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SAINT-JEAN DES FILLES-DIEU

celles de Paris. Ce prieuré est fort ancien, et il y a apparence qu’il a été fondé par quelque évêque de Chartres, vu qu’'autrefois il était établi en un village nommé Bailleau-l Évêque, à deux lieues de Chartres, du domaine de l’évêché, où se trouve encore un bois que l’on appelle le Bois des Nonains. En 1200, l’évêque, ayant trouvé qu’aussi éloignées de la ville elles n'étaient pas en assez grande sécurité, et que cette demeure, dans un pays aussi privé d’eau, n’était pas fort commode, les fit se rapprocher de Chartres, les logea où nous les voyons, dans un lieu qui leur fut donné par deux gentilshommes du pays, et leur assigna dix-huit septiers de blé, dont elles ont joui jusqu'à M. Lescot, qui, pour accommoder un différend qu’elles avaient avec lui, les leur reprit, et leur céda en échange le pré appelé des Reculés, quoiqu'il soit autant aux habitants de la ville qu'aux évêques de Chartres. En cette occasion les habitants n’ont fait aucune diligence pour l’empêcher, on n’a pas eu égard à leur intérêt, le public étant ordinairement mal servi.

Leur église est bâtie en l'honneur de saint Jean l'Évangéliste.

Sœur Simone Chantault en était prieure en 1414.

En 1468, une nommée Belote la Bretonnière, qui ne gouvernait pas bien le monastère, y causant du désordre avec une des religieuses nommée sœur Jeanne de Boilly, la Cour dut, par un arrêt de la même année, leur enjoindre de se gouverner sagement, en l’administration de ce prieuré et en l'entretien de l'office divin selon l’ordonnance de l’évêque, ce qui fait connaître que ce prieuré est sous sa correction et censure.

En 1556, l’évêque Louis Guillard, er eu avis que la règle monastique n'y était pas observée suivant l'arrêt de la Cour, se mit ‘ en devoir de le réformer, de le faire clore de murailles et de rebätir l’église.

Cette maison a été fort maltraitée durant les deux derniers os à cause de sa proximité des batteries et des tranchées. Elle n'est pas actuellement en bon état, les eaux ayant Le. la clôture du côté de la rivière.

M. Bailly, président en la chambre des Comptes, qui y avait quelques filles, y a fait bâtir un fort beau corps de logis resté inachevé.

On ne peut pas éviter ici de parler des désordres causés, vers

1660, par la prieure d’Apremont, qui était hermaphrodite, avec une religieuse nommée du Vivier, qui furent ôtées de la maison et enfermées séparément.

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