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LOS: — FERDINAND DE NEUFVILLE DE VILLEROY

Frère du duc Nicolas de Villeroy, maréchal de France, gouverneur de la personne du roi, et de Camille de Neufville, archevêque comte de Lyon et primat des Gaules, Ferdinand était né à Rome, alors que son père y était ambassadeur de France, et avait été tenu sur les fonts baptismaux par Ferdinand de Médicis, grand duc de Toscane. D'abord chevalier de Malte, abbé de Saint-Wandrille, en Normandie, de Saint-Main en Bretagne, de Bellevillesur-Saône et de Mozac, il avait été désigné comme .coadjuteur d'Achille de Harlay, son oncle à cause de Jacqueline de Harlai, sa mère. Le 28 août 1644, jour de Saint-Augustin, 1l fut sacré évèque de Saint-Malo par son prédécesseur, assisté de René du Louvel, évêque de Cornouailles, et de Denis de la Borde, évêque de Saint-Brieuc. Il fut député à l'assemblée générale du Clergé tenue en 16ç0. À la mort de Monsieur Lescot, l’évêque l'ayant honoré du don de l’évêché de Chartres, il en obtint les bulles de Rome en 1657, et fit son entrée solennelle le jour de Sainte-Catherine 2$ novembre 1657. C'était un prélat fort judicieux et affectionné au peuple chartrain, auquel il rendit d'importants services pendant les trentre-trois ans de son épiscopat. Il obtint arrêt de la Cour du 24 mars 1664, contre le Chapitre pour la cure de Saint- Saturnin, dont le sieur Bricet était pourvu par dévolu, alors que le sieur de Champigny s’en prétendait curé nommé par le Chapitre

336 LES ÉVÉQUES

soi-disant curé primitif depuis plus de deux siècles. Par cet arrêt, rendu après un beau et long plaidoyer, la cure fut adjugée à l’évêque diocésain, avec droit de juridiction sur les ecclésiastiques et paroissiens, et de collation à ladite cure; et au Chapitre fut accordé le droit de présentation à cette cure; les dépens furent compensés.

Le 24 avril 1659, veille de Saint-Marc, une grande gelée, arrivée sur les cinq à six heures du matin, anéantit la récolte de la généralité des vignes dans le pays chartrain, au point que le quartier de vigne ne rendit même pas dix pintes de vin, à peu près comme en 1578, et à peine en avait-on pour célébrer la sainte messe. Il en résulta un grand renchérissement des vins, renchérissement qui se produisit sur les blés les années suivantes.

On doit à ce prélat le rétablissement du grand séminaire de Beauheu qu'il a fait bâtir de ses deniers pour l'instruction des jeunes aspirants aux ordres sacrés, œuvre pieuse qui lui a occasionné une très grande dépense, sans compter d’autres grandes actions très pieuses. Décédé à Paris le 8 janvier 1690, après avoir gouverné 32 ans et 6 semaines le siège épiscopal de Chartres, 1l fut ramené en son palais le 10 du même mois et inhumé au cimetière du Grand- Beaulieu le 24, après avoir été porté à Notre-Dame, où lui fut fait par le Chapitre un service solennel. Cet excellent prélat emportait les regrets des grands et des petits. Par testament il fit de grands dons, entre autres, au Séminaire, auquel 1l donna 6 000 livres pour parachever un bâtiment commencé par son ordre, et 8000 livres au Bureau des Pauvres de la ville.

CHPAPITRESTI

DES CÉRÉMONIES DE PROMOTION, ENTRÉE SOLENNELLE ET INTRONISATION DES ÉVÊQUES DE CHARTRES

Ainsi que nous l'avons remarqué pour plusieurs d’entre eux, la nomination de nos évêques se faisait dans l’église par élection, mode d'opérer confirmé par la Pragmatique sanction, mais aboli par le Concordat' qui donna au roi la nomination et au pape le droit de les conférer. L'un et l’autre ont usurpé ce droit de les choisir et de les nommer qui appartenait au clergé et aux fidèles. Quelques-uns, avant le Concordat, ont bien été nommés par les ‘papes et les princes, mais cela n’était pas ordinaire et se produisait vraisemblablement lorsque le clergé et les fidèles n'étaient pas d'accord. De même que les Druides, après le décès de leur chef, en élisaient entre eux un nouveau, ainsi le clergé chartrain s'était toujours conservé le droit d’élire ses évêques jusqu'au Concordat. Les archives de l’église de Chartres remarquent que saint Solein, 14° évêque, ayant été élu par le clergé, fut confirmé par le roi Louis V et que son fils Childebert autorisa l'élection de saint Lubin, 17° évêque de Chartres.

L'évêque élu ou nommé par le roi, après avoir recu ses bulles de Rome et été sacré, prévient le Chapitre, les officiers, les échevins et les quatre barons qui le doivent porter, du jour qu'il a choisi pour faire son entrée. Le vidame de Chartres et les barons d’Alluyes, le Chesne-Doré et Longny, chacun selon son devoir, se préparent à le porter. La veille de son entrée 1l se rend, sur le

1. Traité fait en 1516 par François Ier avec le pape Léon X pour abolir la Pragmatique sanction.

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