DÉMOLITION DES AUTELS
Le lundi 16 mai 1661 après midi, les portes de l’église de Notre-Dame furent fermées pour n’être réouvertes que le mercredi suivant au matin. Durant ce temps l’on n'y fit point de services et les jours et les nuits furent employés à démolir tous les autels attachés aux piliers de l’église, dans la nef, la croisée, devant le pupitre et autour du chœur ; l’on ôta aussi le tombeau du baron de Bourdeilles, qui était dans le chœur, son corps fut retiré du cercueil de plomb, où il était enfermé, et enterré sans aucune cérémonie dans le cimetière de Saint-Jérôme. Ce seigneur avait été tué au premier siège, en défendant la brèche contre les Huguenots.
Cette proposition d’abattre et supprimer ces autels avait été rejetée en un Chapitre général, néanmoins quelques chanoines la firent résoudre en un Chapitre particulier. Le prétexte fut que église en paraïtrait plus belle ; et, sans considérer que toutes ces chapelles étaient fondées par des rois, des comtes et autres personnages de qualité, qu’elles étaient chargées de messes, qu'il s’y faisait à certains jours des stations, néanmoins les autels furent enlevés et les images des saints qui sy trouvaient furent, en bonne partie, reportés à ceux qu'on a laissés contre la muraille, autour de l'église, et où se font les services qui y étaient fondés. On a été aussi dans la résolution d’abattre le pupitre ', ce bel ouvrage de Yves, évêque de Chartres, qui est plus estimable par la mémoire de ce grand homme que si on le faisait maintenant tout d’or massif.
1. Cet acte de vandalisme fut réalisé par le Chapitre en 1763. Sous prétexte que le jubé n’était pas solide, il a non seulement fait enlever, mais briser cette merveille eten a fait employer les fragments retournés à daller une partie de l’église. Ses débris, retrouvés en 1849, sont déposés dans une chapelle de la crypte (27). Ils comprennent les bases et les chapiteaux des colonnes, sept médaillons, plusieurs clés de voûte et des fragments d’arcades.