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LÉGISLATION DES DRUIDES

Passant des choses sacrées et divines que les Druides observaient, au sujet de la religion, de la philosophie, des lettres, des études, à l'observation de leur politique, de leurs affaires et de leur administration, dont les lois sont la principale partie, il est à propos de parler de leur législation et du droit qu'ils avaient de faire et établir des lois. On peut tirer de Jules César qu’ils avaient cette autorité-là, puisqu'ils ordonnaient des récompenses et des peines que méritaient les peuples des Gaules qui avaient fait de bonnes ou de mauvaises actions, ce qui est le véritable office des

législateurs, comme Philon le Juif le témoigne dans le récit qu'il a fait de sa légation vers l’empereur Gallus; et comme le témoigne Ulpien en sa loi première De Justitia et jure, observant que les jurisconsultes sont appelés les prêtres de la justice, qu'ils font profession de servir la justice, de remarquer ce qui est bon ou mauvais, juste ou injuste, excitant les hommes à s’abstenir de mal faire par la crainte des peines, et les exhortant à faire de bonnes actions par l’espérance d'en recevoir des récompenses.

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Jules César explique quelle est la juridiction des Druides quand il dit qu'ils prenaient connaissance de tous les différends publics et particuliers qui se rencontraient dans les Gaules et qu'ils jugeaient, comme s'il s'était commis quelque crime, s’il s'agissait d’une succession ou de quelque différend qui regardait les bornes des héritages. C’est ce qu'a voulu témoigner'le géographe! en son livre, lorsqu'il a dit que les Druides sont estimés très justes. C’est pour cette cause que le jugement de toutes les affaires publiques et privées leur était commis, et qu'ils étaient même les arbitres de la guerre, de sorte que les armées étant prêtes à combattre, 1ls pouvaient donner l’ordre d'engager le combat ou de faire la paix avec les ennemis. Le géographe parle bien plus amplement de la puissance des Druides que Diodore de Sicile (livre V), qui dit que tous les Gaulois obéissaient seulement aux Druides en toutes les affaires de la paix, mais l’auteur dit qu’on leur obéissait aussi en ce qui concernait la guerre. On lit même dans les Commentaires qu'ils connaissaient et ordonnaient aussi des affaires de la guerre.

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