PIERRE DEMATINCYE
Neveu de l’évêque Henri de Grez, et frère de Doulrad, abbé de Saint-Martin-des-Champs, Pierre de Mincy, en sa jeunesse, avait fait profession des saints décrets en l’école de Paris, et après avoir quelque temps enseigné avec honneur le droit canon, il fut fait chanoine de Chartres, puis archidiacre de Pincerais et ensuite de Dunois, puis doyen et enfin évêque, dignité à laquelle 1l fut élevé plutôt par ses propres mérites que par respect pour son sang.
Mincy, dont il portait le surnom, est un petit village à un quart de lieue de Melun. Rouillard remarque que son aïeul et son père ont pris naissance dans le château de Mincy.
Pierre occupait le siège épiscopal sous le règne de Philippe le Hardy, fils de saint Louis, quand la ville de Chartres fut toute brûülée, à la réserve de l’église de la Vierge, et des ossements de saint Aignan, qui, retrouvés entiers sans avoir été atteints par le feu, furent remis dans une chàsse neuve. On croit que ce fut lui qui accorda les différends, qui existaient entre Jean de Châtillon, comte de
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Chartres etde Blois, et le Chapitre, bien que quelques auteurs attribuent cet accord à son successeur.
Pierre de Mincy mourut à Chartres en 127$ et fut inhumé au couvent des frères prècheurs, devant le maître-autel, sous une lame de cuivre chargée des vers latins suivants :
Corpus Pontificis, quem Petrum nomine dicis, Hic jacet, hic patruis jungitur ipse suis.
Prudens, mansuetus, humilis fuit atque pudicus,
Doctor, discretus, et pacis semper amicus.
Carnutum pastor, dignus pietatis amator,
Felle carens, lingua facundus, larous egenis,
Mille semel et bis centum trigenta bis annus. Et cum quinque decem, perciptesque necem.
Huic sit propitia pia mater Virgo Maria
Que procuret ei sedem sanctæ requier.
7$ "SIMON DE, PERRUCHÉ.
Simon de Perruché, neveu du pape Martin IV, avait été auparavant archidiacre de Pincerais en l’église de Chartres. Il souscrivit, en 1283, à un titre de grand pastoral de l’église de Paris, contenant tous les revenus du Chapitre, particulièrement pour une petite église donnée à l’hôtel-dieu d’Epone, dans le diocèse de Chartres. Cet évêque employa tout le temps de son pontificat à pacifier les différends continuels, qui s’élevaient entre le Chapitre de Chartres et Charles de Valois et d'Alençon, fils de France et comte de Blois, Chartres et Angers, et Mme Catherine, impératrice de Constantinople, sa femme.
En 1286, le comté de Chartres fut remis entre les mains du roi Philippe le Bel, par Mahaud ou par Jeanne d'Alençon, moyennant une assignation de 4000 livres de rente.
Le cloitre fut, de son temps, clos de murailles et de portes, pour la sûreté des chanoines.
Il mourut à Paris, et fut inhumé aux Saints-Innocents, dans le chœur, où on lit cette épigraphe en français : « Cy gist noble Seigneur Symon de Perruche, d’heureuse mémoire, qui fut aultrefoys
CHALLINE. — Recherches. 20
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nepveu de Nostre Saint Père le pape Martin IV, qui a ici choisi sa sépulture entre les pauvres, et qui sortit de ce monde l’an de grâce 1297, le lundi d’après la feste de tous les Saints. Priez Dieu pour luy. »