‹ Recherches pratiques sur les causes qui font échouer l'opération de la cataracte selon les divers procédésChapitre 10 sur 60 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

\ccidens qui se manifestent pendant et apres l'opération.

Souvent, pendant l'opération, il se développe des accidens qui peuvent en compromettre le succès , n'importe le procédé mis en usage. Les plus fréquens sont les vomissemens, les défaillances, le hoquet et les phénomènes hystériformes. De tous ces accidens, celui qui accompagne le plus souvent l'opération de la cataracte, c'est le vomissement. Il survient plus ordinairement dans la dépression , ainsi que l'observe très judicieusement le professeur Boyer(2), lorsqu'il s'exprime en ces termes : « Tous les auteurs qui ont écrit sur « la cataracte, avant l'époque où l'on a commencé v à faire l'extraction, parlent des vomissemens « comme d'un phénomène qui se présentait sou- « vent pendant l'opération , ou immédiatement « après. » J'ai vu cependant les vomissemens survenir assez souvent après l'extraction. C'est dans cette opération principalement qu'ils sont

(1) AssaliniJ, ouv. cité, page 13.

[3) Boyer, Traite des maladies chirurgicales, tome V, page 537.

fort à craindre, surtout lorsqu'ils arrivent dans le premier temps. La secousse qu'éprouve le malade peut faire dévier l'instrument el occasionner à l'iris de graves atteintes. Si la section de la cornée est achevée, les convulsions du diaphragme peuvent faire vider instantanément l'œil. Dans l'abaissement, les phénomènes sont moins à redouter, parce qu'en éloignant de l'iris la pointe de l'instrument, et soutenant la tête du malade avec la paume de la main, on peut borner ses mouvemens et laisser l'instrument en place jusqu'à ce que le calme soit revenu. On attribue, en général, la production des vomissemens à la blessure de la rétine, ou des nerfs ciliaires ; ce dont on se rend parfaitement raison , puisqu'il ne manque pas d'observations qui prouvent que la lésion d'un filet nerveux, dans une autre partie du corps , a produit l'accident qui nous occupe. Si , ainsi que le prétendent un grand nombre d'anatomistes allemands, et comme sembleraient le prouver les dissections du docteur Schreider, les nerfs ciliaires s'épanouissent sur la cornée , on attribuerait à la même cause les vomissemens produits par l'extraction. Il est plus que probable que la seule irritation de ces nerfs suffit, puisqu'une simple cautérisation , pratiquée sur la cornée avec le nitrate d'argent , pour exciter un leucoma chronique , ou pour guérir l'amaurose , occasione les mêmes symptômes. Ne seraient-ils point dûs d'ailleurs à l'influence de quelque tempérament ou de quelque

localité, puisque le docteur Bowen (1), d'Edimbourg, a pratiqué cent soixante opérations sans observer de vomissement ? N'a-t-on pas vu encore un grand nombre de plaies situées dans la sclérotique et dans la réline, à trois lignes et demie de son union avec la cornée, guérir sans aucun vomissement? Au reste, ces phénomènes se présentent toujours chez les personnes éminemment irritables, chez lesquelles les affections nerveuses se réveillent promptement, ainsi que Ta dit l'illustre Scarpa (2). Les vomissemens cessent quelquefois brusquement aussitôt que l'opération est terminée ; mais , dans d'autres circonstances , ils se prolongent, et par leurs opiniâtreté, peuvent compromettre le succès de l'opération. On emploie avec avantage, pour les combattre, l'eau de Seltz , la potion effervescente de Rivière; mais rien n'est plus énergique et plus sûr que l'emploi de l'opium à l'intérieur, soit en potion, soit en lavement. Dans quelques circonstances graves , je me suis très- bien trouvé de l'application des ventouses à Fépigastre.

Les défaillances sont, dans la plupart des cas , le résultat des affections vaporeuses, des émotions violentes, produites par la crainte de l'opération,

(1) Bowen, Pralical observations on the removal of every spccies and varie ty of cataract , page 76.

(2) Scarpa , Saggio Sulle principali malattie degli occhi, 5° édition, page 87.

et par l'angoisse où se trouve le malade qui en redoute l'issue. Quand la lipothimie a lieu pendant l'extraction, je crois qu'il faut suspendre instantanément l'opération, crainte de voir l'œil se vider. Dans l'abaissement, au contraire, je crois qu'on peut, sans crainte, continuer la manœuvre, et l'opération est ordinairement terminée lorsque le malade reprend ses sens.

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