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JACQUES LESCOT

qui tombèrent sur l’autel. Ce maudit sacrilège ne fut pas plus tôt commis qu'il fut appréhendé par quelques paroissiens présents et conduit en la prison de Saint-Père, d’où il fut mené aux prisons royales. Son procès fut instruit par le lieutenant criminel Gobineau et 1l fut condamné, par arrêt de la cour qui confirma ce jugement dans l’année, à avoir le poing coupé devant la porte de Saint- Hilaire, et être de là conduit à la grande place où il serait brülé vif. Aussitôt cet acte commis, la nouvelle en fut portée au bon prélat qui, le lendémain, dès quatre heures du matin, s’en alla piedz nus, la corde au col et accompagné seulement de deux de ses laquais, à cette paroisse, où 1l resta jusqu'à neuf heures du soir, les portes fermées, et, en cet état, fit, avec le curé et quelques autres curés de la ville, une procession autour de l’église. Arrivés devant l’autel ils firent chanter les litanies de la sainte Vierge par un petit enfant qui tirait les larmes des yeux de tous les assistants. Il se fit ensuite, pour l’expiation de ce crime, une procession générale suivie de prières.

La minorité du roi Louis XIV donna lieu, entre les princes du sang, à d'importantes guerres civiles. L’armée des princes, aprèsavoir bloqué Paris et y avoir livré de sérieux combats, menaçait de venir à Chartres quand, par un hasard heureux pour nous, elle se jeta sur Étampes qui fut saccagée, et se retira en Espagne.

Ce bon prélat, après un épiscopat de treize ans, mourut à Paris d’une rétention d'urine qui l'avait obligé à se faire sonder et à user de remèdes violents qui hâtèrent ses jours. Sa mort arriva le 22 août 1656, au grand regret de tout le peuple chartrain, car c'était un homme tout en Dieu, affectionné à ceux qui dépendaient de lui, et, à cause de la vie évangélique qu'il avait menée, tenu pour saint. [] choisit sa sépulture en l’église de Saint-Aignan qu'il avait toujours fort aimée. De grandes contestations s’élevèrent entre le chapitre et le curé de Saint-Aignan, le sieur Martin, poussé par les autres curés de la ville, pour savoir à qui reviendrait l'honneur de son inhumation. Ce curé, ayant connaissance du jour des obsèques et de l’intention de Messieurs du Chapitre, les alla prier de faire dans son église l'office de l’inhumation. Le Chapitre lui répartit qu'il était en droit de faire cette cérémonie de sa propre autorité à

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cause des droits de l’évêque qui lui étaient dévolus par la vacance du siège épiscopal. Cette réponse obligea le sieur Martin de présenter requête à la Cour, afin que l’arrêt du 27 juillet, rendu entre ledit Chapitre et le sieur curé de Sainte-Foy, à l’occasion du décès d’un de leurs chanoines inhumé à Sainte-Foy, fut exécuté. La Cour, faisant droit à cette requête, ordonna l'exécution de l’arrêt, avec défense aux sieurs du Chapitre d’y contrevenir et injonction aux officiers du roi d’ÿ tenir la main. Le 1° septembre 1656 le Chapitre, accompagné de tout le clergé et des corps de ville et du Présidial, transporta le défunt évêque de la chapelle de l’évêché en l’église de Notre-Dame où fut célébré un service solennel, et son oraison funèbre prononcée, puis de là le portèrent à Saint-Aignan, où le sieur Martin, curé, et ses habitués s'étaient préparés à faire les cérémonies de son inhumation. Les doyen et chanoines s'étant avancés dans l’église, plus loin que ne l’ordonnait larrêt du 27 juillet, prétendant procéder à l’heure mème à l’inhumation du défunt, le curé s’y opposa, leur fit signifier l'arrêt du 20 août et en demanda l’exécution aux officiers du Présidial et substitut du ‘procureur général présents, leur adressant prière de faire cette inhumation à sa requête et non de leur propre autorité, ce qu’ils refusèrent. On dut surseoir à l’inhumation et déposer le corps dans une chapelle de l’église qui fut fermée à clé et scellée du sceau royal. Les parties s'étant ensuite pourvues au Parlement, et ouies par leurs avocats, 1l fut ordonné qu’elles auraient audience au lendemain de Saint-Martin, mais que, sans préjudicier à leurs droits au principal, les sieurs du Chapitre achèveraient linhumation, et acte donné de la prière faite par le curé et de la protestation du Chapitre au contraire. Suivant cet arrêt l’inhumation fut faite par le Chapitre dans les grottes de l’église Saint-Aignan le 13 septembre 1656.

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