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LES CORDELIERS

Petit Saint-François, qui s'y voit encore, le reste du lieu fut planté en vigne pour les besoins du couvent, et on leur acheta une autre place dans la ville, en la paroisse Saint-Michel, des deniers provenant du don testamentaire fait aux pauvres de Chartres par l’évêque Louis Guillard, mort à Paris en 1,64, ainsi qu'avec les bienfaits de M" Charles d'O, seigneur de Vérigny et ceux de la dame de Villebon, et d'autres seigneurs, chanoines et bourgeois de la ville, obtenus à la sollicitation de frère Pierre Marcelin, grand économe et gardien du couvent. Ce terrain fut cédé par les Bénédictins de Saint-Père, et, en reconnaissance, les Cordeliers leur donnent chaque année, à l’offerte de la grand’messe conventuelle de leur église, au jour de Saint-Pierre et Saint-Paul, un cierge de deux livres de cire blanche. Depuis cette acquisition, ce couvent des Cordeliers s’est accru en telle perfection que, aujourd’hui, il peut loger une grande quantité de religieux. Le sieur Thiersault, un de leurs fondateurs, y est inhumé.

En 1572, peu après cette acquisition, lorsqu'on voulut creuser ies fondements de l'église dans ce clos planté de vignes, 1l y fut trouvé plusieurs vieilles murailles de chaux et ciment, et trois ou quatre ans après, en creusant au même clos les fondements d’une bibliothèque, on trouva des voûtes entières et des ruines d’édifices superbes, construits de briques d’une épaisseur et d’une largeur admirables, à l’égard de celles d'à présent, ce qui donna matière à plusieurs de dire que l’abbaye de Saint-Père-en-Vallée avait été anciennement bâtie dans cet enclos, lorsqu'elle fut ruinée et saccagée par l’emportement et la passion de Hélye, évêque guerrier et cruel. Quoi qu'il en soit, cela doit être un témoignage que la ville a bien changé de face, et qu’elle a été autrefois tout autre que nous la voyons, n’y ayant aucun endroit, dedans et hors la ville, où l'on ne rencontre, en creusant le sol, des vestiges et des fondements de vieilles murailles, d’une épaisseur extraordinaire, qui font préjuger de la grandeur des bâtiments qu'ils portaient, par exemple au jardin des évêques, lorsque M. d’Estampes y a fait bâtir, et actuellement au lieu où bâtissent les Carmélites, ainsi qu’au clos de Saint- Martin-au-Val, dans les nouveaux jardins qu'y font les Capucins.

On a fait depuis quelques années, sur l'emplacement de l’ancien

couvent hors la ville, une petite chapelle où, pour la commodité des habitants du faubourg, et des passants qui logent dans les hôtelleries, un père cordelier va tous les jours dire la messe.

Le père Gaultier, cordelier, a fait un livre de cette maison; je ne sais s’il a été imprimé, mais j'ai vu de cet auteur un ouvrage latin dans un registre des Cordeliers. Voici une partie de son titre et un résumé: Martyrologium conventus Carnotensis fratrum minorum, in quo quando ordo noster seraphicus in toto orbe et Carnuto urbe cæpit, quo tempore, etc... Per fratrem Stephanum Gaultier, conventus filium et quondam fratrem gardianum.— Parisiis, apud Sebastianum Martin, typographum juratum, in via Jacobæa, sub signo divi Joannis Evangelistæ, 16$2. Suit une épitre liminaire, au R. P. Philippe le Roy, prédicateur du roi, confesseur de la reine, commissaire apostolique, un avis ou préface pio lectori, ensuite est l'ouvrage même, dont la moitié est en latin et le surplus en français.

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