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L'église fut remplie de terre

CHALLINE. — Recherches. 23

au cimetière de Saint-Thomas qui lui appartient. Cette église fut détruite sous l’épiscopat de Louis de Vaucemain et le règne du roi Jean, alors que le roi d'Angleterre était campé avec son armée dans les environs, vers 1357, à cause de sa proximité des murailles. Les curés, les prêtres et les habitants ne sachant où célébrer le divin service ou y assister, ni serrer le saint sacrement, Marie d'Angennes, de la maison de Rambouillet, par acte de l’année 1364, donna sa propre maison et ses jardins, situés au centre de la ville, pour édifier une nouvelle église qui fut consacrée en 1418, sous l’épiscopat de Philippe de Boisgiloud. Le nouveau terrain étant dans la censive de l’évêque, alors que l’ancien était dans la juridiction du Chapitre, il en résulta, entre l’évêque Miles d'Illiers et le Chapitre, un procès qui donna lieu à un concordat par lequel la collation et la visite furent attribuées au Chapitre, comme avant la translation, et la censive éteinte; puis par des bulles du pape Sixte IV de 1475, cette cure fut unie à la mense du Chapitre pour l'entretien des enfants de chœur. Le Chapitre ayant la main sur cette paroisse n’y établit plus qu'un vicaire perpétuel qui prenait le baise-main de l’église pour honoraire, et, aux Chapitres généraux de la Saint-Jean, y députait, chaque année, deux chanoines chargés d'y célébrer le service divin aux fêtes solennelles. Ces députés du Chapitre avaient en outre le pouvoir de donner aux paroissiens les dispenses dont ils avaient besoin, le revenu temporel de l’église, très important, demeurant au Chapitre qui l’employait à l'entretien de sa musique. La Cour du parlement de Paris, par arrêt du 24 mars 1664, rendu entre M. Jean Brisset, prêtre, maitre ès arts de l’Université de Paris, pourvu de la cure, appelant comme d'abus de l’exécution d’une prétendue bulle d'union de cette cure à la mense capitulaire du Chapitre expédiée par le pape Sixte IV, le 4 novembre 1475, ainsi que de la commission du 1 $ octobre 1662, donnée par les doyen, chanoines et Chapitre, à M° Jean Badin de Champigny, pour desservir ladite cure, et demandeur, par lettres en forme de requête civile obtenue en chancellerie le 27 juillet 1663, contre deux arrêts de ladite cour des 2 mai 1488 et 26 mai 1660, et contre un appointement rédigé et non recu de l’année 1563, entre M" Jean Brisset deman-

deur d’une part et les doyen, chanoines et Chapitre et M'° Jean Badin de Champigny, l’un desdits chanoines commis à ladite desserte, intimés, défendeurs d’autre; et entre M Ferdinand de Neufville, évêque de Chartres, conseiller ordinaire du roi, demandeur, en requête du 10 juillet 1663, afin d’être recu partie intervenante en ladite cause d'appel et requête civile, et appelant comme d’abus de la concession de l’évêque Philippe du 1° août 1418, en vertu de laquelle le Chapitre prétend tous droits de supériorité, juridiction spirituelle et temporelle sur l’église et la paroisse, ensemble de tout ce qui s’en est suivi d’une autre part, et lesdits doyen, chanoines et Chapitre, Brisset et Badin, respectivement défendeurs et intimés d'autre ; et entre ledit Brisset demandeur au principal pour raison du possessoir de ladite cure, suivant exploit du 26 octobre 1662 d'une autre part et ledit Badin défendeur d’autre ; et entre les marguilliers et habitants de ladite paroisse demandeurs, en requête à la cour du ç$ des mêmes mois et an, afin d’être recus parties intervenantes d’une part, et lesdits évêque, doyen, etc. Brisset et Badin défendeurs d’autre ; après que Nouvet pour Brisset, du Boys pour l’évêque, Sevin pour les habitants et marguilliers de ladite paroisse, ont conclu en leurs appellations comme d'abus, lettres en forme de requête civile et interventions, et que Montholon pour lesdits du Chapitre a été oui, en déclarant que les parties désavouent l’article contenu dans le cartulaire par eux produit, Le Verrier pour ledit Badin de Champigny ; et après les plaidoiries des avocats et celle de Talon pour le procureur général, la cour recut la partie de du Bois, et faisant droit sur le tout, ayant égard aux lettres en forme de requête civile, icelles entérinées, rétablit les parties en l’état où elles étaient avant les arrêts dont était question ; et, sur l'appel comme d’abus, dit qu'il a été mal, nullement et abusivement procédé, et en conséquence maintient la partie de du Bois en la juridiction épiscopale, tant pour les ecclésiastiques que les laïcs de Saint-Saturnin, ordonne que dans un mois les parties de Montholon présenteront à l’évêque une personne capable d’étre pourvue de la cure, évoque l'instance pendante aux requêtes du palais ; et, sur la demande en complainte, met les parties hors de cour et de procès ; et, faisant droit sur

les conclusions du procureur général du roi, a donné acte aux parties de Montholon du désaveu de l’article de leur cartulaire et ordonné qu’il sera rayé par le greffier et mention faite en marge de la radiation et du présent arrêt, dépens compensés. Cet arrêt, fort authentique, est du 24 mars 1664.

Ces derniers termes du jugement détruisent la prétention du Chapitre de ne relever, tant au spirituel qu’au temporel, que du pape seul et l’engagent à reconnaitre leur évêque. Etil convient de remarquer que le Chapitre prétendait aussi n’avoir pas à plaider en la cour ni devant les officiers du roi, et traiter par ambassadeur avec le roi. |

Très mortifié de cet arrêt, le Chapitre n’a pas cessé néanmoins de conserver les biens importants provenant de cette cure, il en jouit encore et fait servir son revenu à l’entretien de sa musique. Il ne reste toujours au curé que le baise-main, et aux vicaires, chapelains et gagers, que ce qu'ils recoivent des paroiïssiens.

Il ÿ avait à Saint-Saturnin un cimetière, qui existe encore hors la ville, à la porte des Épars, ainsi qu’une chapelle dédiée à saint Thomas de Cantorbéry dans les belles grottes de cette église, dont les guerres de la Ligue ont achevé la ruine, parce qu’elle était située presque sur le bord du fossé. L’évêque Jean de Salisbury était pense-t-on, le fondateur de cette chapelle, parce qu'il avait été le disciple et serviteur de saint Thomas de Cantorbéry, dont il a écrit la vie.

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