NUMÉROS
'des MOUTONS.
Le
i9 noT.
49déc.
POl
Le
ISjanv.
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Le 19 févr.
Le 19 mars.
U 16 avril.
OIFFÉRSMCB.
Augmentation du poids vWanL
Ensemble.
Rendement»
Numéros des moutons.
En viande.
En suif.
Bn laine.
ET l'engraissement t)U BÉTAIL. 123
En cherchant à établir d'après les chiffres obtenus la quantité d'aliments nécessaire pour produire un accroissement de 1 kilogramme de poids vivant, on trouve qu'il faut :
64,00 de betteraves crues.
98,07 de pulpes.
74 ,00 de betteraves consommées après cuisson.
75,00 de palp^s^ avec ration de grain.
Ces résultats conOrment ceux de la première expérience : pour obtenir un même accroissement de poids, il faut, en chiffres ronds, 100 kilogrammes de pulpes et 65 kilogrammes de betteraves, en prenant toujours la moyenne entre les betteraves crues et les betteraves consommées après cuisson. On doit remarquer ici que la ration de grain donnée au lot n° & a remplacé 25 kilo* grammes de pulpes, puisque pour obtenir 1 kilogramme de poids vivant, il n'a plus fallu que 75 kilogrammes de ce même aliment.
Au point de vue économique, nous pouvons déjà constater que c'est là un assez médiocre résultat.
La proportion du prix à établir reste toujours la même : la pulpe aura les 2/3 de la valeur de la betterave. Nous croyons être dans le vrai en attribuant un prix de 8 francs à la pulpe de distillerie, quand on assigne à la betterave le prix de 12 francs par 1000 kilogrammes.
Pour établir la balance entre les dépenses de la consommation et la valeur des fumiers produits, j'ai admis dans cette seconde expérience les données analytiques obtenues dans la première.
124 EXPÉRIENCES SUa L ALIMENTATION
Dans le compte d^engraisscraent qui suit, j'adopte un prix moyen de 3 centimes par jour et par mouton comme valeur des fumiers ; soit 15 centimes pour les cinq moutons composant chacun des lots.
Pour gagner 65*^,25, les moutons du lot n"" 1 ont consommé :
fr. c.
Betteraves crues, 4002 kil. à 42 fr. les 4 000 kil. . 48,00 Menue paille, 312 kil. à 5 f r 45,60
63,60 A déduire ;
Fumier des cinq moutons pendant 456 jours, à 4 5 cent, par jour 23,40
Total de la dépense. . . 40,20
Le prix de revient du kilogramme de poids vivant est de 0^6^•
Pour gagner 58^,75, les moutons du lot n' 2 ont
consommé :
fr. c.
5797 kil. de pulpes à 8 francs les 4000 kil. . . . 46,40 342 kil. de paille 45,60
A déduire :
Fumier des cinq moutons, à 45 cent, par jour, en moyenne pendant 1 56 jours , . . 23,40
I^ prix de revient de 1 kilogramme de poids vivant est de 0^\65.
Pour gagner 59 kilogrammes, les moutons du lot n'S ont consommé :
ET l'engraissement DU BÉTAIL. 125
5070 kil. de betteraves après cuisson, représentant
4226 kil de betteraves naturelles, à 42 fr. les fr. c.
4000 kil 50,71
34 2 kil. de paille, pour . 45,60
66,31 A dédaire :
Fumier des cinq moutons pendant 4 56 jours , à 4 5 cent, par jour 23,40
Total de la dépense. . 43,91
Le prix de revient de 1 kilogramme de poids vivant est de 0^73.
Pour gagner 61*^,5, les moutons du lot n' h ont consommé :
fr. c.
4588 kiL de pulpes à 8 francs les 1 000 kilogr., soit. 36,74
4 22 kli. d^orge à 48 fr. les 4 00 kil 22,00
4 38^5 d*avoineà48fr. les 4 00 kil 25,00
342 kil. de paille, pour 4 5,60
34 kil. de son à 46 fr. 5,44
404,73 A déduire :
Fumier des cinq moutons pendant 4 56 jours, à
4 5 cent, par jour \ 23,40
Total de la dépense. . 8 1 ,35
Le prix de revient de 1 kilogramme de poids vivant est de i fr. 32.
L'expérience dont je viens de rendre compte offre des résultats pratiques d'une nature importante qu'il convient de signaler. Un régime exclusivement composé, soit de betteraves, soit de pulpes avec de la paille, a pu amener les moutons à un état complet d'engraissement.
1 26 EXPÉBIENCES SUR L^LIUENTATION
Ijd lot n' 1, qui n'a mangé que de la betterave crue, sans un seul grain^ a même donné le plus grand poids vivant. I^e rendement, à la mort, ne laissait rien à désirer, et j'ai pu constater par moi-même que la viande était excellente et de première qualité.
Une forte ration de grain ajoutée au régime de la pulpe n'a pas sensiblement augmenté le produit en poids vivant.
Le lot n« 2 a donné 58,75
Le lot n" 4 a donné 61,50
Pour obtenir en faveur du lot n° k une différence qui n'atteint pas 3 kilogrammes de viande, on a dépensé 300 kilogrammes de grains ayant une valeur de 52 fr.
Un pareil résultat n'a pas besoin de commentaires : je me suis empressé de mettre à profit une si utile indication, et depuis cette époque, j'ai modifié avec un grand avantage ralimentation de mes 400 bêtes.
J'ai réservé pour la fin de l'engraissement l'emploi des tourteaux ou des grains : une nourriture un peu simulante^ dans cette dernière période de l'alimentation, produit un effet utile en augmentant très notablement la force d'assimilation ; sous cette influence, le bétail gagne en finesse et en qualité. C'est là un fait dont il faut tenir compte dans la pratique, et, tout en recherchant les conditions les plus économiques pour la production de là viande, on ne doit pas oublier que l'augmentation de poids ne constitue pas seule la.va« leur qui sera attribuée à la bête de boucherie. Par un engraissement convenable, le kilogramme de viande
BT l'eNGBAISSËMENT DU BÉTAIL. 127
acquiert une plus-value considérable qui devient le principal profit de l'opération. On sait que la viande maigre, payée sur pied 1 franc par kilogramme, atteint souvent le prix de 2 francs après un bon engraisseraent.
J'ai vu des cultivateurs sérieux continuer à nourrir chèrement des animaux déjà gras, en disant que la qualité exceptionnelle des produits obtenus leur permet de réaliser des prix de vente leur remboursant généreusement les sacrifices exceptionnels qu'ils se sont imposés.
J'avoue que j'ai quelque peine à considérer ce système comme véritablement avantageux, et je dois dire que je ne l'ai pas encore pratiqué. Lesanimaux si remarquables que présente chaque année le concours de Poissy donneraient, je pense, peu de bénéficesà leurs propriétairesi si Ton ne pouvait faire entrer en ligne de compte le solde d'une prime considérable.
Produire économiquement beaucoup de bons animaux de boucherie, tel est le but que nous devons tous poursuivre dans l'intérêt de l'agriculture et de la consommation. A ce point de vue, il faut reconnaître que l'établissement des sucreries et des distilleries agricoles a réalisé un grand progrès^ presque un bienfait, en fournissant dans les fermes d'abondantes nourritures, très profitables au bétail, et permettant d'obtenir une production de viande peu coûteuse.
L'emploi de la pulpe de distillerie m'a présenté ces avantages, et je n'hésite pas à publier ici de simples comptes d'engraissement qui ont leur intérêt pratique.
128 EXPÉRIENCES SUR l' ALIMENTATION