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GAUCELME

Gaucelmus ou Gavelinus est placé après Aiïmeric par nos catalogues, alors que MM. de Sainte-Marthe ne le nomment pas parmi nos évêques. Notre catalogue remarque pourtant que sous son épiscopat, Rollon avec ses troupes étant venu l’attaquer, Gavelin ayant obtenu un faible secours des Français, mais se trouvant trop faible pour se défendre contre ces barbares, arbora pour enseigne la chemise de la sainte Vierge, et, prenant son armée par derrière, contraignit Rollon à lever le siège et dissipa son armée.

Rouillard fait mention de [la contestation survenue entre l’évêque et les habitants de Chartres au sujet du pré dit des Reculets parce que c'était en cet endroit que se trouvait le camp de Rollon quand il fut mis en fuite. J'ai vu la transaction qui intervint pour apaiser ce différend, le 2 octobre 1446, entre Pierre de Béchebien, lors évêque, et les habitants, j'en ai pris l’extrait et en reparlerai, ainsi que de la fontaine minérale qui se trouvait dans ce pré. Rouillard ajoute que, depuis, Rollon se fit chrétien et prit le nom de Robert après son baptême lorsque le roi Charles le recut

CHALLINE. — Recherches. 18

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en son alliance et lui donna M°° Gilles de France, sa fille, avec une partie de la Normandie pour dot.

Gaucelme occupa le siège épiscopal trente-six ans et fut buts à Saint-Père-en-Vallée auprès du grand autel, comme le témoigne Paul, moine de cette abbaye, dans ses écrits, conservés au trésor de cette maison.

$O. — AGANON.

Haganus ou Aganus, qui rétablit l’abbaye de Saint-Père, fut un prélat digne de gloire. De bonne maison, noble, il était fort capable en toutes affaires. Douloureusement impressionné à la vue de ce couvent autrefois si vénérable et aujourd’hui si négligé et comme réduit à l’état de solitude, 1l fit venir des maçons et des tailleurs de pierre pour travailler aux réparations. Il voulut que l’église fut rebâtie et 1l put, dans la suite, la bénir et la consacrer. Il y établit des clercs pour y célébrer le divin service, leur donna pour leur entretien le territoire avoisinant leur clos de vigne, fit rendre au monastère tout ce que ses prédécesseurs lui avaient enlevé avec une nouvelle largesse de quelques héritages voisins.

Voici la substance de cet acte de restitution: « Moi Aganus, sans mérite, mais par la seule miséricorde de Dieu évêque de Chartres, ayant avec douleur constaté l’état d’un monastère presque ruiné, dédié en l’honneur de saint Pierre, à proximité de la ville de Chartres, et l’ayant rétabli sur ses fondements, y avais établi un nombre de chanoines de tous grades pour y servir Dieu et observer toutes les règles d’une sainte religion. Durant la paix ce leu avait fleuri, et les chanoines toujours dignement fait leur devoir, mais les païens y étant survenus, ont accablé ce lieu de toutes sortes d’oppressions, si bien que, l'ayant trouvé considérable, ils Pont laissé entièrement désolé. À présent voulant, avec la grâce de Dieu, y rétablir l’usage de la religion comme elle y était observée auparavant, afin que dorénavant les louanges de Dieu y soient éternellement célébrées, les psaumes, hymnes et cantiques spirituels incessamment chantés, possédant d’ailleurs quelques terres de Saint-Père en ousches et ruinées, qui autrefois appartenaient à l’abbaye, servant

RAINFROY 27$

à la nourriture des frères, qui leur avaient été enlevées et, par une sotte cupidité, retenues par les précédents évêques, situées d’un côté juxte le chemin public qui va à Saint-Martin-au-Val, d’autre côté les terres de Saint-Père, d’un bout les frères dudit monastère et les terres de Saint-Piat, et d’autre bout le chemin qui va à l’église de Saint-Père. »

Le même Aganus, ayant recu de Dieu la balance de l'équité pour faire justice, avec le consentement de ses fidèles confrères, dit: « Je donne et rends plutôt ce clos, qui était du domaine de Saint- Père, afin qu'ils en jouissent en toute assurance et le possèdent paisiblement, sans qu'il leur puisse être ôté injustement, y bâtissant, y plantant. » Il leur donna aussi la terre qui va depuis Saint- Aignan jusqu à la porte de Saint-Père pour descendre et monter la vallée. Ce contrat est fait à Chartres, en la maison épiscopale, signé par Aganus, Gaufrid, sous-diacre, Alcharius et Ganzo, prêtres, Suggerinus et Lambertus, chanoines, Besnard, prêtre, Giroardus, vidame, Aimo et Bouchard.

Aganus mourut l’an de N.-S 941, indiction 14, et fut inhumé en l'église de Saint-Père, après avoir possédé l’évêché de Chartres environ quinze ans.

GAL ERAIN FRON:

Ragenfredus succéda à Aganus vers l’année 941, en laquelle il entra en cette charge. Le cartulaire de Saint-Père porte qu'il fut aussi affectionné que son prédécesseur pour l’église de Saint-Père. L'abbé de ce monastère, Alvée, homme prudent, d’esprit élevé, noble et riche, désirant, ainsi que ses moines, mener une vie plus sévère, s'était retiré au monastère de Fleury-sur-Loire pour y étudier avec soin la règle de saint Benoît. Rainfroy le rappela avec douze moines qu'il ramena bien instruits de ces règles régulières qu'ils avaient pratiquées pendant trois ans dans ce monastère. L'évêque fit construire en même temps un cloitre convenable et donna à ces religieux douze prébendes dans l’église de Chartres pour les récompenser de la perte que leur avait fait souffrir Hélie en les privant de leurs biens.

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Rouillard conclut du fait que la charte de cette donation porte que le fonds qu'il leur avait donné était assis dans l’enclos de la ville, que, en ce temps, les évêques étaient encore seigneurs temporels. Il dit aussi que le revenu du monastère fut beaucoup augmenté par les bienfaits de la comtesse Hégarde ou de Rigeard qui fut inhumée en ce même temps dans le monastère.

Rainfroy fut enterré à Saint-Père après avoir possédé l’épiscopat quatorze ans.

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