MINIMES DE SAINT-FRANÇOIS DE PAULE
ses enfants, les Minimes, les attira en la ville de Chartres, où il fut leur fondateur. Par une convention passée avec le R. P. Gilles Camard, leur provincial en Touraine, grand oncle de Colbert, il leur céda son jardin et sa maison, hors des murs de ville près la Porte-Guillaume, où ils demeurèrent jusqu’en 1618, époque à 1aquelle, d'entente avec leur fondateur, ils le vendirent pour s’installer paroisse Saint-André, au-dessous du collège, dans la ville. Yves le Breton leur avait donné en 161$, par contrat passé devant Denis Guignard, notaire à Chartres ', la somme dont ils avaient besoin, avec une rente à prendre sur ses terres de Chantemesle, du Fresne, etc., en la paroisse de Courtemanche, à charge, par les Minimes, de prier Dieu jour et nuit pour lui et ses successeurs, et
de reconnaitre à perpétuité pour fondateurs M'° Francoise le Vayer, sa nièce, femme de Louis de la Poustoire?, conseiller au présidial de Chartres et ses enfants aînés, qui ont toujours joui de ces prérogatives, comme aujourd'hui dame Marie Fouet5, épouse du sieur du Val, conseiller du présidial de Chartres, fille aînée de M”° de la Poustoire, première femme de M. Kouet de Malsac, premier président en l'élection de Chartres, au préjudice de
1. Et outre a été accordé au sieur fondateur, qu'après son décès tous les privilèges et droits de fondateur viendront à Me Louis de la Poustoire, conseiller du roi à Chartres, comme époux de demoiselle Françoise de La Mothe Le Vayer, nièce du fondateur, fille de Félix de La Mothe Le Vayer, conseiller du roi et substitut du procureur général en la cour de Parlement à Paris et de feue demoiselle Gatienne Le Breton, sœur du fondateur, afin que les droits soient perpétués à tout jamais à leurs aînés, parce qu’ils habiteñt Chartres, et non à M. François Le Vayer, frère de ladite dame de la Poustoire.
2. De Louis de la Poustoire et de Françoise Le Vayer sont issus: 1° Me Félix de la Poustoire, chantre et chanoine de Chartres ; 2° Louis de la Poustoire, conseiller au présidial de Chartres; 3° Anne de la Poustoire, curé de Houx; 4° Yves de la Poustoire, capitaine au régiment de Vervins; ç$° Madeleine de la Poustoire, sans enfants de Simon de la Saussaie, éc. seigneur de Thune; 6 Fleury de la Poustoire ; 7° Françoise de la Poustoire, femme de Simon Fouet, seigneur de Malsac et de Fruncé, conseiller du roi, premier président en l’élection de Chartres. E
3. Simon Fouet avait eu de Françoise de la Poustoire: 1° Louis, seigneur de Fruncé, sans enfants de Denise Gouache ; 2° Marie-Anne (1633-1711) épouse de Louis du Val, conseiller au présidial, dont trois filles; 3° Jeanne Fouet, épouse de Jean-Léonor Couart, seigneur de la Bréqueille, conseiller du roi, * prévôt de Chartres, sans enfants.
M. le Vayer, secrétaire du roi, neveu du sieur le Breton et frère ainé de la dame de la Poustoire, parce qu’il faisait sa résidence ordinaire à Paris, et le sieur de la Poustoire et sa femme à Chartres, ce qui déplut très fort au sieur le Vayer, et a causé de grandes pertes et un dommage très notable à la famille de M. de la Poustoire.
En 1618, on jeta les fondements de l’église sur un emplacement qui fut béni par l’évêque Philippe Hurault. La construction se fit, partie aux frais de M. Le Breton, fondateur, et partie grâce aux libéralités et aumônes de quelques seigneurs et personnes de piété. La première pierre en fut posée, le 23 décembre, par M°° Charlotte de la Trémoille, veuve du prince Henri de Bourbon-Condé, avec grand éclat et solennité.
Le 11 juin 1622, mourut le très pieux et vénérable Yves le Breton, fondateur de la maison ; 1l fut inhumé dans la chapelle de Notre-Dame ou de la Vierge, qui est, celle par où l’on passe du cloitre et de la sacristie à l’église.
L'église des Minimes fut consacrée le 24 mai 1628, par M. Léonor d'Estampes de Valencay, et dédiée à Dieu et à la sainte Vierge Marie dans son Assomption au ciel.
Ce beau couvent, accru par l'assistance et la charité de personnes pieuses, et par une bonne gestion, est maintenant en état de loger bon nombre de religieux ; ceux qui y sont faisant le service divin fort régulièrement, en suivant la règle de Saint-François de Paule.