‹ Recherches statistiques sur le Royaume des Pays-BasChapitre 71 sur 109 · GARÇONS · texte numérisé non relu

GARÇONS

FILLES

0 à 1 mois.

1 à 2 ans.

Flandre occidentale. Les mort-nés du sexe masculin sont aussi plus nombreux que ceux de l’autre sexe ; le rapport est de 5 à 4, un peu moins fort chez nous. ( Nachriclit von dem Gezundlieits - Z us tan de , etc. , von N. H. Julius ; Hamburg 1829 ). Ne pourrait-on pas attribuer le grand nombre des mort-nés dans les villes , à l’usage des corsets et à l’habitude où sont les femmes de se serrer très-fortement.

D’après ces documens , il paraît hors de doute qu 'il existe une cause 'particulière de mortalité qui frappe de préférence les enfans mâles avant et après leur naissance. Les effets sont tels que le rapport des décès pour les enfans des deux sexes , est avant la naissance de 3 à 2; pendant les deux premiers mois qui la suivent, de 4 à 3 environ ; pendant le troisième, le quatrième et le cinquième mois, de 5 à 4 3 puis de 6 à 5; et après le huitième ou le dixième mois la différence est à peu près nulle.

Il ne paraît pas qu’on ait encore fait sur l’inégalité des décès chez les deux sexes , et vers l’époque de la naissance, cette remarque qui nous a paru intéressante pour l’histoire naturelle de l’homme. Elle mériterait peut-être de fixer aussi l’attention des physiologistes qui en trouveraient sans doute la véritable cause. Il est impossible de l’attribuer au nombre plus grand des naissances masculines , puisque le rapport n’est pas même de 20 à 19. Il pourrait tout au plus expliquer les rapports obtenus pour les âges qui dépassent la lre année, et alors on trouve, en tenant compte des tables de population, que le rapport devient un peu plus petit que l’unité : ce qui ne confirme que mieux notre observation.

Pour se faire une juste idée de la grande mortalité des enfans peu après leur naissance, il suffit de considérer que , dans les villes comme dans les campagnes , il meurt pendant le premier mois qui suit la naissance, quatre fois autant d’enfans que pendant le second

ET LA MORTALITÉ DE L’HOMME

mois; etpresqu’autant que pendant les deux années qui suivent la première, quoique la mortalité soit alors encore très-forte. La table de mortalité montre en effet qu’un dixième des enfans disparaît des le premier mois qui suit la naissance. Ce nombre est égal à celui des sur vi vans qui meurent entre 7 et 24 ans, ou entre 24 et 40 ans ; ou bien encore à celui des survivans qui atteignent plus de 76 ans. MM. Edwards et Villermé ont fait des recherches intéressantes sur la mortalité des enfans nouveaux -nés ; Toaldo, en Italie, l’attribuait en grande partie, à l’usage ou l’on est de porter les enfans aux églises immédiatement après leur naissance, et souvent par les froids les plus rigoureux , et de les exposer ensuite tout découverts aux eaux de baptême.

La mortalité est si grande, surtout pour les enfans mâles , que dès la première année qui suit la naissance, le nombre est déjà réduit du quart. La perte des garçons dans les villes est telle , qu’à la cinquième année de 10,000, il n’en reste plus que 5738.

L’âge de cinq ans est très-remarquable parce que la mortalité qui a été très-grande jusque-là s’arrête assez brusquement et devient extrêmement faible jusqu’à l’âge de puberté. C’est à l’âge de cinq ans que la vie probable atteint son maximum , c’est-à-dire que l’homme peut compter sur une plus longue existence.

L’époque qui précède la puberté et qui est de 13 ans pour les villes, et de 14 pour les campagnes, mérite également notre attention : elle offre aussi

un maximum qui est d’une espèce particulière ; on pourrait le nommer le maximum de viabilité ; c’est l’époque où l’homme peut le plus compter sur son existence actuelle, où il a le plus à parier qu’il ne succombera pas dans l’instant qui va suivre.

Après l’àge de puberté , la mortalité devient plus forte et surtout chez les femmes; cette augmentation est même assez sensible chez les femmes des campagnes.

Vers l’àge de 24 ans, il se présente une circonstance particulière pour les hommes, c’est un maximum qu’on ne remarque pas dans la courbe de mortalité des femmes. L’époque de ce maximum coïncide avec celle où l’homme montre le plus de penchant au crime (T) ; c’est l âge orageux des passions qui occupe une place extrêmement prononcée dans la vie morale de l’homme. La mortalité ensuite diminue insensiblement et atteint pour les hommes des villes et des campagnes un nouveau minimum vers l’âge de 30 ans.

La cause pour laquelle on ne remarque pas ces points maximum et minimum dans la courbe de la mortalité des femmes, provient sans doute, de ce que l’effet que pourrait avoir sur les décès, le développement des passions chez les femmes se combine avec l’effet résultant des dangers de la maternité, car après l’âge de 24 ans, les décès chez les

U) Recherches sur le penchant au crime aux différais âges.

ET LA MORTALITÉ DE L’HOMME

femmes continuent à augmenter et surpassent, à partir de 28 ans jusqu’à 45, le nombre des décès chez les hommes. La différence est même assez sensible entre 30 et 40 ans.

Vers 60 à 65 ans, époque également remarquable, la viabilité perd considérablement de son énergie, c’est-à-dire que la probabilité de vivre devient extrêmement faible.

Enfin la durée d’un siècle paraît limiter la carrière de l’homme. Il en est bien peu qui dépassent ce terme; on trouvera à la suite de ces documens, un tableau n° 17, qui fait connaître les centenaires qui se trouvaient en Belgique au 1er janvier 1831, avec l’indication de leur état , de leur profession et de leur sexe. Il est à remarquer que sur seize que l’on comptait alors, quatorze se trouvaient dans les trois provinces du Hainaut, de Namur et de Luxembourg. Le Limbourg et la Flandre orientale en avaient chacun un ; et il ne s’en trouvait pas dans les provinces du Brabant, d’Anvers, de la Flandre occidentale et de Liège. Les trois individus les plus âgés de ces centenaires avaient 104, 110 et 111 ans, et appartenaient à la province de Luxembourg ; les autres ne dépassaient pas 102 ans.

Sur les 16 centenaires portés au tableau, 9 appartenaient au sexe masculin; aucun d’eux n’avait été militaire : il est à remarquer que tous ces centenaires avaient été ou étaient encore mariés et que généralement ils vivaient dans des conditions trèsmédiocres.

Un physiologiste allemand; M. Burdach a publié des rapprochemens très-curieux sur la mortalité et les périodes de la vie humaine (*). Ce savant partage la vie en dix périodes de 400 semaines chacune ; et il trouve ainsi l’âge des dents de lait , celui de l’adolescence, celui de la jeunesse, etc.) dans la première période , s’en trouve une autre secondaire de 40 semaines , l’âge de l’allaitement.

Pour compléter les documens relatifs à la mortalité des différens âges , il faudrait avoir égard aux dangers que court l’homme à chaque instant. Quand on dit en effet que l’enfant naissant a une vie probable de 25 ans, on n’apprend rien encore sur les dangers plus ou moins grands qu’il court pendant toute cette période) c’est pour avoir égard à ces dangers que nous avons construit la table suivante, qui indique les degrés delà mortalité de chaque âge, c’est-à-dire les probabilités de mourir. Cettetable est calculée sur celle de la mortalité) le rapport inverse de chaque nombre placé en regard , peut être considéré comme le degré relatifde la viabilité de l’homme aux différens âges ou laprobabilité relative de vivre.

(1) Die Zeilrechnung des menschlichen lebcns , 1839 à Leipsig.

ET LA MORTALITE DE LTIOMME.

AGE

DEGH

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