I. Objet de ces recherches
La connaissance de la population d’un pays doit être considérée comme la Base de toutes les recherches statistiques. La détermination précise de cet élément important n’est pas nécessaire au savant seulement, mais encore au législateur et à l’administrateur consciencieux qui veut que les principes de la plus stricte équité président à la répartition des impôts , des contingens pour la milice , et en général de toutes les charges que sont appelés à se partager les individus qui composent lÉtat. On pourrait dire même que plus la civilisation augmente, ydus on sent le Besoin de recourir à toutes les données qui se rattachent à la population : l’idée heureuse qui, dans ces derniers siècles, a présidé
à l’organisation des sociétés d’assurances, présente une des applications les plus utiles que l’on ait faites des tables de mortalité. Cependant, il faut bien le dire, ces spéculations ingénieuses en ne se fondant que sur des données fautives, finiraient par entraîner la ruine des sociétés qu elles ont fait naître, et par causer les plus graves préjudices aux individus qui se font assurer par elles. De pareils exemples se sont présentés , et l’Angleterre mieux que tous les autres pays, a compris la nécessité de donner tous ses soins à la formation de bonnes tables de mortalité ; tandis que nos provinces , il y a quelques années encore , n’en possédaient pas même une seule.
Ces considérations ont porté quelques amis des sciences à combler la lacune que laissaient encore les documens statistiques de notre pays; le Gouvernement de son coté a montré qu’il comprenait les mêmes besoins , par la création d’une commission de statistique auprès du ministère de l’intérieur (').
Plusieurs remarques importantes furent le résultat de ces premières recherches : on reconnut par exemple qu’il existait une grande différence de mortalité dans nos diverses provinces; mais avant d’en rechercher les causes , il s’agissait de bien
(1) M. Ed. Smits , ex-référendaire, l’un des auteurs de ces recherches, fut nommé dès l’origine, secrétaire de cette commission.
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établir le fait. On fit subir un examen sévère aux différens élémens de calcul^ et Ton s'aperçut que la population des provinces que l’on ne connaissait que par deux recensemens partiels , faits depuis près de quinze ans^ laissait beaucoup a désirer sous le rapport de l'exactitude, et qu'elle devait être généralement supérieure a l'estimation qu’on en avait (‘).
Plusieurs réclamations furent adressées au Gouvernement 3 la commission de statistique de son côté fit sentir la nécessité d’un dénombrement général de la population. Cette opération importante fut prescrite vers la fin de 1828; l’arrêté porte même que le dénombrement serait renouvelé tous les dix ans.
Cette grande et délicate opération eut effectivement lieu vers la fin de l’année 1829. (Voyez les pièces justificatives a la fin de cet ouvrage). On prescrivit les mesures à prendre dans les différentes provinces pour s’assurer de l’exactitude des nombres et pour ordonner un nouveau recensement dans les lieux où la nécessité s’en ferait sentir.
Les événemens politiques de 1830 durent nécessairement faire perdre de vue les résultats du recensement 3 cependant vers le commencement de
O) Voyez les Recherches sur la population , les naissances , etc. , dans le royaume des Pays-Bas , 1827, par A. Quetelcl; el, clans les Notes, les observations judicieuses de M. le baron de Kéyerberg, qui prouve a l’évidence le besoin d’un recensement général.
cette année, un arrêté de M. le Régent de la Belgique autorisa leur publication.
Les huit premiers tableaux qu’on trouve à la fin de ces recherches, font connaître les principaux résultats du recensement pour les villes et les communes rurales. Cependant l’occupation partielle des provinces du Limbourg et du Luxembourg, n’a pas permis de compléter ces élémens : les nombres relatifs à la première province, sont bien effectivement ceux du recensement, mais ils ne renferment pas les distinctions qu’on trouve dans les autres tableaux. Quant aux nombres du Luxembourg, il a fallu se borner à prendre ceux que donnait , pour 1825, l’annuaire du Gouvernement.
Les tableaux qui suivent font connaître la population des communes considérées individuellement. Pour compléter ces documens , on a cru utile de joindre aux résultats du recensement , les tableaux des naissances, des mariages et des décès qui n’ont point encore paru dans les publications de la commission de statistique. On pourra de cette manière embrasser, pour ainsi dire d’un coup d’oeil, tout ce qui concerne la population, et particulièrement sa force reproductive et sa mortalité aux différens âges.
L’espèce humaine présente dans son développement , les particularités les plus remarquables ; quelques-unes ont déjà été observées et confirmées de la manière la plus convaincante : il en est d’autres signalées dans cet écrit, qui n’avaient point été re-
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connues encore. On appelle sur elles l’attention des savansj parce que plusieurs se rattachent à des questions d'hygiène publique d’une grande importance.