CONCLUSIONS
En résumant les observations principales contenues dans les recherches qui précèdent, et particulièrement celles sur lesquelles semble s’étre moins arrêtée l’attention des statisticiens , on arrive aux conclusions suivantes :
1° La partie occidentale de la Belgique est incomparablement plus peuplée que la partie orientale; c’est aussi celle qui, toutes choses égales, renferme le plus d’habitans dans les villes.
2° On compte , en général , environ 5 individus par ménage: dans la partie occidentale du royaume, les ménages sont un peu plus grands que dans la partie orientale.
3° Dans les campagnes , le nombre des femmes est à peu près égal au nombre des hommes; mais
dans les villes, il lui est supérieur de beaucoup.
4° Les deux tiers de la population se composent de célibataires 3 l’autre tiers est composé des individus mariés ou veufs.
5° Le nombre des veuves est à peu près exactement double du nombre des veufs.
6° Les deux Flandres sont les provinces où la fécondité est la plus grande.
7° Les différentes provinces flamandes sont celles où la mortalité est la plus forte; et Namur est la province qui se trouve dans la situation la plus avantageuse pour tout ce qui se rapporte aux mouvemens de la population.
8° Le nombre des mort-nés dans les villes a été double de celui des mort-nés dans les campagnes ; et pour trois mort-nés du sexe masculin on en a compté deux de l’autre sexe.
9° Il paraît qu’il existe une cause de mortalité qui frappe de préférence les enfans mâles avant et après qu’ils ont vu le jour.
10° C’est vers l’époque qui précède la puberté que la viabililé est la plus grande, c’est-à-dire, que l’homme comme la femme, peut le plus compter sur son existence actuelle.
11° La mortalité des femmes, après l’âge de puberté, est plus forte que celle des hommes; elle est bien moindre au contraire vers 24 ans, âge où l’homme se livre le plus à ses passions , et atteint le maximum du penchant au crime.
12° C’est vers l’âge de 29 ans pour les hommes
ET LA MORTALITÉ DE L’HOMME
et de 27 pour les femmes , qu'il se fait chez nous le plus de mariages.
13° Presque tous nos centenaires se trouvaient à la fin de 1829, dans les provinces de Namur, de Hainaut et du Luxembourg.
14° On a remarqué en Belgique que les années où le pain était le plus ou le moins cher , ont coïncidé avec les années où Ton comptait le plus ou le moins de décès ; et le moins ou le plus de naissances.
15° La mortalité des femmes pendant la période de la fécondité , est un peu plus grande que celle des hommes aux âges correspondans.
16° Le nombre des naissances et des décès est plus grand en hiver qu’en été. C’est surtout aux petits enfans et aux vieillards que les rigueurs de l’hiver sont le plus funestes 3 puisque pour 1 décès en juillet^ 011 en compte à leur âge 2 en janvier.
Cette mortalité plus grande en hiver, diminue de manière à devenir à peu près nulle vers 10 â 12 ans 3 après cette époque et pendant la puberté et les années qui la suivent, la chaleur vitale se développe si abondamment, que c’est plutôt l’action de 1 été que l’on doit redouter pour le jeune homme.
17° Le nombre des naissances est moins grand le jour que la nuit, surtout que dans la seconde partie de la nuit. Il paraît en être de même des décès.
TABLEAU