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JEAN LE FÈVRE

Originaire de Douai, Jean Le Fèvre avait été en sa première jeunesse religieux de Saint-Vast d'Arras, dont 1l devint prévôt, puis abbé. Il parvint à l'évêché de Chartres en 1379. Il était très docte en droit canon et l’un des plus éloquents personnages de son siècle. Ses mérites l’avaient élevé au siège épiscopal de Chartres, et il fut un de ceux qui s’employèrent le plus puissamment à pacifier le schisme entre les papes Urbain VI et Clément VIT, expressément envoyé en qualité de légat pour cet accommodement. Il fut aussi avec M'° Arnault de Corbie, lors premier président au parlement de Paris, de l'ambassade envoyée vers le duc de Bretagne pour régler un différend que ce duc avait avec le roi Charles VI. Ses capacités lui valurent la charge de chancelier du fils du roi Jean, Louis IT, alors duc d'Anjou, roi de Naples et de Sicile. Il s’acquitta si dignement de cette fonction que le pape, après le décès de Louis IT la lui fit conserver auprès de sa veuve qui avait pris ce titre : « Marie par la grace de Dieu reine de Sicile et de Jérusalem, duchesse d'Anjou. »

312 LES ÉVÉQUES

L'obligation de se consacrer aux affaires temporelles ne l’empêchait pas de vaquer aux spirituelles, auxquelles il ne cessait de s'appliquer, ne manquant jamais de se rendre en son diocèse à toutes les solennités et en toute occasion où la présence de l’évêque était requise.

Tombé malade à Avignon, il y décéda le 21 janvier 1390, donnant à l’évêque qui lui devait succéder la maison qu'il possédait à Paris, rue Saint-Paul, avec sa maison de Dreux, ses prés, vignes et autres dépendances, à condition de ne pouvoir demander à ses héritiers que la somme de 2 000 francs qu'il affirmait avoir seule recue lors de son avènement à l’épiscopat pour les réparations, bien qu'il y ait employé beaucoup plus. Il légua à l’église une mître très riche, que lui avait donnée le roi de Sicile, ainsi qu’une autre qu’il avait eue des héritiers d'Ebles du Puy, sa crosse, ses missels, ses bréviaires et beaucoup d’autres choses très précieuses, ses gants, ses anneaux, ses tuniques et ses sandales. Il fit en outre l’église de Chartres héritière de tous ses autres biens, choisit pour exécuter son testament M° Mathieu de Péronne et M° Jean de Mouy, prévôt de Saint-Wast d'Arras. [1 déclara depuis, par un codicille, que son legs à l’évêque n'était pas fait à la personne, mais à la dignité, et que son successeur n’en devrait rien appliquer à son profit particulier.

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