (â), qui est au-dessous, et celui des cavités urinaires, qui est placé au-dessus (5). Il arrive ainsi dans le ligament charnu qui soutient la branchie (fi), et le parcourt dans toute sa longueur, en se réfléchissant en avant et en dehors.
(1) Fig. 2, dos 9 et 16.
(2) Fig. 2, g.
(3) Fig. 2, k.
(4) Fig» 2, m.
(5) Fig. 2, r.
(6) Fig. 2, l.
Dans son trajet, il donne de nombreuses branches et porte plusieurs ganglions.
D’abord, au niveau de l’anus il fournit une grosse branche (1) qui, née en dedans, se recourbe aussitôt en dehors, passe entre le tronc principal et le péritoine, et distribue ses nombreux filets dans toute l’enveloppe musculaire du corps et dans la partie postérieure du filet de l’entonnoir (2) . A droite, cette branche fournit un rameau très-grêle destiné à la portion courbe du rectum (3). A gauche, elle donne un ramuscule très-fm destiné à la partie antérieure du même organe.
Dans la portion de son trajet où il côtoie le rectum, le nerf viscéral fournit à cet organe quelques filets (4) ; il en donne aussi quelques-uns aux muscles de la cloison et à la poche du noir (5).
Immédiatement en arrière de la cloison, le nerf de droite et celui de gauche communiquent par un filet anastomotique d’une finesse extrême, absolument transversal (6), qui passe entre le rectum et la poche du noir, situés au-dessous, et le foie, placé au-dessus. Ce filet est très-difficile à bien voir.
Au point où le nerf se porte plus en dehors, il donne aussi deux filaments très-longs et très-ténus. Le premier peut être suivi sur l’enveloppe des cavités urinaires ; le second, plus externe et beaucoup plus long, se bifurque sur les mêmes cavités, et sa branche externe peut être suivie jusque sur l’enveloppe de la glande sexuelle.
Derrière le conduit excréteur des glandes sexuelles, on voit accolé sur la partie postérieure du nerf un petit ganglion, ganglion fusiforme (7), duquel partent quatre ou cinq rameaux. On peut poursuivre l’un d’eux sur le tube excréteur de la glande sexuelle, oviducte ou conduit spermatique ; d’autres pénètrent
(1) Fig. 2, n° 10.
(2) Fig. 2, n° 9.
(3) Fig. 2, n° 18.
(4) Fig. 2, n° 20.
(5) Fig. 2, n° 19.
(6) Fig. 2,.n° 21.
(7) Fig. 2, n° 12, et fig. 5.
2*2 JULES C1IÉRON.
dans les cavités urinaires ou se distribuent sur le vaisseau branchio-cardiaque. Parmi ces derniers, quelques filets se dirigent du côté de la branchie, tandis que d’autres suivent le vaisseau jusqu’au cœur aortique, dans les parois musculaires duquel j’en ai suivi plusieurs.
A une petite distance, en dehors du ganglion fusiforme et en contact immédiat avec la poche désignée par Cuvier sous le nom de cœur branchial , on trouve un ganglion un peu plus volumineux que le précédent et beaucoup moins adhérent au corps du nerf ; je le désignerai sous le nom de ganglion du cœur branchial (1). Ce ganglion a une forme assez régulièrement lenticulaire. Il donne sur la moitié postérieure de son bord libre un grand nombre de filets, la plupart destinés au cœur branchial ; quelques-uns suivent le vaisseau qui en part, en se dirigeant vers la branchie. Un rameau le contourne en dedans, et pénètre profondément dans la glande sexuelle (2).
Parvenu dans le ligament charnu de la branchie, le nerf viscéral se renfle en un petit ganglion (3) au niveau de chaque feuillet branchial ; il s’en trouve donc de dix à douze, suivant les individus. Chacun de ces ganglions est couché un peu obliquement sur le nerf, dans le sens du rameau artériel de chaque feuillet. Ils ont une forme ovalaire, et leur extrémité libre ou externe fournit un pinceau de filaments grêles destiné à chaque feuillet branchial.
Nerf postérieur de l’entonnoir.
Il naît de laportion postérieurede la masse sous-œsophagienne, immédiatement en dehors du grand nerf viscéral (û). Il se dirige en arrière et en has, entre la tunique musculeuse qui enveloppe le foie et la paroi supérieure de l’entonnoir. Il traverse cette der-
(1) Fig. 2, n° 13, ctfig. 7.
(2) Fig. 2, n° 14.
(3) Fig. 2, n° 15, et fig. 11 .
(4) Fig. 2, nos 7 et 8.
nière après un court trajet, et rampe alors au-dessous de la membrane interne de cet organe.
Ce nerf se divise en trois groupes de rameaux : l’antérieur, plus grêle, et le moyen, à filets divergents qui se rendent à la base du tube ; le postérieur, qui se distribue au pilier musculaire de f entonnoir.
■Nerf palléal, ou nerf du ganglion stellatum.
11 prend naissance, comme j’ai eu occasion de le dire déjà, de la masse sous-œsophagienne, au point où la face postérieure s’unit à la supérieure en dehors (J ).
Il traverse avec son accessoire la membrane fibreuse qui ferme en arrière la cavité crânienne.
Dirigé en arrière et en dehors, il s’adosse au péritoine, au contact duquel il chemine jusqu’au niveau delà glande salivaire (&) postérieure du même côté. Il passe alors sur le pilier musculaire de l’entonnoir, et traverse obliquement de dedans en dehors et d’avant en arrière le pilier de la tête (3), pour se terminer dansle ganglion étoilé, immédiatement en dehors du pilier qu’il vient de traverser, au-dessous de la membrane transparente qui revêt intérieurement le manteau.
Ganglion étoilé. — La masse nerveuse, que Cuvier a désignée sous le nom de ganglion étoilé , a une forme obscurément triangulaire, un peu plus longue que large.
Ce ganglion reçoit en haut et en dedans le nerf palléal, qui, dans l’Élédone aussi bien que dans le Poulpe, lui est entièrement destiné. Il donne en dehors une douzaine de branches qui pénètrent dans les couches musculaires du manteau, où elles se ramifient de manière à former un véritable plexus.
En arrière, deux branches plus longues et d’un volume plus considérable que les précédentes sont, destinées à la partie postérieure de la bourse.
(1) Fig. à 7, n° 8, et fig. 2, n° 6.
(2) Fig. 2, p.
(3) Fig. 2, y.
De la face adhérente du ganglion partent aussi des rameaux nerveux qui se distribuent à l’organe sur lequel il est placé.
Le bord interne du ganglion étoilé ne fournit jamais aucun nerf.
Sa face libre est lisse, immédiatement en rapport avec la membrane transparente qui recouvre la face interne du manteau.
Nerf accessoire du palléal.
Il sort de la cavité crânienne par l’ouverture de la membrane fibreuse qui donne passage au nerf palléal. Son origine semble se confondre avec celle de ce nerf.
Il se porte (1) transversalement vers la région dorsale, dans les masses musculaires de laquelle il se termine, en fournissant des filets à la partie supérieure du pilier de la tête et à la calotte du côté correspondant (2).
Nerf ophlbalmique postérieur et supérieur.
On trouve un autre petit nerf sur la masse sous-œsophagienne, un peu en avant et au-dessus de l’accessoire du palléal (3).
Il se porte en dehors, traverse le cartilage, pénètre dans l’orbite au-dessus de la masse d’aspect glandulaire qui enveloppe le ganglion optique. Arrivé à la partie postérieure et supérieure du globe oculaire (â), il se renfle en un petit ganglion qui émet quelques rameaux. J’ai pu suivre les plus superficiels jusqu a la paupière.
Nerf de la grande veine.
De la face inférieure de la masse sous -œsophagienne, en avant
(1) Fig. 2,n° 5.-
(2) Fig. 2, f.
(3) Fig. kl, n° 7.
(k) Fig. 1, n® 5.
du grand nerf viscéral, naissent les nerfs de la grande veine, quelquefois au nombre de deux de chaque côté (1).
Ils sont très-grêles et se portent d’abord d’arrière en avant, parallèlement à la face inférieure de la masse sous-œsophagienne. Ils s’engagent ensuite dans l’épaisseur du cartilage entre les deux cavités auditives, en se réfléchissant de haut en bas, en arrière des nerfs antérieurs de l’entonnoir auxquels ils semblent accolés.
Ils se réfléchissent de nouveau d’avant en arrière à la sortie du cartilage, se divisant en un grand nombre de filets qui se distribuent aux parois de la grande veine.
Nerf auditif.
Sur les limites latérales de la face inférieure de la masse sousœsophagienne du collier, apparaissent les nerfs auditifs en dehors et un peu en arrière des nerfs antérieurs de l’entonnoir (2).
Chacun d’eux se dirige aussitôt en bas et en arrière et pénètre dans la cavité auditive correspondante, divisé en deux branches qui forment un cercle complet autour de la poche membraneuse, partie principale de l’organe, sur laquelle s’étalent de nombreux rameaux.
Nerf antérieur de l’ entonnoir.
Ce nerf prend naissance à la face inférieure de la masse sousœsophagienne, à distance sensiblement égale de ses deux extrémités (3).
Il .est séparé de son congénère par les deux branches de l'aorte citées plus haut. Dès son origine, il s’engage dans un canal creusé verticalement dans le cartilage, en dedans et en avant des cavités auditives, et fournit une branche grêle qui se porte en avant et en bas. Elle traverse le cartilage dans un canal long et étroit, et
(1) Fig. 2, n° 22, et fig. 17, n° 11
(2) Fig. 2, n° 3, et fig. 17, n° 12.
(3) Fig. 17, n° 10, et fig. 2, n° 1. 1. CHÉRON.
se distribue auxanuscles qui unissent l’entonnoir à la tête sur la ligne médiane.
Au point où le nerf principal sort du conduit cartilagineux, il fournit une deuxième branche en avant. Celle-ci se porte aussitôt en arrière avec une troisième branche qui s’est détachée du nerf plus bas et postérieurement . Elles se divisent l’une et l’autre en un grand nombre de filets qui s’anastomosent entre eux et se distribuent à la partie moyenne de l’entonnoir et à la face externe et supérieure de la calotte. Les dernières ramifications arrivent jusqu’à la face ventrale de l’entonnoir, sur la ligne médiane, de façon que cet organe est entouré d’un véritable plexus nerveux.
Le nerf principal, après avoir fourni ces trois branches, se réfléchit en avant, et parvenu à peu près à l’union du tiers antérieur de l’entonnoir avec les deux tiers postérieurs, il se bifurque. La bifurcation inférieure se renfle en un ganglion d’un volume assez considérable qui a la forme d’un grain d’orge. Ce ganglion porte à son extrémité antérieure un petit mamelon pédiculé, duquel partent de nombreux filets très-fins.
La bifurcation supérieure se divise en deux branches qui continuent leur trajet vers l’extrémité libre de l’entonnoir, fournissant dans tous les sens un grand nombre de rameaux et de ramuscules, qui contribuent à former le plexus nerveux dont j’ai parlé plus haut.
Nerfs pphthalmiques inférieurs.
Je désigue ainsi les paires nerveuses (4) qui prennent naissance sur la face latérale de la masse sous- œsophagienne du collier, au-dessus et un peu en avant des nerfs antérieurs de l’entonnoir. Ils pénètrent obliquement dans l’orbite, en traversant le cartilage au-dessous du nerf optique.
L’antérieur ne porte point de ganglion et envoie des rameaux jusqu’à la paupière. Le moyen porte un ganglion, et sa distribution est la même que celle du nerf supérieur, qui est muni d’un
(1) Fig. 47, n° 13.
renflement ganglionnaire analogue. Le nerf postérieur se distribue aux muscles qui meuvent le globe oculaire.
Nerfs des bras.
A leur naissance, les nerfs qui sont fournis par le ganglion en patte d’oie, portion antérieure de la masse sous-œsophagienne du collier (1), se portent d’arrière en avant et un peu en dehors vers la base des bras, appliqués sur la face interne de la grande cavité musculaire qui contient le bec, maintenus sur cette paroi par une membrane fibreuse autre que celle sur laquelle rampent les nerfs labiaux. On les voit par transparence à travers cette membrane .
A la base des bras, ils sont reliés par un 'même cordon nerveux qui décrit par conséquent une circonférence.- Ce cordon se dédouble au niveau de chaque nerf : une portion s’unit à angle droit avec le nerf, l’autre passe en dedans de celui-ci et va rejoindre l’autre faisceau du cordon pour s’en séparer de nouveau. Cette disposition a été vue et figurée par Cuvier dans son mémoire sur le Poulpe.
On n’observe, au niveau de ces dédoublements et de ces anastomoses, rien qui puisse porter le nom de ganglion, car le microscope ne m’a pas permis d’y voir aucun corpuscule ganglionnaire.
Chacun des nerfs pénètre dans le canal creusé dans l’axe de chaque bras, accompagné d’une artère.
L’Élédone ne porte sur ses bras qu’une seule rangée de ventouses. Au niveau de chacune d’elles, sur le côté interne du nerf, est appliqué un renflement ganglionnaire (2) ayant la forme d’un segment d’ellipsoïde adhérent au nerf par sa base. De ces ganglions partent de nombreux filets très-fins qui pénètrent dans les muscles du bras et se distribuent aussi aux ventouses.
Les nerfs des bras sont entourés, surtout au niveau des renflements ganglionnaires, d’un tissu lâche, réticulé, dont il est difficile de déterminer la nature. Je m’eu occuperai en étudiant les éléments anatomiques du système nerveux.
(1) Fig-. 47, n° 41.
(2) Fig. 2, n° 2.
JULES CIIÉKON.
Nerfs .antérieurs de la tête et nerfs interbrachiaux.
A la face externe du nerf du bras supérieur, à son origine, nous trouvons un rameau nerveux d’un volume assez considérable, qui se porte en haut, en avant et en dedans, dans les parties charnues de la tète (1).
Entre le nerf du bras inférieur et celui qui est immédiatement au-dessus, se trouvent quatre filets nerveux sur deux lignes parallèles, l’une supérieure, l’autre inférieure ; ils se dirigent en avant et en bas, et se distribuent aussi aux masses musculaires formées par la réunion des bases des bras.
Il en est de même de deux rameaux qui accompagnent le plus souvent le nerf du deuxième bras et celui du troisième. Ce sont les nerfs que j’ai désignés sous le nom d’interbrachiaux.
lit
(Système nerveux de la vie organique (stomato-gastrique).
On sait que, outre le système delà vie animale, il existe chez la plupart des Invertébrés, des ganglions et des nerfs destinés aux organes nutritifs, à l’appareil digestif en particulier. C’est le stomato-gastrique, étudié par Brandt dans les Céphalopodes, chez lesquels il est très-apparent.
Je démontrerai qu’il offre la plus grande analogie chez les animaux de cette classe qui font l’objet de cette étude, et que les différences signalées par Brandt ne proviennent que d’une interprétation erronée des parties du cerveau.
Chez l’Élédone, il est constitué par deux ganglions que réunissent des nerfs très-longs, qui fournissent eux-mêmes de nombreux filets. Ce sont: le ganglion sous-pharyngien, adhérent à la masse d u bec, et le gan glion stomacal , placé entre le gésier, l’estomac spiral et le rectum, du côté inférieur de l’appareil digestif. Ces deux centres sont réunis par des filets qui suivent la surface de l’œsophage dans toute sa longueur.
(1) Fig. a 7.
Le ganglion sous-pharyngien est adhérent à la surface de la masse du bec, dans l’angle aigu que forme l’oesophage avec celleci, entre les deux glandes salivaires antérieures qui le recouvrent sur les côtés, de sorte qu’on ne le voit bien qu’après avoir écarté ces glandes. Il est parfaitement symétrique; il me suffira donc de le décrire d’un côté tel qu’il se présente dans le dessin (1).
J’ai déjà dit que le nerf buccal se divise en trois branches, dont une revient en arrière se perdre dans le ganglion ; c’est là le seul point par lequel il soit en communication avec le système nerveux central.
Y u par côté, il a une forme assez irrégulièrement triangulaire. Son angle inféro-antérieur reçoit la branche du nerf buccal; par sa face antérieure et son angle supérieur il donne quatre nerfs, qui sont, en allant de bas en haut : 1° un filet grêle qui pénètre dans la masse musculaire du bec au-dessous de la crosse que fait l’artère ; 2° une branche plus volumineuse, qui se rend à la glande salivaire dans laquelle elle se perd ; 3° un petit rameau qui pénètre dans la masse du bec au-dessous de l’œsophage, et
un filet assez gros qui s’accole à l’œsophage, et pénètre avec lui dans la masse buccale. Par son angle postérieur le ganglion fournit deux nerfs destinés à l’œsophage, dans les parois duquel le premier ne tarde pas à se perdre. Le nerf postérieur (2) suit l’œsophage dans toute sa longueur. Arrivé au niveau du jabot, le nerf de droite s’accole à celui de gauche, à la face ventrale du tube digestif sur lequel on suit jusqu’à l’estomac un filet trèsvisible. Ces deux nerfs donnent des rameaux très-grêles dans tout leur parcours, et surtout au^niveau du jabot.
Le ganglion stomacal (3) est adhérent, comme je l’ai dit déjà, à cette portion du tube digestif dans laquelle s’ouvrent l’estomac spiral et les conduits biliaires, et où commence le rectum. Sa forme etpresque son volume sont ceux d’un grain d’orge. Il reçoit en avant le filet nerveux qui vient du ganglion sous-
(1) Fig. 3.
(2) Fig. 3, n° 4.
(3; Fig. 4.
JULES C1BÉKON.
pharyngien (1), et donne par le môme point des rameaux nombreux (2) destinés au gésier ; ceux-ci remontent dans l'espèce de gouttière que forme la portion musculaire de cet organe, le contournent et se perdent dans son épaisseur. La partie postérieure du ganglion, un peu plus large que l’antérieure , fournit deux groupes de filets : le premier, destiné à l’estomac spiral (3), arrive sur la petite courbure de ce diverticulum, auquel il se distribue ; le second fournit des filaments qui suivent le rectum, mais que je n’ai pu distinguer que sur une petite étendue, et d’autres qui s’accolent aux conduits hépatiques (4) et pénètrent danslefoie, où je les ai perdus.