GEOFFROY DE LÈVES
Geoffroi de Lèves, légat du pape en France, fut, selon MM. de Sainte-Marthe, successeur de Yves en 111$ ou 1116. Il était de la noble famille des seigneurs de Lèves, à une demi-lieue de Chartres. Robert du Mont, qui a fait son éloge dans la Continuation de la chronique de Sigebert, dit qu'il honora l’église de Chartres par sa bonne vie et sa doctrine et gouverna son diocèse avec beaucoup de prudence.
Thibault, en la Vie de saint Guillaume, dit de ce très vertueux évêque, qu'il s'était fait remarquer dans les grandes affaires qui lui avaient été confiées ; que le pape Innocent II l'ayant fait légat en Guyenne, il s’acquitta dignement de sa mission envers Girard, évêque d'Angoulême, et les autres qui tenaient le parti d’Anaclet.
La chronique de Morigny fait mention de lui à propos du mariage du roi Louis avec Léonore d'Aquitaine ou de Guyenne, célébré à Bordeaux, en ces termes : Geoffroy, évêque de la province des Chartrains, homme savant aux lettres et fort versé aux grandes affaires auxquelles il était ordinairement employé, toujours aimé des papes, qui se sont servi de lui et l’ont fait légat en Guyenne, emploi durant lequel il visita toute la France, faisant démolir toutes les églises dans lesquelles Girard, auteur d’une sédition, qu'il soutenait et entretenait avec l’évêque Gibet et autres complices, durant ce schisme odieux, avaient béni et consacré le chrème, n’en laissant pierre sur pierre, les détruisant de fond en comble. Comme il était raisonnable, il eut soin d’en faire rebâtir de nouvelles.
Geoffroy acquit à l’église de Chartres le bois de Saint-Martinen-Beauce et quelques autres seigneuries. En 1130 le pape Inno-
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cent II, cherchant un refuge en France, se retira à Chartres où il fut visité par le roi d'Angleterre.
À la recommandation d’Étienne, évêque de Paris, il fit réunir aussi en 1130 un concile, en l’abbaye de Jouarre, contre les sacrilèges qui avaient profané les reliques de Thomas, prieur de Saint- Victor, dont la mort est mentionnée au tome XX VII des conciles. Il assista à celui de Pise en 1134. |
En 1134 la ville de Chartres ayant été presque entièrement brûlée, mais l’église de Notre-Dame conservée, Geoffroy, pour détourner pareil malheur à l'avenir, fonda douze cierges qui devaient brûler jour et nuit devant l’autel de la sainte Vierge.
Il est parlé de lui en la Chronique de Suger, en la Vie de saint Bernard, livre IT, chap. 1°", nu et vi, et au livre IV, chap. 1v; au livre de ses Épitres 1$, 42, 47, $5, et au livre 1° de la Considération, Chap. 1°”, 11 et vi, où 1lest qualifié homme apostolique. Pierre, abbé de Cluny, lui adresse une épitre comme à un grand prêtre de Dieu et à un fameux évêque. Nicolas, abbé de Clairvaux, chap. xiv, Geoffroy, abbé de Vendôme, livre IT, ép. 21 et suiv. jusqu’à la 32°, Jean de Salisbury, en son livre le Policration, livre V, chap xv, le religieux Bernard le Gros dans son prologue de la Vie de Bernard, abbé de Tiron, que Souchet a fait imprimer, parlent de lui.
Mathieu, abbé de Vendôme, luia consacré une épitaphe qui se peut traduire : Je vous salue, père de notre église, abeille de Chartres, le plus grand de nos pontifes et conseiller de la cour romaine.
Il décéda le 9 dés calendes de février 1 138 (sic) possédant encore l'office de chévecier de l’église, comme il parait dans une épitre de Suger, et fut inhumé en l’église de Notre-Dame de Josaphat qu'il avait fondée en mémoire de la vallée proche Jérusalem qui porte ce nom dans l’Écriture-Sainte.
G3. — GOSLIN DE LÈVES!.
Goslin, archidiacre en l’église de Chartres, fut appelé à l'évêché
1. Neveu, par sa mère, de Geoffroy de Lèves, il était fils de Rahier, surnommé du Donjon, seigneur de Muzy au diocèse d’Evreux.