PROPORTION
des aliénés à la population .
De 40'à 50 ans.
De 30 à 40 Au-dessus de 60 . DeS0<à6a De 20 à 30 Avaii't 20' ans.
' 1 sur 44*7 1, 460 1 464
il 495 1 495 1 5,125
De 50 à 40 ans.
De 40 à 50 Au-dessus de 60 De 20 à 30' De 50 à 60 Avant 20 ans.
' 4 sûr 4 ,4^6 4 4^45 4 2,078 4 2,474 4 ^,404 1 45,445
Nos résultats, comme on le voit dans ce tableau, difterent do ceux de M. Leuret, puisque notre maximum correspond à l'âge de 30 à 40 ans Ils dif ferent aussi de ceux de M. de Boutteville, puisaue pour lu, c'est la période de 40 à 50 qui présente le plus d aliènes. Celle de 20 à 30 est aussi , à l'inverse de son calcul , supérieure à celle de 50 à 60 ans • mais dans les deux échelles de proportion , c'est la période avant 20 ans qui a le moins d'aliénés 5 c'est du reste le résultat auquel M. Leuret était déjà arrivé
Le nombre d'aliénés sur lequel nous avons opéré n'est pas assez élevé pour infirmer d'une manière rigoureuse ce que MM. Esquirol et Leuret ont avancé sur ce point, cette question ne nous paraît donc pas définitivement résolue^ il y a peut-être dans ces calculs " des causes d'erreur que nous ne connaissons pas, et nous laissons à d'autres le soin d'éclairer plus complètement ce sujet. Mais de quelque côté qu'existe la vérité, nous ne dirons pas à priori, comme le fait M. Parchappe, que l'âge viril doit être celui qui pré dispose le plus à l'aliénation mentale, parce que c'est l'âge des passions et des excès, celui où les causes de la folie ont une plus grande énergie. Il est vrai qu'elles sont plus actives et plus fréquentes à cette époque de la vie; mais l'âge avancé n'est point à l'abri de certains excès sensuels : le vieillard résiste moins, et la cause la plus légère peut amener chez lui un trouble cérébral.
Ceci établi, qu'il y a un plus grand nombre d'aliénés à l'âge viril, nous nous sommes demandé s'il f en serait; pas de même pour les maladies autres que l aliénation m'enlale. On conçoit toute i'impor-
tance de cette question, car si nous venions à prouver que c'est à cet âge qu'on observe le plus grand nombre de malades, il s'ensuivrait qu'il prédispose à l'aliénation mentale comme à la plupart des autres affections dont l'Iiomme peut être atteint.
Nous avons à cet effet consulté les registres d'admissions de l'Hôtel-Dieu, et voici le résultat auquel nous sommes arrivé.
Sur 3,247 individus du sexe masculin
iO avaient été admis avant 15 ans,
de 21 à 25,
de 26 à 30,
de 31 à 35,
de 36 à 40,
de 41 à 45,
de 46 à 50,
de 51 à 55,
de 56 à 60,
de 61 à 65,
de 66 à 70,
de 76 à 80,
au delà de 80.
Il suit de là que l'âge où s'observent le plus grand nombre d'affections autres que l'aliénation mentale est celui de 21 à 25. 11 n'en est point ainsi pour la lohe, et on serait porté à admettre que l'âge de 35 à 40 exerce une inlhience toute spéciale sur sa production.
mtii A\mk iMHièmi^i ]6i^v un dernier coup d'iidil suY ïô ta'blcàà placé aii coiftmén cernent de cé clia'pt#ë, ei è'iaMner ^influence de i' âge sur les diverses' fôrmés de fa folie. Ici les termes de comparaison nolis manquent èompléleméh^. Réduit à nôé f)ropr^es chiffres, qui ne sont pas très élevés, noiTs n'osei^ôiis dâiïs la plupart des cas donner nos conclusions comme certaines ; mais , satisfait d'avoir po^ë 6é' premier jalon , nous raissérons à d'autres' Ife* soi'i*i' d'arriver à des résiiltats plus positifs.
Pour la manie, «^j'ui ôfccupe le chiffre le plus élevé, l'âge de 35 à 40 ah's p'éédomine -, ensuite celui de 31 à 35. Il y a une proposition assez forte de maniaques entre 21 et 25. Le rtOmbre diminue au-dessous de cet âge, de lûèfnè q'ùi'il s'éteint graduellement audessus de 50 ans; Nôus en avons trouvé qui ont moins de 20 ans -, ce chiffre assez considérable nous fait voir quô h m^àhiié n'est pas aussi rare dans la première jeuiiesse qu^on le croit généralément : le plus jeune dé nb^ malades n'avait qike 11 ans. M. Ferrus eû a vd d'iin âge moins avaiicé; M. Esquirol en citfé un dé 8' ans; mais personne', que nous sachions, n'ert a trouvé à l'âge de 2 ans, comme Joseph Franck parait l'avoir rencontré.
Pour la monoraanie, le maximum occupe une période ikn peu plus aVancéè qîie'cëllé de la manie, e'estvà-dire riâgé de âi à 45 ans. tcs'autfeS liiâiàd^^ sont répartis plus où iboin^ inégalemeht. Ô'ii <ih' trouve 16 au-dessus de l'âgé qui donrte le maxilidii^;' ' et 21 au-dessous. iNbUs fel^orts reiiiârqulei' qu'il' n'y èil a point au-dessous de 20 ans; ce qui est iblil' à' fôlt'
en rapport avec ce <!jue nous avons dit dàrtè &tte cXulte partie de ce mémoi're.
La lypênTanie, âOf tôtai de 18, nous donne 16 malades pour l'espace compris entre 21 efi 55 ansy un seul a dépassé cet âgfe , et k plus jeune n'a pas moins de 20 ans.
Le chiffre des stupides- est fon peu étevé. Aucu^n A'aJ dépassé 45 an», trois ont èe Si à- 35 ans, le plus
jeune n'a que 20 ans.
Dans la démence simple, les périodes qui occupent le premier rang sont ceHes de 65 à 70 ans, et de 71 à 75 ans. On voit 6 aliénés qui ont dépassé 80 ans : totis lés âges en offrent quelques cas; mais on n'en trouve point au-dessous de 31 ans. Ces résultats ne sont pas Tes mêmes dans la démence paralytique : ici rioUé voyons 33 malades sur 113 qui ont de 35 à 40 ans, c'est-à-dïre un peu moins d'un tiers 5 les périodes placées immédiatement au-dessus et audessous de cet âge en ont aussi beaucoup; toutes lés trois réunies renferment plus de la moitié dû chiffre total. Le plus jeune a 18 ans , le plus âgé ne va pas au delà de 75 ans. Ùn voit de quelle importance if est de séparer ces deux variétés d'une même maladieet ^ mesure que nous avancerons, nous aurions plusiéurs fois l'occasion de faire remarquer .ce. qui distînguë et' caractérise leur individuâ.lite. ■ Siir lé petit nombre d'Idiots qui ont. été admis cette année, nous en voyons près de la moitié qui ont moins de 20 ans. Ceci est en harmonie avec la statistique de Norwège , et avec ce qùé nous dirons sur ce sujet dans le recensement de la division. Tous ceux qui avaient dépassé l'âge de 20 ans étaient simple-
meut imbéciles. Nous n'avons presque pas à nous arrêter sur les épileptiques : un huitième à peu près avait moins de 20 ans 5 la plupart étaient jeunes • deux seulement avaient plus de 50 ans, et lepilepsie existait depuis plusieurs années. Cela nous prouve que la première enfance et la jeunesse sont les plus propres au développement de cette maladie, et que Ion a d'autant moins de chances d'en être atteint qu'on est arrivé à un âge plus avancé.
Art. II. — Mois et
saisons.
La question de l'influence des saisons est une des plus intéressantes à étudier , et nous tâcherons de rendre sa solution plus complète en examinant séparément les divers genres d'aliénation après avoir considéré les résultats généraux que nous fournira la totalité des aliénés. Plusieurs causes extérieures semblent devoir concourir au développement de la folie : mais l'influence la plus certaine est celle de la température ; nul doute qu'il ne faille lui rapporter tout ce que l'on a dit jusqu'à présent des mois et des saisons. Nous allons donner le tableau des admissions de d839 ; il fait connaître le nombre des entrées pour chaque mois, et la proportion relative des diverses espèces d'aliénation qui ont été admises. Ensuite, à l'exemple de plusieurs auteurs, nous réunirons les mois en saisons. Nous avons cru devoir placer sur ce tableau les degrés extrêmes auxquels chaque mois le thermomètre centigrade est arrivé.
Tableau des admissions relativemmt aux mois et aux variétés de délire.
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