‹ Recherches statistiques sur l'esclavage colonialChapitre 55 sur 82 · DB · texte numérisé non relu

DB

A ET Salon tet ed Dur Fra ve

NS

SECTION IL

QUANTITÉ DE JOURNÉES DE TRAVAIL DISPONIBLES POUR LES CULTURES D' AFFRANCHISSEMENT.

Le taux des salaires et la quantité de travail journalier qu'on en obtient, sont encore, en Europe, au nombre des données statistiques les plus incertaines. Il n'en peut être autrement dans les colonies ; aussi toutes les évaluations de journées de nègre , en argent ou en labeur, même celles adoptées par l'administration, sont-elles des estimations sans bases et sans exactitude ,dont nous ne saurions faire aucun usage. Nous aurons donc recours à d’autres moyens d'investigation , qui, nous l'espérons, nous fourniront des chiffres moins douteux.

Le recensement de 1835 donne la population esclave des colonies en la distribuant selon son habitation dans les villes, les bourgs et dans les campagnes. Cette dernière est la population agricole, la seule productive des denrées du pays; l’autre se livre à l'industrie locale, au négoce, et très souvent à l'oisiveté; elle vit dans une indépendance presque complète, sous un patronage dont elle ne se sert que pour échapper à l'action de la police et aux devoirs de la cité.

Popul. esclave Popul. esclave Totaux.

des villes et bourgs. des campagnes, =.

Martinique. . . 20,282 57,794 78,076 Guadeloupe. . . 11,741 84,581 96,322 Guyane... 12049870 14,213 16,592 :

Bourbon. . . . 11,950 57,346 69,296 Totaux." 46,352 213,934 260,286

On voit que pour trouver la population agricole , il faut d’abord défalquer un septième du nombre total des esclaves , afin d’en séparer les habitants des villes et des bourgs qui sont étrangers à la production des denrées coloniales. Il faut de plus, afin d'arriver à connaitre la population active des campagnes , en déduire les enfants et les vieillards ; mais les documents officiels ne permettent pas de faire cette opération directement , et il faut recourir à un calcul proportionnel. À cet effet, nous établirons, en premier lieu , le nombre total des individus de ces deux classes, existant dans chaque colonie; nous les totaliserons, et nous indiquerons ensuite quel est leur rapport à la population totale des esclaves.

Enfants, Vieillards. Totaux, Martinique. . . 283,232 6,011 | 99,243 Guadeloupe. . . 27,567 73995 34,822 Guyane... 123,635 : 11903 4,38 Bourbon. . . . 14,141 3,426 17,567

Totaux. . … 68,575 7,595 86,170

On verra, dans le tableau suivant, quelle est la proportion de ces deux classes au nombre total des esclaves.

Popul. esclave. Enfantset vieillards. Leur proportion àl a — pop. tot, des esclay.

Martinique. . . 78,076 29,243 38 p. 100 Guadeloupe. . . 96,322 34,822 36 Guyane: . 116,502 4,538 29 Bourbon. . , . 69,296 17,567 25 Totaux. . . 260,286 86,170 33

Nous savons maintenant que pour connaître au vrai la population esclave des campagnes , celle

qui obtient du sol , par son travail, les produits

coloniaux exportés où consommés sur place, il faut en défalquer la classe des enfants et des vieillards, qui, par un terme moyen, s'élève au tiers, et qui varie, selon les colonies, de 25 à 38 pour 100; proportions dont les différences très remarquables sont expliquées ailleurs.

Le tableau ci-après indique le nombre total d'esclaves existants dans les campagnes, le nombre d'enfants et de vieillards compris dans cette population , et ce qui reste pour former la classe laborieuse, celle des travailleurs qui cultivent et fécondent la terre.

Nombre total des Enfants et vieillards Popul. agricole, esclav. des campag. à défalquer, active , formée — — des esclaves de

de 14 à 60 ans.

Martinique. : . 57,794 21,926 39,868 Guadeloupe. . . 84,581 30,420 54,161 Guyane,. . . . 14,213 4,118 10,095 Bourbon. . . . 57,346 14,325 43,021

PET à 5 R : ee

Totaux. . . 213,934 70,789 143,145

Ainsi, la population esclave des campagnes est composée de la manière suivante :

Esclaves des deux sexes , de | ne 14.aDS.A 60e ee DATES. 145 67 p. 100

Enfants et vieillards au-dessous $ de 14 ans et au-dessus de 60. . 70,789 33

: nm —— — —…

Total de la population esclave di K des campagnes. . .. . . 213,934 100

On peut objecter contre la défalcation de enfants et des vieillards , en affirmant que cette classe concourt en quelque chose au travail , ce qui est vrai; mais aussi, parmi les esclaves des campagnes , que nous comptons tous comme laboureurs, il y en a un nombre assez considérable, principalement des femmes , qui sont étrangers aux cultures, et qui sont attachés constamment à la domesticité des habitations.

Il est donc certain que sur une population

esclave de 260,286 individus , il n’y en a, en réalité, que 143,145, ou presque la moitié seulement, qui constituent maintenant ia partie active, laborieuse, agricole, à qui sont dus les produits coloniaux exportés annuellement ou consommés dans l’intérieur des colonies.

Il est essentiel de montrer quelle est l'étendue des terres mises en valeur par cette population. En voici le tableau, d’après les chiffres officiels:

£Étendue des cultures des colonies en hectares.

; Cult. coloniales. Cult. alimentaires. Etendue par colonie, Martinique. . . 24,931 13,389 38,320 Guadeloupe... . 31,677 13,068 44,745 Guyane, . : 2#007,970 4,251 11,826 Bourbon ts 10916717 43,985 65,702

Totaux. . . 85,900 74,693 160,593

: Voici ce même tableau, en lieues moyennes de 25 au degré, et en millièmes de lieue.

da, . Le mil Le. mill. Le m.

Martinique. . . 12.609 6.780 19.386 Guadeloupe. . . 16.034 6.644 29.678 Guyane... . . 3.833 2.163 5.986 Bourbon. . . . 10.982 22.260 33.255

Totaux. . . 43.458 37.847 81.305

Il faut dire que c'est à la culture des céréales

re 427 ÿ # A RLA “ HET >

è La

1 No ne

< ln 1

4 # ne | Pad

de M, 7

= 52 GS Quai SR h

4 UE % ù Fr ; p 1 <" ds A L

RS Fs st + À

Je < AN & ÿ \ a * 4 Hi a LE

+ a if Rx L LL. ; *

18/ JOURNÉES DE TRAVAIL d'Europe que Bourbon doit l'étendue considérable de ses cultures alimentaires.

En rapprochant ce tableau de celui qui donnele nombre d'esclaves formant la population agricole active, on trouve qu'il y a pour chaque individu l'étendue de terre en culture indiquée ci-après :

Etendue des cult Nombre d’esclav. Etendue eultivée par

— eultivateurs, chacun d'eux.

hectares, di esclave A hect, ares.

Martinique. . . 38,320 35,868 1 1.07 Guadeloupe. . . 44,745 94,161 Î 0.82 Guyane, . . . , 11,826 10,095 1 1.18 Bourbon. . . , 65,702 43,021 1 1.53 Totaux. . . 160,593 143,145 l 1.12

La moindre étendue de culture est à la Guadeloupe , où elle n’est presque que des trois quarts d'un hectare par cultivateur ; la plus grande est à Bourbon, où elle dépasse un hectare et demi par nègre. Cette dernière différence tient à l’étendue des cultures alimentaires , qui n'exigent que très peu de travail, tandis que la canne à sucre en demande beaucoup plus.

Au total, on voit qu'il y a un peu plus d’un hectare en culture pour chaque individu de la classe active des esclaves.

A la Martinique et à la Guadeloupe , un tiers de l'étendue des terres en culture est destiné aux vivres, et les deux autres tiers aux denrées d’ex-

portation. A la Guyane, il y a moitié pour les uns et les autres; à Bourbon, les cultures alimentaires ont deux fois l'étendue des cultures coloniales,

Au demeurant, ces données nous enseignent que chaque esclave met en valeur un hectare de terre, soit en cultures coloniales, soit en cultures alimentaires, destinées pour son maître ou pour lui, et demandant les unes, comme la canne à sucre, des opérations variées, nombreuses et pénibles, et d’autres, comme les plantations de bananiers, de cotonniers et de cacaotiers, le soin seulement d’en recueillir les produits.

Recherchons maintenant quelle est la valeur du travail annuel de chaque nègre; nous en obtiendrons sans peine celle de chacune de ses Journées. Pour le premier de ces objets, nous sommes obligé de déterminer la richesse de la production de nos colonies. Nous regrettons de ne pouvoir y parvenir sans le secours d’un grand nombre de chiffres ; mais, outre l'intérêt qui s'attache à savoir quelles sont, en réalité, la quantité et la valeur des produits agricoles de nos établissements des deux Indes, il est indispensable que nous fournissions les preuves détaillées de nos assertions. C'est seulement par ces témoignages numériques qu’on pourra les apprécier.

Etendue des cultures des colonies, quantités el valeurs de leurs productions annuelles.

a. SUCRE.

Etendue, Produit total. Parhect, Prix. Valeur totale.

hect. kil. kil. cent. fr.

Martinique . . 91,179 30,600,000 1,450 55 16,830,000 Guadeloupe. . 24,810 36,500,100 1,500 55 20,075,000 Guyane. . .« 1,571 12,422,800 1,550 55 1,332,500 Bourbon. . . . 14,530 23,384,100 1,600 55 12,861,200

nt et

Totaux.. . 62,090 92,907,000 1,500 55 51,098,700

b. SIROPS.

Quantités. Valeur.

14 ‘— litres — fr Martinique. . . 6,630,000 — 1,657,500 Guadeloupe. . . 6,506,000 — 1,626,500 Guyane. . . . . 583,000 — 70,167 Bourbon.. ; . . 1,658,800 364,936

— OUT F A . ‘ # d £ RE LS SE ds A nd rm À Le nn Sn OS nn

mt

b. TAFIA.

Martinique. : . 2,000,000 38 — 760,000 Guadeloupe. , .… 2,158,000 38 798,460 Guyane... .. 289,000 35 - 136,150 Botrboh: 7.7.1 ,1585.849 42 225,051

Er, PF ENT À, E—

| . 4,982,842. est 2439195601 Sucre, sirops, tafiae + + . . 56,737,464

pile:

aù Ses 3 site x “ : £ a =

ro, = PE GET ST

Page 1