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A2 "HELYE

Hélye, suivant MM. de Sainte-Marthe, était prêtre lors- qu Ebon, archevèque de Reims, fut déposé. Appelé à l'évêché de

268 | LES ÉVÉQUES

Chartres en 835, il assista à un concile tenu à Paris en 846 auquel fut confirmé un privilège du monastère de Corbeil, à un autre à Beauvais en 845 et à un autre à Tours en 849, comme le mentonne Loup, abbé de Ferrières, en son épître 84.

Dans le vieux livre d’Aganon, ou dans le cartulaire de Saint- Père-en-Vallée que MM. de Sainte-Marthe disent leur avoir été prêté par M. d’Eronval, on trouve qu’Aganus a appris par un véridique rapport comment un certain Elye, évêque, dérogeant à son ancienne noblesse, ayant eu la hardiesse, s'appuyant de l’autorisation du roi que peut-être 1l avait achetée à prix d’argent, d’entrer armé dans l’abbaye de Saint-Père, y répandant beaucoup de sang, alors que les religieux observaient leur ancienne règle. Ceux-ci eurent en telle horreur ces entreprises de l’évêque qu’en grand nombre ils abandonnèrent ce lieu, où ils avaient fait profession, pour se retirer en Bourgogne auprès du bienheureux Germain qui y avait * établi sa demeure. L’évêque prit prétexte de ce fait pour entrer dans le couvent s'emparer de tous les ornements précieux et de tous les vases d’or et d'argent qu'il y put rencontrer. Quelques moines qui, ne sachant où se retirer, étaient restés au monastère, y étaient chétivement et cruellement traités. Quelque temps après, cet Elye, enflammé des tisons du démon, qui avait eu la hardiesse de ruiner un monastère orné des titres et écussons du roi, ruina encore un monastère de filles établi à proximité de Chartres sur la montagne de Lèves.

Il est peu admissible, comme certains auteurs l'ont affirmé, que les évêques de Chartres en aient été en même temps les comtes, possédant l'autorité temporelle aussi bien que spirituelle, le domaine : leur appartenant de même que la fonction des choses ecclésiastiques. Elie, il est vrai, s'employa davantage dans son diocèse au temporel qu’au spirituel et, comme la plupart des évêques d’ailleurs, au temps de Charlemagne, qui portaient plus volontiers l'épée que la crosse et la miître, il entretenait plusieurs capitaines et de nombreux soldats.

Entrainé à de grandes dépenses, il fut obligé, afin de subvenir à leur solde, de lever des deniers sur les bénéfices de son diocèse. L'abbé et les religieux de Saint-Père ayant refusé de lui verser la

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