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JEAN DE SALISBURY

Anglais de nation, il fut élu évêque de Chartres, au lieu de Guillaume de Champagne. Après avoir été aumônier de Pierre, abbé de Celles, domestique du pape Adrien, comme le remarque Elimand, l’administration de l’église de Chartres lui fut laissée par Guillaume de Champagne, d’une manière très obligeante, ainsi que le rapporte Pierre, abbé de Celles, en l’épitre (8° de son VIT" livre) qu'il écrit audit Guillaume, en ce temps archevêque de Sens. Plusieurs autres lettres, écrites par cet abbé de Celles audit Jean, avant

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son élection, prouvent leur très grande amitié. Pierre avait accueilli en son abbaye Jean de Salisbury pauvre, mais très honnête homme, qui lui avait rendu plusieurs services.

Il avait été le disciple et grand ami de saint Thomas de Cantorbéry, et Pierre de Blois, en ses épitres, l'appelle lœil et la main droite de ce saint. On peut reconnaître qu'il fut sa main droite, attendu que, ayant porté le bras au-devant du coup destiné à abattre la tête du saint, il l’eut presque coupé, et la blessure qui en résulta fut si dificile à guérir que les médecins désespéraient d’en pouvoir venir à bout; saint Thomas lui apparut, lui mania le bras et le guérit parfaitement.

Le frère Guidon, dans sa Chronique écrite en 1180, du temps d'Alexandre ITIT, honore Jean de Salisbury de plusieurs éloges, tant pour sa piété que pour sa doctrine, et dresse le catalogue de nombreux ouvrages qu'il a écrits tant en vers qu'en prose: comme le Polycratique, où il traite des badineries des courtisans, dédié à saint Thomas de Cantorbéry, lorsqu'il était chancelier de Henri IT roi d'Angleterre, en exhortation au clergé de sa vie et de sa mort; les Miracles de saint Thomas de Cantorbéry dans les épitres qu'il adressait à diverses personnes ; le Métalogique, et plusieurs autres que Baldus remarque en son livre des Ecrivains d'Angleterre.

Jean de Salisbury fit preuve d’un esprit tout apostolique, appliqué au gouvernement de son église, qui fut très heureux, 1l la fortifia de toutes les franchises et de tous les privilèges qu’il lui fut possible, lui donna deux vaisseaux très précieux, l’un du sang de saint Thomas de Cantorbéry, encore tout bouillant, frais et coulant, l’autre rempli des reliques de saint Crépin et saint Crépinien, une chasuble très précieuse, trois chapes, son anneau d’or et d’autres ornements de grand prix. Il assista au concile de Latran, en 1179 et, après sa mort, fut inhumé à côté du chœur, devant la chapelle de la Vierge de l’abbaye de Josaphat près Chartres.

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