SECTES DES PHILOSOPHES
résister à l’eau et l’autre au feu, et il écrivit sur ces deux colonnes tout ce qu'il avait appris de sciences et de philosophie. Une de ces colonnes s’est conservée dans la Syrie jusqu’après la naissance de Jésus-Christ et jusqu’au temps de Joseph. C’est par le moyen de ces colonnes que les sciences et principalement la philosophie ont été conservées aux Chaldéens, aux Égyptiens et particulièrement aux Gaulois qui, au rapport des auteurs, sont les plus anciens peuples du monde, ainsi appelés du mot hébreu gala, c’est-à-dire pluie et eau, parce qu'ils étaient descendus de Noé et de Japhet son fils, qui avaient été sauvés des eaux du déluge. Clément d’Alexandrie dit que la philosophie ayant été premièrement en vigueur entre les nâtions anciennes vint enfin aux Grecs et, entre ces nations, saint Augustin met les Gaulois, comme fait aussi Diogène de Laërce. en la préface de son livre de la Vie des philosophes. Pythagore est l’auteur de la philosophie italique qui enseignait sa doctrine de la même façon que les Gaulois par des énigmes, comme témoignent Laërce et Jamblicus. Pour la philosophie grecque, les sept sages de la Grèce les premiers l’ont introduite, bien qu’on les distingue d'avec les philosophes parce que ceux-ci disaient seulement ce qu'étaient les choses et ceux-là ce qu’elles étaient véritablement et assurément, comme le remarquent Jamblicus ét Laërce. Lorsqu’on leur demandait quelle était la plus ancienne chose du monde, ils répondaient que c'était Dieu parce qu’il n’était né de personne, qu'il était éternel; ce qui avait le plus de grâce, le monde, parce que Dieu l’avait fait; ce qui était le plus grand, le-ciel, parce qu'il contenait en lui toutes les autres choses ; ce qui était le plus vaste, le plus prompt et le plus léger, l’esprit, la pensée, parce qu’en un moment elle va partout; ce qui est le plus fort, la nécessité ; le plus sage, le temps ; le plus doux et le plus agréable, la jouissance. Diogène Laërce dit que la philosophie des Gaulois est plus ancienne que celle des Grecs, 1° parce que le nom de philosophie le témoigne, étant un mot grec; 2° parce qu'ils enseignaient leur philosophie avec des paroles énigmatiques ; 3° parce que les Grecs sont une nation #rès ancienne. On répond à la première objection que chaque pays a donné des noms à ses savants, les Indiens les ont appelés gymnosophistes, les Parthes mages, les Gaulois druides, et si l’on
interprète le nom druis en l’ancienne langue des Gaulois, 1l ne signifie rien autre chose que fidèle, sage (sagesse de Dieu). Pour le prouver il faut remarquer que les anciens Gaulois, avant qu’ils fussent sujets des Romains, avaient trois sortes de langues, la Celtique, l'Aquitanique et la Belgique. En langue belgique et en vieille langue germanique le mot dru signifie fidèle et sage, par conséquent le mot druis ne signifie que fidèle et sage, comme le témoignent Goropius surnommé Becanus!, et Georges Merula in Gallia, de sorte que druis n'est rien autre chose que la sagesse de Dieu, étant certain qu'en la vieille langue flamande, ce mot dru signifie Dieu, et que la philosophie n’est rien autre chose que l'amour de la sagesse, et principalement de la première sagesse qui est Dieu.
Tant s’en faut donc que le mot de philosophie ne soit pas un mot gaulois, puisqu'il est même l'explication du mot gaulois qui signifie la sagesse et la philosophie.
Pour répondre à la deuxième objection, Pythagore, les Juifs et les Égyptiens, ont philosophé de la même manière que les Gaulois, bien que plus anciens que les Grecs. Un des symboles des Druides était composé de cinq a et ils Pappelaient le soulier de la philosophie et, encore à présent, les Allemands, au pays desquels ont été ces derniers Druides, appellent ce symbole drutembus, c’est-à-dire le pied des Druides. Dans les Gaules on se sert de cette figure pour défendre les chevaux d’avoir mal aux yeux, et en Allemagne, on la met aux berceaux des enfants pour les préserver des fantômes et des visions qui leur pourraient faire peur la nuit.
Au regard de la troisième objection qui veut que les Grecs soient plus anciens que les Gaulois, elle n’est pas véritable, car il est certain que la Grèce n’a été habitée que fort tard, ayant toujours été sujette à des tremblements de terre et des inondations, comme cela se peut justifier par le déluge de Deucalion et par le grand nombre de villes qui y ont été ruinées, ce qui n’est pas arrivé dans les Gaules où il ne s’est point produit de tremblements de terre, ou du moins fort rarement, et qui à peine se peuvent reconnaitre, n'ayant causé aucunes ruines.