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CHAPITRE VIII

Chantres. — Outre les dignités et les chanoines qui ont leurs charges particulières, 1l y a de moindres officiers: le haut chœur et le bas chœur. Le haut chœur comprend les chanoines qui sont aux hautes chaires ; le bas chœur les chanoines sous-diacres et ceux qui n’ont point d'ordres, placés aux basses chaires et autres sièges plus bas appelés sellettes. Autrefois il y avait 24 clercs inférieurs destinés au chant et à la psalmodie, nommés heuriers et matiniers, parce qu'ils sont employés à faire les prières et chanter les louanges de Dieu soir et matin, aux heures ordonnées par l’église. Outre les gages qui chaque semaine leur sont donnés par l’église, douze prébendes fondées en la chapelle Saint-Piat leur sont affectées, les collations leur en étant réservées par les bulles de 1427 du pape Martin V, et selon les statuts du Chapitre de la Chandeleur 1428 et de la Saint-Jean 1429 confirmés par arrêt de la Cour du Parlement du 9 juillet 1558. Un nouvel arrêt a jugé depuis que les canonicats sont amovibles, et que le Chapitre peut, quand il lui plait, les ôter à ceux auxquels il les a donnés.

Enfants de chœur. — Avec les heuriers et matiniers 1l y a dix enfants de chœur, symphontant puert, mais il y a apparence qu'il y en a eu douze autrefois, parce qu'il y a douze sellettes. Ils sont gouvernés par deux maïtres, un pour la musique et l’autre pour la grammaire. M. Jean Edeline, chanoine, chambrier, official et grand vicaire, a depuis peu fait un don à la maïtrise pour l’entretien de deux enfants de chœur, afin d’en accroitre le nombre de deux.

Marguilliers. — 11 y a douze autres serviteurs, appelés mar-

guilliers, matricularit, parce que anciennement ils étaient tenus de tenir la matricule ou registre d'inscription, aux jours de Pâques et de Pentecôte, où on portait les enfants aux églises cathédrales pour les faire baptiser. |

Sur ces douze marguilliers, six sont prêtres, et portaient anciennement le nom de sacristes parce qu'ils gardaient le sacraire de l’église. Aujourd’hui leur charge consiste à servir à l’autel celui qui célèbre la messe, à porter le livre et la chandelle, lorsqu'il est nécessaire, au semainier officiant pour dire les oraisons, à sonner les petites cloches ou commandes du chœur pour avertir dans les clochers les sonneurs des grosses cloches, à donner les chapes aux chanoines qui officient, à promener et à chanter. Ils remplissent ces fonctions alternativement. Il y a encore un septième marguillier prêtre, qui était préposé à la garde de la sainte Châsse lorsqu'elle était sur le grand autel, on le nommait chapelain de la sainte Châsse. Il sert présentement de porte-croix.

Des autres serviteurs laïcs, les deux premiers, appelés marguilliers laïcs, servent au chœur et accompagnent partout le Chapitre, le précédant avec des masses d’argent, qu'ils prennent sur l'autel et déposent sur l’autel dans les églises où les chanoines vont en procession. À cette occasion il se produisit en 1666, le jour de Saint- Marc, un différend entre les religieux bénédictins réformés de Saint- Père-en-Vallée et le Chapitre. Les massiers ayant comme à l’ordinaire posé leurs masses sur l’autel de Saint-Père, les religieux les en Ôtèrent, estimant que ce fait constituait une emprise sur leur Juridiction, alors que le Chapitre n’en exerçait aucune en leur église, et aussi que ce dépôt des masses sur l’autel constituait une irrévérence. Une action fut intentée à ce sujet. Les deux marguilliers suivants, appelés queux etsous-queux, coquus et subcoquus, ont charge de sonner et faire sonner et, lorsqu'ils vivaient en commun, d’apprêter le diner et souper des autres. Le dernier est chargé d'ouvrir et fermer les portes de l’église.

Tous ces marguilliers, au nombre de douze, vivaient anciennement en commun comme font encore à présent les cinq laïcs et le chapelain de la sainte Châsse. De ces douze marguilliers six couchent toutes les nuits dans l’église, dans de petites chambres placées

autour du chœur et du maïtre-autel, et dans des couchettes de bois, en forme d’armoires, placées aux deux extrémités du pupitre ou jubé de cette église. Deux sont prêtres, le marguillier clerc semainier et le chapelain de la sainte Chässe ou porte-croix. Le marguillier laïc semainier et les trois autres qui sont les queux, sousqueux et le portier sont serviteurs du temple de la sainte Vierge, bien que laïcs, et ne pouvaient autrefois se marier, mais depuis on a toléré leur mariage de crainte d’autres accidents.

Outre ces serviteurs et marguilliers, il a encore été établi dans l’église trois autres officiers: un clerc de l’œuvre, prêtre, et deux serviteurs de l’œuvre chargés, l’un de nettoyer l’église et de faire sonner les autres cloches, l’autre d'allumer les lampes et de serrer les chandelles qu’on présente devant l’image de la sainte Vierge.

Huissiers. — Le Chapitre a deux huissiers appariteurs, l’huissier et le sous-huissier, qui sont assistants au chœur dont ils gardent les portes avec des verges de baleine, marchent en procession derrière les chanoines, alors que les marguilliers et porte-masse marchent devant. Ils gagnent leurs assistances aux chapitres, lorsqu'ils s’y trouvent. Outre ses gages, l'huissier recoit de chaque chanoine, lors de sa réception, 6 livres 14 sols, et le sous-huissier, en récompense, demi-muid de grain et quelques autres droits.

Avec tous ces officiers, anciennement, il y avait encore au service et aux gages du Chapitre de Chartres des hommes appelés milites, gens d'armes, qui avaient pour mission de garder l’église et le cloître, et couchaient sous les porteaux ou porches de l’église. Les archives nous apprennent qu'à ce titre 1ls avaient grande liberté et autorité. À la place de ces hommes, il y a maintenant deux autres officiers, appelés sergents du tour du chœur, qui doivent seulement assistance aux jours des dimanches, des fêtes et des processions générales, où 1ls vont à la tête des massiers qui précèdent le clergé, et sont au chœur pour empêcher le peuple de le traverser.

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