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PRÉTENDUES DÉVOTIONS À LA VIERGE

Les Chartrains ayant appris la naissance de Jésus-Christ comme les Mages des Perses, à la doctrine et aux mœurs desquels les Druides se conformaient, seraient allés en Bethléem rendre hommage au fils du vrai Dieu et à sa Sainte Mère, où n’ayant pu voir alors Jésus-Christ qui avait été déjà crucifié, ils auraient député quelques-uns d’entre eux pour aller en Jérusalem saluer la sainte Vierge, qu'ils savaient encore vivante, lui témoigner la dévotion qu'ils avaient eue à son service même avant sa naissance et lui apprendre le don que le roi Priscus lui avait fait de sa seigneurie de Chartres. Rouillard dit que cela se trouve dans les archives de l’église et se prouve par une épiître d’Ignace à saint Paul disant que c'était alors le désir commun de tous les fidèles de Chartres de la voir et de lui faire la redevance. Qu’en cette considération la Vierge a toujours pris plaisir à se nommer dame de Chartres quand elle a voulu paraître devant les hommes, pieuse créance de nos ancêtres confirmée par le témoignage du poète Guilhelmus Brito, qui vivait sous le règne de Philippe-Auguste, en sa Philippide, parlant en ces termes de la ville de Chartres :

Quam, quasi post positis specialiter omnibus, unam Virgo beata docet Christi se Mater amare Innumerabilibus signis gratoque favore

Carnot Dominam se dignam sæpe vocare.

Et s'adressant par apostrophe au roi Louis, fils de Philippe- Auguste, au sujet des présages de sa future grandeur donnés à sa mère Elisabeth, par un miracle qui lui est arrivé étant enceinte de lui en prières en l’église de Notre-Dame de Chartres:

Hac Deus Elizabeth signo patefecit aperto, Cum sacrum portaret adhuc te pondus in alvo, Quæ Carnotensi Dominæe, dum supplicat, et te Ejus in Ecclesia precibus commendat eidem, Sensit ubi primum sancto te ventre movert.

Cœlitus accensas in eadem quatuor hora

Ignis corripuit nullo accendente lucernas.

La maladie des Ardents ayant été guérie par les intercessions de la Vierge réclamées à l’autel de la grotte de Chartres, le roi Charles V dit le Sage, étant devant l’image de la sainte Vierge au mois de juillet 1367, en considération des miracles qui se font à Chartres tous les jours, « octroie, offre et donne dévotement à la glorieuse Vierge Marie, que les doyen, chanoine et Chapitre de cette église ressortissent directement pour toutes leurs causes au parlement de Paris. » |

Depuis, le roi Louis XI, en 1487, fonda un obit par chacun an et une messe basse par chaque jour devant l’image de la Vierge de Sous-T'erre, en assignant la fondation sur la ferme du greffe du bailliage de Chartres. Le domaine en a été aliéné, sans que les commissaires aient pensé à pourvoir à cette assignation. M° Milles d’Illiers, lors évêque de Chartres, ne voulant pas que cette messe fut discontinuée faute d’entretien, donna quelque revenu pour la faire continuer. Depuis, René d’Illiers, doyen, a augmenté ce revenu, ce qui permet de faire dire cette messe tous les jours, à l'issue des matines, par un chanoine semainier. Cette messe, sonnée à douze coups de cloche, s'appelle vulgairementla messe du doyen, et est sonnée en été entre cinq et six heures et en hiver entre six et sept heures.

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