JOURS
RAPPORT
d’entretien.
de maladie.
Mous . .
Hoogstraelen
Namur .
La Cambre
Bruges .
Hoorn .
Reckheim .
Total . . .
(*) Ces nombres ne sont pas très-exacts , parce que les données pour Bruges et Hoorn étaient défectueuses pour ce qui concernait les jours de maladie.
DANS LE ROYAUME DES PAYS-BAS
Ce qui mérite de fixer notre attention, dans ces différens résultats, c’est la petitesse effrayante du rapport de la population des dépôts de mendicité aux décès. La valeur moyenne de ce rapport ,en 12 ans de temps, n’a jamais dépassé 14,867, et la moyenne de tous les résultats, ne s’élève qu’à 8,()i4 ; tandis que le rapport, pour toute la Belgique, s’élève à environ 43,8. A nombres égaux, il est donc mort, dans les dépôts de mendicité, quatre fois et demie autant d’individus que dans le reste du Royaume. Ce résultat est bien propre à confirmer l’observation de M. Villermè, relativement à la grande influence qu’exerce sur la mortalité le degré plus ou moins grand de l’aisance. 11 faut observer encore que les individus qui entrent dans les dépôts de mendicité, y arrivent le plus souvent avec des maladies déjà contractées d’avance, et que c’est par suite de ces maladies qu’ils ont été mis hors d’état de pourvoir à leurs besoins. La mortalité est néanmoins loin d’ètre la même dans tous les dépôts; elle a été beaucoup moindre à Reckheim et à Bruges que partout ailleurs; mais le nombre d’observations pour ces deux places est trop petit pour qu’on puisse y avoir confiance. Il n’en est pas de même de l’établissement de La Cambre près de Bruxelles; les observations y portent sur un plus grand nombre d’individus, et l’on y trouve que le rapport de la population aux décès, y a une valeur moyenne de 1 3,568. Ce rapport, à Hooni et à JVlons , ne s’élève pas au delà de 6,85. 11 est à remarquer cependant, que d’année en année, le rapport est devenu plus grand; ce qui semble annoncer des
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améliorations dans le régime intérieur de ces établisse* mens. Nous devons en dire autant du rapport du nombre des jours d’entretien à celui des jours de maladie; dans les derniers temps, il était bien au-dessus de la valeur moyenne prisesur toutes les années qui avaient précédé. Cette valeur moyenne était de 13,90, c’est-àdire, que sur environ \l\ jours d’entretien, il fallait en compter un de maladie. Il est assez remarquable qu 'kMons, où la mortalité est si forte, le rapport des jours d’entretien aux jours de maladie soit si grand. Ceci tient sans doute à des causes de mortalité particulières, qui font succomber le malade plus rapidement qu’ailleurs; ces causes paraissent de plus devoir être locales , puisque le rapport de la population aux décès, pour la province entière, est de 5i,i.
On compte que les détenus ne font guère dans les dépôts de mendicité qu’un séjour de sept à huit mois; et si l’on a même égard au grand nombre de vieillards qui sont dans ces établissemens , et qui n’en sortent guère lorsqu’ils y sont une fois entrés, on est autorisé à penser que le séjour moyen des hommes valides, est tout au plus de six mois. En 1821 , les termes moyens du séjour ont été
à Mous de .
à 302 jours
à Namur de ...
à Heckheim de . . .
à La Cambre de.
à Hoogstraeten de .
DANS LE ROYAUME DES PAYS-BAS
M. De Kevcrberg observe avec raison qu’un si court espace de temps ne suffit pas pour contracter le goût du travail, l’aptitude nécessaire pour le rendre productif, ni en général , des habitudes honnêtes ; et il ajoute : « Ce quidistingue essentiellement le mendiant du bon citoyen, c’est qu’il méconnaît la première des lois sociales, celle qui l’appelle à employer ses forces dans l’intérêt de sa subsistance. Il faut que dans ces établissemens qui ont pour objet de le guérir de cette maladie morale , il apprenne à vivre à ses propres dépens. Ainsi il faut le forcer à gagner, jour par jour, sa nourriture, qui , parmi les articles dont son entretien se compose, est celui auquel il tient ordinairement le plus. A la vérité, toute espèce d’aliment ne peut lui être refusée, lors même que, par la plus coupable opiniâtreté, il persiste dans sa paresse. Dans la position où il se trouve, sa vie est un dépôt sacré dans les mains de la société. L’humanité s’oppose à ce qu’elle soit compromise. »
Prisons du Royaume .
Si nous passons maintenant à ce qui concerne les détenus dans les prisons de l’État , nous trouvons qu’au 1er mars 1821, époque à laquelle se rapporte tout ce qui va suivre, il existait en Belgique 1 17 établissemens destinés, soit à la garde des prévenus, soit à la punition des condamnés. Ces établissemens pouvaient être classés de la manière suivante :
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96 Prisons civiles
21 Prisons militaires.
54 Maisons d’arrêt.
9 — de justice.
3 — de correction.
26 — de force.
4 — de de'pôt servant quelquefois
de maison de punition.
j' 17 Maisons de pré vôtales.
1 4 — de détention militaire.
Dans ce nombre n’étaient point compris les établismens servant de dépôts provisoires ou de logemens pour des prisonniers que l’on transférait. Quarante de ces prisons étaient des propriétés communales ou particulières, dont les unes étaient occupées de fait et sans aucune indemnité, et dont les autres coûtaient au gouvernement des sommes plus ou moins fortes de loyer. Le grand nombre des prisons entièrement disproportionné avec celui des détenus, et d’ailleurs le mauvais état de la plupart d’entre elles , appelait une réforme qui fut signalée par la commission chargée de vérifier l’état des prisons.
Le nombre des détenus dans toute l’étendue du Royaume s’élevait en 1821, à io557 ames. En comparant ce nombre à celui des années précédentes, on trouve une diminution sensible dans la population des prisons civiles. Voici les résultats obtenus à trois époques différentes :
Prisonniers
Annc'es.
C Civils .
( Militaires .
Totaux .
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Eu 1821 , 011 comptait, parmi les prisonniers civils , 6337 hommes, 2o3o femmes et 25 1 enfans des deux sexes; en tout 861 8. Le nombre était donc plus que triple de celui des femmes, et égalait environ 2 5 fois celui des enfans. A la même époque, on estimait la population de tout le Royaume à près de 5, 700,000 âmes : et il se trouvait conséquemment que les détenus civils et militaires formaient les 0,001 85 de la population de la Belgique, ou bien encore que l’on comptait un détenu par 54o âmes. Nous avons aussi vu précédemment que le nombre d’individus renfermés dans les dépôts de mendicité, s’élevait à 2022 , et formait conséquemment, les o,ooo355 de la population. L’on doit donc compter que dans notre Royaume les 0,0022 de la population, se trouvent renfermés dans les dépôts de mendicité et dans les prisons.
Parmi les condamnés civils, il se trouvait j 509 récidives, dont 212 avaient été graciés précédemment ; et, parmi les condamnés militaires, on en comptait 793, dont 1 1 seulement avaient été graciés par le Roi. Il se trouvait donc en tout 2332 récidives et 228 graciés, parmi 9182 condamnés; c’est-à-dire que sur L\ de ces derniers, il s’en trouvait au moins un dans le cas de récidive; et que sur , il s’en trouvait au moins un qui avait été gracié précédemment.
Yoici un état plus circonstancié de la population des prisons, au premier mars 1821.
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