ABBAYE DE SAINT-PÈRE-EN-VALLÉE
cette abbaye. Ne pouvant restituer les domaines qu'Hélye avait ruinés, il leur assigna douze prébendes dans la cathédrale, dont six: leur furent depuis retirées par Hardouin, son successeur.
Rétablie, par la suite des temps, plusieurs évêques, par affection pour cette abbaye, y élirent leur sépulture, entre autre Gaucelme, 49° évêque, qui eut l'honneur de chasser les Normands, en portant pour bannière la sainte chemise de la Vierge. Paul, religieux de cette abbaye, a écrit que Gaucelme s’y était fait inhumer, alors qu'elle était encore en ruines ; 1l ne faut donc pas s'étonner que Aganon, son successeur, ait voulu s’y faire enterrer, en ayant été le premier restaurateur. Sa mémoire y est fêtée le 23 décembre, comme celle d’un saint. Raïnfroi, $1° évêque, s’y fit aussi inhumer ; Wulphart, ç$3° évêque, pareillement en 986, comme aussi saint Fulbert, 56° évêque, y fut enterré, au côté du grand autel, vers le septentrion, et, proche de lui, Théodoric en 1031, s7° évêque; Agobert', 58° évêque, en 1038; la comtesse de Rigeard et de Vauvineux, l’une de leurs bienfaitrices, du temps . d’Aganus, dont l'abbaye fait tous les ans mémoire le 13 novembre, jour de saint Brice, où on sonne toute la nuit les cloches de l’abbaye.
Selon le religieux Paul, Rainfroy lui donna, comme premier abbé, Alveus, doyen de la cathédrale, lequel, étant décédé du temps du même Ragenfroy, fut remplacé par Vulphart ou Volhart, élu depuis évêque de Chartres. [Il avait été premier abbé de Fleurysur-Loire d’où il fut appelé par Rainfroy pour être abbé de Saint-Père et le réformer, ce qu’il fit avec quelques-uns de ses religieux, d’où ce fait qu'en quelques titres de Fleury, les religieux de Saint-Père de Chartres sont appelés leurs confrères, participant à leurs prières.
L'abbé de Saint-Père jouit de grands droits et grands privilèges, et exerce même une sorte d'archidiaconé sur plusieurs églises, selon l'octroi, confirmé par les papes Innocent et Grégoire, que lui en a fait Regnault, 68° évêque, nonobstant toutes les instances des doyen et sous-doyen de Chartres qui y prétentaient priva-
1. [Il n’est pas fait état de cet évêque dans le Catalogue de Challine,
tivement à tous autres. [Il est de plus conservateur des privilèges des abbé et religieux de Sainte-Geneviève de Paris, comme on le voit dans la bulle insérée en la vie de cette sainte.
Gaufrid, évêque de Paris, vers 1060, institua Saint-Père-en- Vallée de Chartres héritier de sa terre de Harcourt.
Jean de Châtillon, comte de Chartres, accorda aux religieux de Saint-Père trois jours de foire franche par an.
Leur martyrologe est rempli de pareilles concessions.
En outre, l’abbé de Saint-Père est le doyen de tous les abbés du diocèse et en cette qualité les précède aux synodes et en toutes les autres assemblées de la province.
En reconnaissance de ce que les abbé et religieux de Saint- Père ont autrefois donné aux Cordeliers de Chartres quelque portion de leur territoire, pour servir à l'édification de leur couvent, ceux-ci sont tenus de leur offrir tousles ans, le jour de Saint-Pierre, à l’offerte de la messe conventuelle, un cierge de cire blanche de deux livres que doit présenter un religieux de leur ordre.
Le corps d'un évêque de Nantes, décédé à Chartres, qui fut autrefois porté par les chanoines de Notre-Dame en l’église de Saint-Père, y est resté en dépôt.
Catalogue des abbés.
. Alveus, établi par l’évêque Rainfroy, mort vers 950.
. Arembert, du temps de l’évêque Hardouin.
. Vulphard ou Volhart, du temps de l’évêque Odon. . Magenard ou Mainard, du temps de Kulbert, qui le cite en son épitre 21°.