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O8. — ÉVRARD DE LA MARCK

Choisi et élu en son absence, en 1 $07, par le Chapitre, Evrard de la Marck était, frère de Robert, duc de Bouillon, maréchal de France, seigneur de Sedan. Le roi Louis XII l’envoya en ambassade vers l’empereur Maximilien, et vers le pape Clément VII, comme légat apostolique, avant de devenir principal conseiller de l’empereur Charles-Quint. Il fut fait cardinal par le pape Léon X lorsqu'il était évêque de Chartres.

Cet évêque semploya beaucoup à la reconstruction du clocher de l’église, qui avait été renversé par la foudre en:1506, le jour de Sainte-Anne, et fit travailler à la clôture du chœur qu’il n'acheva

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pas, car, bien qu’on y ait besogné à plusieurs reprises, elle n’est pas encore achevée et 1l y reste beaucoup d’arcades à faire. Après vingt ans d’épiscopat à Chartres, il quitta le service du roi François IT et prit le parti de Charles-Quint, à la recommandation duquel il fut fait évêque de Liège et depuis cardinal au titre de Saint- Martin des Monts.

Un auteur allemand écrit que cet évêque, de son vivant, fit édifier son tombeau, qui était magnifique et sur lequel ces paroles étaient gravées : « Evrardus à Marka, mortem habens præ oculis, vivens posuit », et fit même célébrer ses funérailles avec grande solennité en la cathédrale de Liège, ainsi qu'elles le furent en effet après sa mort.

Évrard de la Marck a été le dernier évêque nommé par voie d'élection, la Pragmatique Sanction ayant été abolie par le concordat intervenu entre le pape Léon X et le roi François [°, qui établit les nominations royales. Rouillard dit en avoir amplement discouru, dans les 8° et 10° plaidoyers de ses Reliefs forences qu'il recommande de lire sur ce sujet, ainsi que l’épitre 65° de Yves de Chartres. Pour connaître tout ce qui s'est passé touchant la Prapmatique sanction et le Concordat, il faut se reporter au livre de Genebrard De Sacrarum electionum jure, imprimé à Paris en 1593, ainsi qu'à l’histoire faite par M. du Puy, imprimée à Paris, chez Cramoisy, à la suite des Libertés de l’Église gallicane. Le roi saint Louis n'avait pas voulu se charger de ces nominations, et leur réalisation eut cela de funeste qu’elle fut suivie, un an après, de l’hérésie de Luther, dont toute l’Europe commenca d’être, comme elle l’est encore, infestée. Dieu sait ce qui est nécessaire à son Église, et, quand 1l lui plaira, 1l saura ordonner là-dessus ce qui lui sera le plus utile, les élections aussi bien que les nominations, donnant naissance à une infinité d’abus qu’il n'appartient qu'à la suprême providence de la Majesté divine de réformer, les hommes étant des aveugles qui, dans les causes les plus claires et les plus justes, ne laissent pas de rencontrer mille sujets de peine.

Sturmius, auteur allemand, ayant dit, au sujet de son décès, qu’il était mort un homme de leur pays qui était avare, cruel et ignorant, Joannes Cocleus, pour le réfuter, lui répondit qu'il avait

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